Ce que la désintégration de Valeo trahit de la versatilité des marchés (et si c’était un précurseur du monde de demain ?)

Rédigé le 26 octobre 2018 par | Actions, Indices, sociétés et marchés, Mid et Small Caps Imprimer

Nouvelle déflagration à la Bourse de Paris : Valeo se désintègre de 20%, à 23,9€. Le titre de l’équipementier automobile passe de « krach rampant » (-66% en neuf mois, de valeo67,8€ à 29€) à celui de « krach » tout court (-38% en un mois).

Graphique action Valeo

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Valeo pulvérise au passage son plancher de mi-octobre 2014 et retrouve des niveaux inconnus depuis mi-octobre… 2013, sans véritable support avant 19€ (support testé fin août 2013).

Pourtant la société publie un chiffre d’affaires en hausse de 4% à 4,488 Mds€, mais qui s’avère en léger repli de 1% à périmètre et taux de change constants du fait de l’entrée des nouvelles normes antipollution « WLTP » en Europe, et de la contraction « administrative » du marché chinois au second semestre.

Car ce ne sont pas les Chinois qui n’ont plus les moyens de s’acheter une voiture, mais les autorités qui limitent volontairement la délivrance de nouvelles plaques d’immatriculation pour éviter une saturation du trafic automobile dans les grandes métropoles.

Attention, un profit warning peut en cacher un autre

Ce que le marché sanctionne, c’est ce second « warning » consécutif après que Valeo a abaissé ses prévisions 2018 une première fois fin juillet.

Mais même après révision, le groupe attend encore de la croissance cette année, mais de l’ordre de 6 %, contre une prévision précédente d’environ 9%.

L’autre catalyseur de la « fureur des marchés », c’est la réduction de l’anticipation de sa marge, de 7,8% à une fourchette de 6,2% et 6,5%.

Retour 5 ans en arrière pour Valeo

Beaucoup de constructeurs automobile s’en contenteraient. Mais les attentes des investisseurs sont contrariées et Valeo se trouve ramené cinq ans en arrière… en l’espace de cinq mois (et peut être bientôt six ans en arrière en six mois au rythme actuel) !

On tremble à l’idée que ce cas de figure se généralise à l’ensemble de la cote : valeur star le 22 mai, valeur au rencart le 26 octobre… le monde a-t-il à ce point changé dans l’intervalle, ou est-ce la façon de valoriser les entreprises qui se transforme radicalement ?

Les équipementiers automobiles boivent une nouvelle fois la tasse !

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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