Le DAX30 superforme le CAC40 et l’EuroStoxx 50

Rédigé le 21 mai 2010 par | Autres indices Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

L’euro est-il en danger comme le prétendait Angela Merkel mercredi matin ? L' »échec » de la monnaie unique sonnera-t-il le glas de la construction européenne ? Les marchés semblaient partager les craintes de la chancelière avant même qu’elle ne prenne la parole. L’euro a, en effet, replongé de -2,5% mardi soir — entre 1,245$ et 1,2160$ — pour s’inscrire à son plus bas niveau depuis la mi-avril 2006.

Ce plongeon est survenu juste après que le ministère fédéral des Finances allemand a annoncé vers 21h30, heure de Berlin, l’interdiction des ventes à découvert sèches (sans emprunts de titres) sur les principales institutions financières germaniques — à savoir les banques et les assureurs — puis sur certains instruments financiers comme les dettes d’Etat et les fameux CDS (Credit Default Swaps) qui permettent de spéculer sur l’effondrement d’un actif obligataire.

Alors que la chute de l’euro précipite de nouveau les indices européens dans les abîmes, il en est un qui souffre bien moins que tous les autres depuis la première rupture de tendance baissière du 24 avril dernier. Il s’agit du DAX30. En effet, le baromètre de la Bourse de Francfort surperforme systématiquement — et pas de manière marginale — l’EuroStoxx 50 et le CAC40 !

C’est pourtant de Berlin que fusent les déclarations les plus intempestives et dissonantes concernant l’euro : « les plans d’urgence n’ont permis que de gagner un peu de temps« , « la faillite de la Grèce semble inéluctable, quels que soient les prêts qui lui sont consentis« , « il ne faut pas s’interdire d’exclure les mauvais élèves de la classe européenne« , etc.

Le DAX30 : l’électron libre de la Zone euro

Mais plus Angela Merkel et son entourage de ministres et d’administrateurs de la Bundesbank enfoncent l’euro, plus les sociétés allemandes accroissent leur valorisation par rapport à leurs homologues européennes.

Même si le DAX30 est légèrement retombé sous le palier des 6 000 points, cela ne l’éloigne guère que de 6% de ses sommets annuels et il n’a perdu que 3% sur un mois. Au même moment, le CAC40 est repassé sous les 3 500 points (-15% par rapport au double sommet inscrit sous les 4 085 points) et l’EuroStoxx 50 sous les 2 600 points (-14,5% par rapport au M inscrit sous les 3 040/3 015 points).

Après avoir brièvement enfoncé les 5 700 points, le DAX30 est revenu à 1% de son zénith annuel (à 6 260 points le 13 mai) alors que Paris en était encore à plus de 10%. Ne parlons pas de Madrid et Milan qui reculaient symétriquement de -1% lorsque Francfort affichait un gain de +1%, toujours ce même jeudi 13 mai.

Les investisseurs considèrent manifestement que l’Allemagne est le seul pays d’Europe digne de confiance, le seul qui ne soit pas menacé d’attaques spéculatives contre sa dette souveraine.

Explications et perspectives

Nous assistons à un vaste arbitrage entre les actions du « club Méditerranée » et celles de la zone Rhin-Danube.

Pour présenter les choses plus clairement, le mécanisme qui s’est mis en place est le suivant : les spéculateurs vendent à découvert sur les places du Sud qui leur semblent présenter un risque (de défaut de paiement, de récession) et rachètent symétriquement des titres des mêmes secteurs économiques cotés à Francfort. On l’a vu précédemment, le phénomène de vases communicants entre les quatre principales places de l’Eurozone ne saurait être plus frappant.

Mais le DAX ne peut faire éternellement cavalier seul à la hausse et il subit également le contrecoup des dégagements qui s’opèrent sur tous les actifs libellés en euro. L’indice rechute sous la MM50 qui gravite vers 6 100 points et replonge — certes moins vite que le CAC40 — sous les 6 050 points (zénith des 4 et 11 janvier derniers) en direction de la MM100 qui gravite vers 5 930 points ou des 5 800 points – ex-résistance du 16 novembre au 15 décembre 2009.

Mais en effectuant une petite « règle de 3 », il est facile d’envisager une rechute du CAC40 sur les 3 350 points tandis que l’EuroStoxx 50 retrouverait son plancher des 2 475 points. Autrement dit, même si le DAX30 semble susceptible de combler son retard à la baisse, ce n’est pas comme cela que le marché raisonne et seule une franche cassure des 5 700/5 715 points validerait un fort signal vendeur avec le support oblique moyen terme des 5 500 points en ligne de mire. Pourquoi ne pas shorter dans ce cas le CAC40 avec un objectif de 3 000 ou 2 950 points, soit le plancher des 10 et 11 juillet 2009 ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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