Deutsche Bank, l’urgence c’est de licencier… pas de réduire le risque

Rédigé le 29 octobre 2015 par | Big caps, Toutes les analyses Imprimer

Deutsche Bank (DE0005140008 DB) dévoile une perte nette record de 6 Mds€ au 3ème trimestre (malgré les profits dégagés par l’activité de trading obligataire au T3) et annonce la suppression du dividende en 2015 et 2016… et surtout de 9 000 emplois dans le monde.

L’essentiel de cette perte résulte d’une série d’amendes et condamnations aux États-Unis pour diverses malversations (comme tant d’autres banques y compris américaines) puis de « dépréciation de survaleurs »  (les goodwills) sur la filiale chinoise. Comprenez que la Deutsche Bank a bu un bouillon abyssal avec son portefeuille de prêts dans ce pays, à tel point que les activités vont y être pratiquement toutes arrêtées.

Le patron du groupe, le Britannique John Cryan, confirme la suppression de 9 000 postes, dont 4 000 rien que pour l’Allemagne (où 200 succursales vont disparaître en quelques années) et annonce aussi des cessions de filiales (représentant jusqu’à 20 000 postes en moins).

Mais ce qui nous apparaît le plus frappant, c’est la réduction du périmètre international, et notamment dans les pays émergents (vous savez… les moteurs de la croissance quand l’Europe est en panne). Deutsche Bank va se désengager massivement d’Amérique du Sud (Argentine, Chili), du Mexique (pourtant présenté comme un pays en expansion), de la Russie (c’était annoncé depuis 1 mois) et de Nouvelle-Zélande (le pays n’est pas en crise… mais c’est si loin !).

Réduire la taille des effectifs, c’est une chose…

Mais M. John Cryan ne détaille pas la façon dont il va réduire le risque de son exposition sur les dérivés (devises, obligations, actions) qui représente la bagatelle de… 10 fois le PIB allemand (record d’Europe et probablement record du monde).

Que la valeur de cet encours diminue de seulement 0,2% suite un « accident de marché », ou à cause d’un défaut de contrepartie sur une seule catégorie de dérivés et les fonds propres de la Deutsche Bank seraient volatilisés.

Il semblerait que cette urgence sera traitée ultérieurement. Le vrai problème « systémique », c’est la surabondance de salariés, et pas les spéculations aventureuses à une échelle intergalactique, ni les prêts hasardeux en Chine…

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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