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Deux rouleaux compresseurs à 1 milliard de dollars ont contré le sell-off Trump

Par Jim Rickards18 Nov 2016

Quelles dernières semaines étonnantes !

Non seulement Donald Trump a été élu, mais les investisseurs ont subi un choc violent en raison de trades nocturnes secrets, opérés par deux des hommes les plus riches du monde.

Les stratégies que nous avions soigneusement élaborées sont passées sous deux rouleaux compresseurs à 1 milliard de dollars opérés par le trader légendaire Carl Icahn, et l’as des hedge funds, Stan Drunkenmiller. Le raid qu’ils ont lancé sur les marchés, tous les deux juste avant l’aube, a produit d’épouvantables résultats.

Ce sur quoi nous avions parié

Alors que le jour de l’élection du 8 novembre se rapprochait, nous avions annoncé à nos lecteurs ce qui suit :

  • Trump allait gagner malgré des probabilités écrasantes, et une opinion générale, contre lui ;
  • les actions subiraient un sell-off en cas de victoire de Trump, mais rebondiraient ensuite, après examen de sa politique en faveur de la croissance ;
  • l’or bondirait et conserverait ses gains, en s’installant sur ses nouveaux supports, plus élevés.

Notre stratégie de trade était un put sur le S&P 500, avec sortie rapide, et un call sur l’or.
Tout s’est essentiellement déroulé comme prévu, mais en un laps de temps bien trop court pour que nous puissions réagir (quelques heures en pleine nuit). Et deux rouleaux compresseurs ont contrarié nos opportunités de gain.

Premier rouleur compresseur à 1 Mds$ : Icahn achète le S&P 500 dans la nuit

Le premier a été provoqué par ce légendaire trader du marché actions, Carl Icahn, un ami proche de Donald Trump, qui a quitté la soirée de la victoire au beau milieu de la nuit et ordonné à ses traders d’acheter 1 Md$ d’actions alors même que les futures des indices boursiers plongeaient. Voici comment Bloomberg a relaté cette histoire :

Alors que Donald Trump célébrait sa victoire surprise sur Hillary Clinton, et que les Futures sur actions plongeaient en réaction à cet évènement, Carl Icahn, investisseur milliardaire et partisan de Trump, est rentré à la maison pour lancer des trades.

Icahn, 80 ans, a quitté la soirée célébrant la victoire électorale du Président-Élu Trump, au petit matin, afin de parier 1 Md$, environ, sur les titres américains, a-t-il déclaré mercredi lors d’une interview téléphonique diffusée sur Bloomberg TV.

« J’aurais bien aimé investir plus, mais je n’ai pas pu passer plus d’1 Md$, environ ; ensuite les marchés ont rouvert. Mais je suis tout de même content », a-t-il déclaré. « Le S&P était tellement liquide – incroyablement liquide – tout le monde devenait fou. La nuit dernière, c’était hallucinant, le monde était pris de panique… »

Les Futures du S&P 500 ont perdu jusqu’à 5% en une nuit, et déclenché des coupe-circuit enrayant de nouvelles baisses. Les contrats sur l’indice de référence ont presque tous effacé cette baisse avant l’ouverture des marchés, à 9h30 heure de New York, et l’indice de référence a gagné jusqu’à 1,4% mercredi.

Voici un graphique du SPX (code boursier de l’indice S&P 500) qui illustre le démarrage du « sell-off Trump », et sa volte-face lorsque Icahn a lancé pour 1 Md$ d’ordres d’achat :

JIM RICKARDS illustration 1

Au départ, nous nous attendions à un sell-off des marchés actions, puis à un rally une fois que les investisseurs auraient considéré le vaste programme de dépenses ainsi que les allègements fiscaux et réglementaires proposés par Trump. Normalement, il aurait fallu un ou deux jours pour que les grandes institutions digèrent ces politiques et s’orientent vers un rally du marché actions. Ce laps de temps aurait été suffisant pour sortir de put S&P500 sur des gains.

Mais Icahn n’est pas une institution : c’est un franc-tireur, un initié du cercle de Trump, et l’un des rares traders au monde disposant d’une puissance de feu suffisante pour inverser l’élan du marché. Le trade de Icahn a donc inversé la baisse des actions en quelques heures, et non quelques jours, et il l’a fait en pleine nuit, avant que les autres investisseurs ne puissent en profiter.

Deuxième rouleau compresseur à 1 Mds$ : Drukenmiller vend son or pendant la nuit !

Quelque chose de tout aussi extraordinaire s’est produit sur le marché de l’or, à peu près à la même heure. Les cours de l’or ont bondi en fin de journée, le 8 novembre et à l’aube du 9 novembre, lorsque la victoire de Trump est devenue limpide. Cela correspondait exactement à nos attentes. En s’appuyant sur le sentiment et l’élan du marché, l’or aurait dû conserver ces gains.

Mais au lieu de cela, l’un des plus grands investisseurs sur le marché de l’or, et des plus visibles, Stan Drukenmiller, a décidé de liquider toutes les positions qu’il détenait sur l’or, et ce au beau milieu de la nuit. Voici ce qu’a déclaré Drukenmiller à CNBC :

« J’ai vendu tout mon or la nuit de l’élection. (…) Il me semble que toutes les raisons que j’avais de détenir de l’or au cours de ces deux dernières années arrivent peut-être à leur terme. Et d’ailleurs, elles arrivent à leur terme partout dans le monde. »

Nous ne connaissons pas le volume exact des ventes d’or de Drukenmiller mais considérant la dimension de son fonds, de ses positions sur l’or et de son levier potentiel, nous pouvons raisonnablement estimer qu’il s’est débarrassé d’1 Md$ d’or. C’est le deuxième rouleau compresseur à 1 Md$ qui a terrassé nos recommandations.

Voici un graphique des mouvements de l’or illustrant le puissant rally intervenu dès que la victoire de Trump est devenue évidente, et le violent retournement au moment où Drunkenmiller s’est débarrassé de ses positions :

JIM RICKARDS illustration 2

Nous avions bien prévu un retournement des actions, mais nous avons été surpris par cela de l’or. Nous nous attendions à ce que les cours de l’or conservent leurs gains post-Trump. Les ventes massives de Drunkenmiller ont mis un terme au rally. La baisse de l’or s’est poursuivie les jours suivants, animée par le changement de sentiment et les ventes des petits investisseurs qui se sont systématiquement calqués sur Drunkenmiller.

Nous ne pouvons pas deviner ce qui se passe dans la tête de Stan Drunkenmiller, mais les raisons qu’il a fournies pour justifier de s’être débarrassé de cet or n’ont pas de sens. Lorsqu’il déclare que « la raison justifiant que je détienne [de l’or] pendant deux ans… arrive peut-être à son terme », c’est manifestement incorrect. Si l’on détient de l’or, c’est pour s’assurer contre les risques extrêmes, avoir une couverture contre l’inflation, et parce que c’est une forme de monnaie saine, dans un monde où les banques centrales perdent le contrôle. Toutes ces raisons demeurent valables.

En fait, les raisons de détenir de l’or sont encore plus pressantes qu’avant la victoire de Trump.

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Jim Rickards

Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef de Strategic Intelligence, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

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