Des signaux d’insiders accessibles à tous : le cas ATOS

Rédigé le 27 février 2015 par | Actions, Apprendre la Bourse, Mid et Small Caps, Toutes les analyses Imprimer

 

 

Quand j’ai débuté en Bourse, au milieu des années 80, j’allais souvent au Palais Brongniart. Je me rappelle qu’un vieux boursier, sans doute maintenant disparu, me disait avec une pointe d’humour et un accent proche de celui de Jean d’Ormesson : « Tu sais, mon petit, quand un grand actionnaire d’une société commence à vendre des titres, c’est que nous ne sommes pas si loin de la fin de la hausse ». J’ai repensé à cette phrase mercredi en relisant la dépêche consacrée à la cession par PAI Partners de ses 9% du capital d’ATOS.

Cette cession s’est faite aux alentours 63,25€ par titre, soit  une décote de 4,2% par rapport au niveau de clôture de mardi soir. Bien entendu, l’action a clôturé mercredi sur une baisse de 4,3%, à 63,15 €.

Les dirigeants de PAI Partners ne sont pas des amateurs. Probablement ont-ils réalisé cette cession après s’être rendu compte que l’action avait pris pas moins de 46% sur ces trois dernières années. De plus, les derniers résultats publiés n’ont créé aucune surprise : le résultat opérationnel, de 702 M€ (7,8% du CA) se trouve dans la fourchette annoncée des 7% ou 8%.

Après ces résultats, certains actionnaires doivent commencer à trouver Atos un peu trop valorisé : le PER passe ainsi à 12 et le ratio VE/EBIT à 10. Je ne peux que partager une telle analyse : c’est pourquoi, La Lettre PEA, je vous ai recommandé de vendre Atos à 65,90 €, ce qui nous a permis de réaliser une plus-value de 23,5%. 

Que réserve l’avenir à Atos ?

Difficile de le dire dans la mesure où la cession de PAI Partners est un one shot, une vente en un bloc (à la différence de la cession définitive, et en plusieurs étapes, des 7,1% du capital de Rexel par Ray Investment en septembre dernier). Les premières cessions d’Atos ont commencé il y a 3 ans, et depuis, le parcours de l’action n’a pas été reluisant. Le titre gagne seulement 4,5% sur cette période, comme si l’afflux de papier avait joué en défaveur du titre. Par chance, Atos a un capital très atomisé et seul Siemens (12,7% du capital) pourrait encore effectuer une vente massive de ses titres. Une opération qui ne semble cependant pas à l’ordre du jour.

La décision prise par PAI Partners dans le dossier Atos veut peut-être dire qu’il faut passer à autre chose en termes d’investissement. L’histoire nous dira si le fonds d’investissement a eu le nez creux ou s’il s’agissait d’une cession prématurée. Affaire à suivre donc…

En règle générale, il est toujours intéressant dans la vie boursière de garder un œil sur les cessions de participations. Cela peut nous avertir de façon informelle sur de mauvaises nouvelles à venir. Rappelons-nous que les gros actionnaires des sociétés cotées sont généralement mieux informés que les petits. Une loi boursière qui s’est toujours vérifiée et se vérifiera jusqu’à la fin des temps.

À bon entendeur, salut…

Éric Lewin

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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