Détectez la tendance avec le DMI

Rédigé le 28 août 2008 par | Autres indices Imprimer

Mardi, je vous disais qu’il était difficile en ce moment de prendre position et de détecter des signaux qui ne soient pas invalidés le lendemain.

Essayons donc aujourd’hui avec le DMI. Le Directional Movement Index, comme son nom l’indique, permet d’évaluer la puissance directionnelle d’un mouvement, sur une période donnée. Peut-être nous aidera-t-il à anticiper la force de la tendance actuelle… ou au contraire, nous dira si nous sommes installés dans une période de trading range (consolidation à plat), sans vraiment de direction et qu’il vaut mieux rester prudent.

Anatomie du DMI Pour un jour donné, le DMI compare des proportions de hausse et de baisse des cours (DI+ et DI-) sur les n derniers jours (à 21 jours, par exemple).

CAC 40

La différence entre ces deux proportions est projetée sur une seule courbe que l’on appelle ADX (Average Directional Index) : cet indice croît quand elles s’écartent et décroît quand elles se rapprochent. Ainsi, l’ADX est à 21,7, quand il a enregistré un plus haut à 44,7 le 16 juillet : les deux DI s’écartaient fortement l’une de l’autre, indiquant que la tendance s’essoufflait.

Comment comprendre cet indicateur ? A 50%, l’ADX traduit un équilibre de la hausse et de la baisse sur une période considérée. Plus il est éloigné de 50%, dans un sens ou dans l’autre, plus il indique qu’une tendance (haussière ou baissière) a prédominé sur l’autre dans un intervalle de temps considéré (ici, 21 jours).

Comment vous pouvez l’utiliser Le DMI vous permettra d’évaluer la solidité d’un mouvement en cours et d’anticiper d’éventuelles pauses dans ce mouvement. Plus qu’aux valeurs absolues des courbes, regardez surtout à la façon dont elles évoluent.

Dans une tendance haussière ou baissière, une diminution de l’ADX (rapprochement des deux DI) annonce un mouvement passager en contre-tendance.

Par ailleurs, lorsqu’on est déjà en situation de correction ou de reprise, une augmentation de l’ADX constitue aussi un signal notable : elle annonce la fin du mouvement passager. En conjugaison avec d’autres éléments, l’analyste peut en inférer le retour de la tendance initiale ou, au contraire, la transformation de la correction/reprise en une tendance véritable.

Aujourd’hui, que dit-il ? Ces notions théoriques posées, j’ai appelé Sébastien Duhamel, un analyste spécialisé dans le swing trading — et qui adore l’utilisation de tous ces indicateurs barbares !–, pour confirmer mon opinion sur le DMI. A savoir : en ce moment… méfiance !

Voici ce qu’il m’expliquait à l’instant : « Plus que l’évolution du niveau de l’indicateur comme pour un RSI ou un MACD, l’important sur le DMI est le rapprochement ou l’éloignement des courbes, tel un croisement sur un MACD. Car le DMI donne des signaux relativement lents, mais souvent intéressants. Il permet ainsi de confirmer si la tendance en cours possède toujours une certaine force ou non, et donne de bons signaux sur le moyen terme.

Par exemple, cette année, il nous donnait un signal d’achat le 1er avril plutôt pertinent, qui permettait de prendre 300 à 500 pts sur le CAC, tandis qu’il nous donnait un signal de vente encore plus intéressant le 30 mai dernier, alors que le CAC était à plus de 5 000 pts. En suivant les indications de ce signal, on aurait pu gagner pas moins de 1 000 pts !

Mais… (car il y a toujours un mais) attention : le DMI ne donnait pas de signal au niveau du point haut de mai des 5 142 pts par exemple. Il a toujours un certain retard sur la tendance à court terme, mais permet de la confirmer. Lorsque les DI s’écartent fortement, comme sur le CAC lors du test des 4 000 pts mi-juillet, c’est qu’il est peut-être temps de sortir du trade de tendance, car elle approche de sa fin.

Aujourd’hui le DMI nous confirme que nous sommes dans un marché difficile de correction et sans puissance directionnelle forte. De mon côté, je l’utilise comme un indicateur de « confirmation » de tendance intéressant, mais pas forcément comme un outil de prise de décision. »

Donc, vous l’avez compris : méfiez-vous des changements directionnels en intraday ; ils ne signifient pas forcément une amorce de retournement de tendance ; ne croyez pas qu’une forte journée de hausse suffira à réenclencher un mouvement acheteur solide ; mais l’inverse est aussi vrai.

En somme, il ne vous reste qu’à trader à très très court terme… ou à être TRES rigoureux sur votre choix de valeur. Eh non… ce n’est pas tous les jours facile d’être sur les marchés…

Mots clé : - - - -

Nathalie Boneil
Nathalie Boneil
Directrice de la rédaction aux Publications Agora

Nathalie Boneil est Directrice de la rédaction aux Publications Agora. Elle a travaillé dans l’univers de la Bourse plus de 4 ans – mais c’est depuis toute petite que son grand-père lui parle des marchés et de l’investissement. Aujourd’hui, elle travaille avec nos rédacteurs et analystes sur les marchés actions pour qu’ils vous proposent les meilleurs services, les meilleures idées d’investissements, de manière la plus simple et la plus profitable qui soit pour vous.

Son rôle est tout simple : rendre les idées, les méthodes, les stratégies de nos analystes professionnels facilement compréhensibles et directement applicables pour vous. Elle met l’analyse technique à votre portée, vous montre les opportunités, les pièges à éviter, et vous explique les moyens de vous positionner sans vous noyer dans un jargon d’experts.

Laissez un commentaire