David Amsellem, P-DG de John Paul : « Nous visons le leadership mondial »

Rédigé le 12 décembre 2014 par | Interviews Imprimer

L’émission les « Experts du Soir », sur BFM Business, me permet de rencontrer des personnalités beaucoup plus tournées vers le monde de l’entreprise que lorsque j’interviens l’après-midi pour commenter les marchés. C’est ainsi que j’ai rencontré David Amsellem, le président fondateur de John Paul, une conciergerie privée dont l’activité consiste à être disponible 24h24, 7J7 partout dans le monde pour répondre à tous types de demandes – des plus simples aux plus extravagantes. Rendez-vous fut donc pris quelques jours après l’émission pour parler avec ce patron. L’homme est souriant et affable, très ouvert et tourné vers la réussite de sa société sur le long terme plus que vers l’appât du gain immédiat. Cela change…

Eric Lewin : Quel fut votre parcours avant la création de John Paul ?

David Amsellem : Je suis né à Cannes en 1978 où j’ai grandi avant d’intégrer Supelec Paris. En 2001, je deviens le premier salarié de Poweo dont je suis actionnaire-fondateur. Je travaille alors avec Charles Beigbeder et je m’occupe  du marketing et du pricing. Je quitte la société en 2003 à l’occasion de l’introduction du groupe sur le marché libre, et je vais travailler en Suisse chez Avenis Trading, une filiale suisse d’EOS, l’EDF local. En 2005, je me rapproche d’un family office parce que j’ai envie de changer d’air. Mais parallèlement, la création d’entreprise me démange. Je regarde alors un reportage sur M6 sur la conciergerie privée et je rencontre quelques semaines après l’un des interviewés du reportage. Je me rends compte alors que le secteur est encore très artisanal. Je lui rachète sa société.

 

John Paul est donc lancé. Comment se passeront les débuts ? Vous aviez à peine 30 ans !

 

La société ne prend le nom de John Paul qu’en 2008 et il y eut trois étapes majeures. Orange fut notre premier client avec la gestion du programme Parnasse, son contrat VIP. Puis nous gagnons un contrat avec Toyota pour la gestion des clients de la Lexus. Enfin, nous remportons un contrat majeur dans le secteur des cartes bancaires. Ce qu’il faut comprendre, c’est que nous sommes dans un modèle B2B : nous gérons les demandes particulières des clients VIP de grands groupes : réservation de nuits d’hôtel, de leurs billets d’avion, de spectacle ou même pour la location d’un jet privé pour une journée entre Paris et Deauville par exemple. Nos clients, ce sont les grandes entreprises qui nous payent pour pouvoir offrir ce service à leurs clients. Nous avons très peu de clients particuliers, moins de 1%, et ce n’est pas notre axe de développement.

EL : Pouvez-vous nous donner quelques chiffres sur votre activité?

DA : Nous avons réalisé 9 M€ de chiffre d’affaires en 2013, et nous ferons 15 M€ cette année, avant de viser 31 M€ en 2015. Et la rentabilité suit avec une marge d’Ebitda de l’ordre de 20%. Nous sommes dans une activité très rentable à condition de bien se structurer. Nous sommes en effet payés par les entreprises pour gérer les clients finaux. C’est de la fidélisation haut de gamme et nous devons être irréprochables. Nous avons 300 salariés actuellement avec un leadership européen ; nous visons le leadership mondial. Pour l’instant, nous sommes très actifs dans huit pays, parmi lesquels l’Angleterre, l’Allemagne, le Maroc ou encore Singapour et la Chine.

EL : Vous avez un tour de table assez prestigieux avec la famille Dassault au capital. N’avez-vous pas envie de vous introduire en Bourse ?

DA : Ce n’est pas le bon timing ; nous n’envisageons pas la Bourse avant 2017. Pour l’instant, la société est bien contrôlée. J’ai la majorité du capital aux côtés de Habert Dassault Finance, holding de la famille Dassault, et de quelques business angels comme Charles Beigbeder, Philippe Carle et Grégoire Lassalle. Je ne vois pas l’intérêt d’être côté pour l’instant car j’autofinance tous mes développements. Je suis encore jeune et je n’ai pas été au bout de ma logique dans mon métier. J’ai encore beaucoup de choses à faire et à développer !

DECRYPTAGE DE L’INTERVIEW PAR ERIC LEWIN

Le positionnement de John Paul sur le B2B me parait stratégiquement intéressant : le client, c’est une grosse entreprise ce qui permet au groupe d’avoir de gros contrats, donc de gros apports et une meilleure visibilité de son activité que s’il était dépendant de particuliers.

La société évolue dans un marché assez atomisé où il y a encore beaucoup à faire : les concurrents sont souvent de petites sociétés artisanales, peu structurées qui font plutôt le choix de baser leur business model sur le consommateur : c’est très gourmand en opérationnel et en ressources marketing pour se faire connaitre !

Mon seul regret est que la société ne vienne pas en Bourse car cela aurait pu faire une belle histoire. Mais j’ai l’impression que plus la société est attractive, plus ses dirigeants préfèrent rester dans le private equity. Cela finira sans doute par changer, mais c’est ce que je trouve marquant auprès des patrons de petites et moyennes entreprises que je rencontre en cette fin d’année.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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