De quoi énerver n’importe quel analyste

Rédigé le 2 décembre 2011 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Cher trader,

Philippe Béchade est complètement… désabusé (j’aurais voulu dire excédé mais c’eut été un peu excessif). Il y a des jours, comme ces dernières séances sur les marchés, où je crains que notre chroniqueur contrarien préféré décide de tout plaquer pour aller s’inscrire à Master Chef, participer à Koh lanta – quoi qu’une retraite dans un monastère ardéchois lui conviendrait sans doute mieux – ou décide de se mettre à la chansonnette.

Lors de séances comme celles de lundi ou de mercredi, au bureau, je guette le moindre taper-de-doigt-sur-clavier de la part de nos analystes (oui, quand les gens sont exaspérés, ils tapent plus fort sur leur clavier) ; je surveille le moindre mouvement désordonné, je scotche les écrans d’analyse technique par crainte d’un concours de lancer-d’écran, j’anticipe le moindre lever-de-chaise-jospiniste-du-genre-« je-plaque-tout-bande-de-marchés-de-m*** ! » pour courir chercher un café – verre d’eau, thé, infusion, verveine, lait chaud, comme vous voulez.

Ce n’est pas tant que nos analystes se soient trompés sur la tendance. Philippe se préparait à augmenter ses couverture de positions, redoutant un nouveau cygne noir suite à la déception du sommet du 24 novembre. Sébastien Duhamel, de son côté, comme vous l’avez lu lundi dernier, est plutôt parti pour jouer un rally de fin d’année et s’était donc positionné sur des calls (+51% sur Vallourec, +34% sur Peugeot, +18% sur Sanofi, etc.). A priori, tout commençait donc bien et normalement.

Lundi, la semaine boursière débutait sur un biais plutôt haussier : nous ouvrions en gap, ce qui servait bien nos deux analystes. Sébastien attendait les 3 100 pour revendre ses calls et Philippe attendait grosso modo les 3 000 points pour se couvrir. Et puis, vers 14h00, tout s’est accéléré. Le rebond prenait de l’ampleur et a pulvérisé la résistance des 2 960 points. Nous sommes passés des 2 900 points à plus de 3 010 points. Fin du round 1.

Mardi, le marché semblait plus calme, consolidant dans l’après-midi après avoir touché les 3 050 points en fin de matinée. Puis, arriva mercredi. Avec une ouverture modérée autour des 3 000 points… Sébastien a logiquement vendu ses calls en fin de matinée… Dès 14h00, ce fut alors le drame : « j’aurai pu faire du 100% au moins sur le call Vallourec si j’avais maintenu ma position ! ». Sébastien ne cesse de regretter d’avoir vendu trop tôt.

Oui, certes. Mais avec +51,22%, +34,78% et +11,54% verrouillés dans la journée, je pense que les abonnés de Sébastien sont contents et ne lui en voudront pas trop d’avoir vendu trop tôt.

Car oui, cher trader, là est la morale de l’histoire : les marchés semblent soulagés par les agitations au sommet des dirigeants et des « actions concertées des banques centrales » (quelle révolution !). Oui, ils semblent croire qu’il va enfin y avoir une solution. Que vous, vous y croyez ou non est une autre histoire ; mais ayez en tête une seule chose, dans ces mouvements complètement surréalistes des marchés : « J’ai fait fortune en vendant toujours un peu trop tôt ».

C’est tout le mal que je vous souhaite [et si vendre trop tôt sur des gains rapides vous intéresse, voyez ce que le service Levier7 de Sébastien Duhamel peut faire pour vous].

En attendant, voici la rapide analyse des dernières séances que Philippe…

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Nathalie Boneil
Nathalie Boneil
Directrice de la rédaction aux Publications Agora

Nathalie Boneil est Directrice de la rédaction aux Publications Agora. Elle a travaillé dans l’univers de la Bourse plus de 4 ans – mais c’est depuis toute petite que son grand-père lui parle des marchés et de l’investissement. Aujourd’hui, elle travaille avec nos rédacteurs et analystes sur les marchés actions pour qu’ils vous proposent les meilleurs services, les meilleures idées d’investissements, de manière la plus simple et la plus profitable qui soit pour vous.

Son rôle est tout simple : rendre les idées, les méthodes, les stratégies de nos analystes professionnels facilement compréhensibles et directement applicables pour vous. Elle met l’analyse technique à votre portée, vous montre les opportunités, les pièges à éviter, et vous explique les moyens de vous positionner sans vous noyer dans un jargon d’experts.

Un commentaire pour “De quoi énerver n’importe quel analyste”

  1. Lost in translation.

    Je remarque que la chronique du 27 janvier 2009, s’intitulait :
    C’était un véritable piège à ours !
    Lors de cette mémorable journée de mardi vert, qui une fois de plus allait à l’encontre de tout raisonnement logique, j’ai souvent pensé à la consternation dans laquelle devait être plongés vos traders.
    Dans les romans anglais, on a souvent cette constatation, qu’une tasse de thé est l’ultime et dérisoire recours en cas de malheur.
    On les auraient excusés de se consoler au Brandy. (Voir réouverture de Marks et Spencer dont vos collègues anglais déconseillent d’ailleurs l’investissement).
    A vrai dire, c’est tout de même rassurant de voir que l’on a affaire à des être humains qui ressentent des émotions et des regrets et non à des machines orwelliennes, même si celà doit nous coûter quelques … pences.
    A titre ultime de consolamentum, je vous conseille un vieux classique de la science fiction:
    « Demain les chiens » de Clifford Simak.

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