Dégradations en vue du secteur bancaire européen

Rédigé le 20 mai 2015 par | Autres indices, Big caps, Toutes les analyses Imprimer

L’agence de notation Fitch pourrait bien dégrader la note de crédit  de nombreuses banques Européennes et ce, dès la semaine prochaine. C’est le quotidien allemand Handelsblatt qui le rapporte.

L’opération s’annonce d’envergure : les dégradations devraient toucher « des dizaines » de banques. Elles risquent d’être particulièrement sévères puisque la notation devrait globalement être rabaissée d’1 à 4 (!) crans pour les établissements visés.

La question est donc de savoir si cette dégradation aura, ou pas, un quelconque effet sur le secteur bancaire d’un point de vue boursier.

Franchement, j’ai comme un doute à ce sujet.

Du côté pile, en économie « normale »

Une dégradation reflète l’augmentation constatée d’un risque. Un risque accru à pour effet de relever les exigences des prêteurs et de tendre les taux de financement (ce qui est un facteur clé pour dans le cas des banques et qui impacte directement leurs marges).

Autre effet du côté de la valorisation des actions : si vous constatez qu’une entreprise risque d’exploser en vol ou, tout au moins d’avoir de sérieux ratés, il est normalement concevable que vous receviez un message de « fuite » en provenance direct de votre cortex (le siège des réactions primaires de survie). Celui-ci vous adjoignant de ne surtout pas placer vos économies sur cette dite entreprise. Donc soit vous vendez, soit vous n’achetez pas. Et le cours de la valeur baissera mécaniquement.

Dans le cas de la dégradation du secteur bancaire européen, c’est de risque systémique dont qu’il s’agit : Fitch « s’inquiète » des « réticences » des gouvernements à renflouer les banques si elles devaient « rencontrer d’importantes difficultés ».

Décryptage : certaines banques ne pourront s’en sortir sans être (de nouveau) renflouées par « leur gouvernement » — c’est à dire vous et vos impôts (souriez, pour une fois que l’on s’intéresse à vous !).

Du côté face, dans les marchés actuels

Là où le système est complètement perverti, c’est que ces dites banques (surtout les « too big to fail ») prennent toujours plus de risque (notamment sur les marchés dérivés) car elles savent pertinemment qu’elles ont l’appui de la BCE et des gouvernements en dernier ressort.

C’est sans doute ce que certains commentateurs qualifient joyeusement « d’appétit pour le  risque » pour justifier l’envolée des marchés d’action.

Mais toujours est-il que si vous avez le sentiment (voire l’assurance) de pouvoir prendre un maximum de risque et de levier sans jamais en avoir à payer les conséquences, alors il y a perversion, bulle et déconnexion totale entre le prix et la valeur des actifs. 

Bref, j’arrête là de développer ce qui n’est qu’une opinion pour en revenir à l’analyse technique et aux enjeux du secteur bancaire.

Que nous dit l’analyse technique du secteur bancaire européen ?

Que la tendance est toujours haussière mais que les prix viennent de buter sur la résistance (rectangle violet) qui correspond au report d’amplitude des mouvements constatés (flèches oranges).

:

Les prix ont fait un pull back (pastille rouge) sur l’ancien support (devenu résistance) du canal haussier (vert). Ce qui correspond incidemment aussi au report d’amplitude intermédiaire (boites bleues).

Conclusion ?

Le niveau de la résistance horizontale de long terme se situe vers 910 / 920 et les prix ont reflué à son contact.

Le potentiel de hausse pour remonter sur la résistance n’est que d’un peu plus de 2% alors qu’en cas de baisse, le premier support objectif (segment bleu) est à environ 9% des cours actuels.

Cette fois, pourtant, pas la peine d’utiliser d’indicateur technique car c’est la réaction du marché à l’annonce des dégradations qui donnera la tendance. Mais c’est vraiment « pile ou face », avec beaucoup plus de potentiel à la baisse. Je continue de croire (et j’espère) qu’une dégradation massive saura avoir un impact négatif sur le marché.

Ceci étant dit, je vous proposerai dès demain un plan de trade sur mes deux bancaires préférées du secteur : BNP et Société Générale qui présentent de belles configurations techniques en ce moment.

A demain pour la suite,

Gilles

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Gilles Leclerc
Gilles Leclerc
Trader

Gilles a tout d’abord commencé dans la grande finance. Avec un MBA de la prestigieuse université américaine de Hartford, il a ensuite intégré la direction Financière IBM Europe et ensuite d’IBM Corporation (headquarters mondial). Puis, peu à peu, la passion boursière le gagnant, il s’est tourné vers les activités de trading.

Cela fait maintenant 20 ans que Gilles trade sur les marchés et il se consacre exclusivement à cette activité depuis une dizaine d’années.

Dès 2008, il fut l’un des premiers à pressentir les modifications profondes qu’allaient occasionner l’utilisation intensive des algorithmes sur les marchés financiers ; il a su s’adapter en mettant en place de nouvelles stratégies de trading répondant à ce nouvel environnement. Il créa donc son propre système de trading tout à fait spécifique et basé sur des concepts innovants.

De façon à prouver la validité de son approche, il reste l’un des rares traders/analystes à poster régulièrement ses prises de position en « Live » sur un site d’Analyse Technique de renommée ( Univers Bourse ) où il partage l’intégralité sa méthodologie.

Il intervient désormais dans La Bourse au Quotidien afin de partager son expérience et de proposer ses analyses et sa méthode au plus grand nombre.

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