Deux publications complétement différentes : Eramet qui rit, Technicolor qui pleure

Rédigé le 27 février 2018 par | A la une, Actions Imprimer

La semaine écoulée a été extrêmement dense en publications de résultat. Si je devais vous en dresser le bilan, il me faudrait bien une bonne dizaine de pages pour vous détailler l’actualité. Donc plutôt que vous assommer de chiffres, j’ai préféré vous parler de deux publications marquantes parce qu’elles se situent aux antipodes. Il s’agit de Technicolor et Eramet.

Technicolor : difficile de faire pire

Commençons par Technicolor (FR0010918292). Actuellement autour des 1,81€, le titre n’évolue plus très loin de ses plus-bas historiques. Encore à 3,0140€ le 3 janvier dernier, il a perdu encore près de 40% depuis. La faute à un newsflow encore et toujours très médiocre. Pourtant, après quatre profit warning en 2017, on aurait pu penser que le pire avait été atteint…

TECHNICOLOR

… Mais, force est de constater que non. En effet, si l’Ebitda recule de 34%, à 371 M€, ce qui est conforme aux attentes, le résultat net, s’est nettement inscrit sous le consensus. En effet, alors que les analystes tablaient sur un bénéfice net de 6 M€, la société a dégagé une perte nette de 172 M€ ! Oui, un tel écart entre les anticipations et les résultats publiés est assez rare. Et c’est ce qui justifie la plongée du titre.

En cause : l’envolée des prix de certains composants mémoires et des dépréciations. Logiquement, la direction a décidé de ne pas distribuer de dividende cette année.

Les choses ne risquent pas de s’améliorer de si tôt pour Technicolor. Car sur 2018, le groupe attend un Ebitda tout juste stable. Il craint également de grandes difficultés dans la division Maison connectée.

Le seul point positif à venir serait la cession de l’activité de licences de brevets. Mi-décembre, le groupe parlait être entré en négociations pour céder cette activité jugée non opérationnelle, mais sans donner beaucoup plus de détails. Aucun montant n’a été évoqué. Cela me conduit à adopter la plus grande prudence sur le titre. Certes, l’action est retombée sur une VE/EBITDA de 7… Mais le newsflow est trop négatif pour tenter quoi que ce soit.

Eramet : copie parfaite pour le groupe minier

Situation diamétralement opposée pour Eramet (FR0000131757). Le spécialiste du manganèse ou du nickel gagne encore plus de 10% par rapport au jour de la publication de ses résultats annuels.

ERAMET

Il faut dire que comme Edenred (FR0010908533), le spécialiste des tickets restaurant dont nous avons parlé la semaine dernière, le groupe minier a rendu une copie quasiment parfaite.

Après quatre exercices dans le vert, Eramet a dégagé un résultat net de 203 M€. Mais il a aussi multiplié par sept son résultat opérationnel courant à 608 M€. Et les actionnaires, non contents d’avoir vu leur société gagner plus de 150% en un an, doivent également se réjouir de la reprise d’un dividende fixé à 2,30€ par action.

C’est l’Etat qui doit applaudir des deux mains. En effet, il détient plus de 25% du capital du groupe. Un tel versement a été rendu possible car Eramet a réussi à améliorer sa situation financière, passant d’un gearing de quasiment 50% à seulement 19%.

Et histoire de bien faire saliver les investisseurs, Eramet a annoncé un possible investissement de 350 à 400 M€ dans du lithium en Argentine.

Or, à quoi sert le lithium ? Il est utilisé notamment dans les batteries spéciales pour les moteurs électriques ! Sont également envisagés des investissements dans le cobalt.

Vous le savez, investir dans tout secteur connexe à la voiture électrique est très porteur auprès de la communauté financière. En effet, on attend une croissance mondiale moyenne du secteur de 25% par an sur les 15 prochaines années.

Le raisonnement des investisseurs est donc limpide. Si le nickel et le manganèse venaient à se stabiliser, le relais de croissance pourrait être le lithium. Petit bémol sur Eramet ? Le titre est cher, avec un PER de 16, ce qui est très élevé pour une valeur cyclique.

ERIC LEWIN

« En 1987, Un vétéran de la Bourse m’a révélé LE secret qui pourrait changer la vie de milliers de retraités, présents et futurs…

Il l’appelait :

Le Plan Brongniart »

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias, conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management, responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance, consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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2 commentaires pour “Deux publications complétement différentes : Eramet qui rit, Technicolor qui pleure”

  1. SAF: Gilles et Eric, sans connaître l’avenir, auriez-vous prévu que la résistance baissière soit ainsi cassée pour faire un plus haut ever ? (j’en ai encore)

  2. Bonjour,
    nouvel arrivant dans la corporation des recommençant à croire….au dieu Trade… et après un silence complet entre2009 et 2017 j’ ai remis un peu de mes économies en bourse. Il faut dire que le tunnel sous la manche m’ avait refroidi. Mon banquier m’ avait dit en 2007 « si vous achetez maintenant vous ne reverrez votre argent que dans 10 ans » ! Sage conseil …..que je n’ai pas suivi ! hélas! Hier j’ai rempli le formulaire d’ inscription à Agora… voilà , c’ est reparti !! salutations cordiales RdR

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