Quelques arguments pour la FED, si elle n’avait pas envie de remonter ses taux

Rédigé le 10 novembre 2015 par | Matières Premières, Toutes les analyses Imprimer

Les chiffres de l’emploi publiés vendredi dernier (6 novembre) ont complètement retourné le consensus en faveur d’une hausse de taux le 16 décembre prochain : à présent ce n’est pas moins de 72% des investisseurs qui parieraient à présent sur une hausse en cette fin d’année (du moins si l’on se fie aux estimations de Bloomberg issus des échanges de futures). Soit… mais tout le monde peut vérifier, en décortiquant le « NFP » (le Non Farm Payroll, la statistique mesurant le nombre d’emplois crées d’un mois sur l’autre aux États-Unis),   que les 271 000 créations de jobs sont au mieux une estimation fantaisiste, soit une pure construction statistique déconnectée de la réalité.

Mais qu’en est-il de la seconde composante majeure pouvant inciter la FED à remonter les taux, c’est dire de l’inflation ?

Selon le Département du Travail américain, les prix à l’importation aux États-Unis ont chuté de 0,5% en octobre, alors que les économistes n’anticipaient qu’une diminution de l’ordre de 0,1%. Autrement dit, la tendance de l’inflation n’est pas en phase celle du chômage.

Et cela risque de ne pas s’arranger d’ici la fin de l’année avec une Chine qui subissait le mois dernier un net renforcement des pressions déflationnistes (second mois de recul des prix, après une première alerte en septembre).

La FED pourrait encore se rattraper avec le risque d’inflation par les salaires… mais là encore, rien de tel ne pointe à l’horizon : à part les 10% les mieux rémunérés, les revenus stagnent, ou régressent… s’agissant des 60% de la population la moins bien lotie.

Si la FED éprouvait le besoin prendre le consensus à revers, il lui suffirait de mettre l’accent sur ce qui précède pour écarter l’anticipation d’un tour de vis monétaire mi-décembre: avec un dollar à 1,0670 contre Euro et au zénith face au yen, elle pourrait se laisser tenter !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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