La dette étudiante s’apparente à une bulle, et c’est un vrai connaisseur qui l’affirme

Rédigé le 9 novembre 2015 par | Toutes les analyses Imprimer

Mohammed Al-Erian, l’ex bras droit de Bill Gross et co-responsable du plus grand fonds obligataire de la planète (PIMCO) avertit que la dette étudiante lui paraît présenter toutes les caractéristiques d’une « bulle », avec un triplement de l’encours en 10 ans (de 400 M$ à 1,2Mds$), avec un accroissement du taux de défaut.

M. El-Erian évalue ce dernier à 10%… mais des difficultés sont déjà constatées à des divers degrés sur 20% de l’encours, et 700 000 américains sont désormais partis à la retraite, sans avoir fini de rembourser des prêts étudiants contractés plus de 30 ans auparavant. En effet, compte tenu de son caractère de « dette fiscale » – étant donné la garantie apportée par le gouvernement– elle ne saurait s’éteindre passé le délai initial de la période de remboursement : la dette étudiante est due à vie !.

Et c’est le gouvernement qui a encouragé les banques à prêter à livres ouverts, tout comme pour les prêts immobiliers (également 10 ans auparavant, lesquels se sont transformés en subprime), ou comme, en Chine, les prêts aux spéculateurs boursiers depuis l’automne 2014.

M. El-Erian se félicite qu’il y ait plus de diplômés (un pays développé a besoin d’une population dotée d’un bon niveau scolaire)… mais les formations sont-elles bien adaptées à un monde qui évolue très vite, les étudiants choisissent-ils les bonnes filières, où retardent-ils à grand frais le moment de leur arrivée sur un marché du travail très sélectif et bien plus étroit que ne le suggère le pseudo plein-emploi fabriqué de toute pièce par les statistiques officielles.

Comme beaucoup d’autres ont eu le culot de l’écrire avant lui, les prêts étudiants sont l’équivalent d’une nouvelle bombe à retardement, surtout lorsqu’elle se combine à du crédit-auto (pas de voiture, pas de travail aux États-Unis) et aux difficultés à finir le mois des catégories les moins favorisées (le quart de la population le plus pauvre supporte 60% de l’encours de la dette).

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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