Daniel Harari : « Les investisseurs redécouvrent Lectra »

Rédigé le 20 mars 2013 par | Interviews, Mid et Small Caps Imprimer

Daniel Harari DG LectraJ’ai dernièrement interviewé Daniel Harari, le DG de Lectra (FR0000065484), pour ma lettre d’infos et d’investissement « Mes Valeurs de croissance« . Je vous livre ici cette interview qui relate les temps forts de ce leader mondial des solutions technologiques intégrées.

Daniel Harari, 58 ans, forme avec son frère André un sacré tandem. Tous deux diplômés de Polytechnique, ils travaillent ensemble depuis plus de 25 ans. A force de pugnacité, ils sont parvenus à redresser Lectra avec brio. Au bord de la faillite au début des années 1990, le groupe, dont Daniel Harari est directeur général depuis mai 2002, est aujourd’hui le leader mondial des solutions technologiques intégrées – il développe et commercialise des logiciels et des équipements de conception et de fabrication assistées par ordinateur pour les industries utilisatrices de textile, cuir et autres tissus industriels. Retour sur une prouesse entrepreneuriale…

EL: Pouvez-vous revenir sur votre parcours avant votre arrivée chez Lectra? DH: Après mes études, j’ai rejoint la société d’études et de gestion financière Meeschaert où j’étais chargé de la gestion de patrimoine. Puis j’ai créé une société informatique avant de rejoindre en 1986 mon frère à la Compagnie Financière du Scribe, une société de capital-risque spécialisée dans les entreprises technologiques qu’il a créé. Nous avions alors une vingtaine de participations dans le non coté, dont Lectra.

EL: Justement comment passe-t-on du capital-investissement à la direction d’une entreprise ? DH: En 1987, Lectra entre en Bourse sur le second marché. Mais, très vite, le groupe s’enfonce. Les pertes s’accumulent et l’endettement gonfle si bien qu’une procédure d’alerte sur les comptes a dû être enclenchée. Lectra était alors au bord du dépôt de bilan. Faux bilans et manipulations comptables de la direction de l’époque aidant, début 1990, les pertes se chiffraient à 40 millions d’euros. Comme les deux fondateurs du groupe avaient fait la campagne de François Mitterrand, le gouvernement en place se refusait à tout dépôt de bilan. Mon frère et moi avons donc déposé un dossier de reprise et bataillé jour et nuit pour convaincre banquiers et actionnaires d’accepter notre plan. Un accord a été trouvé et nous avons pris le contrôle du groupe en 1990 – le recapitalisant au passage de 40 millions d’euros. A l’époque, Lectra perdait 150 000 euros par jour. Mais le potentiel de restructuration était là et les clients nous sont restés fidèles. Nous avons donc travaillé d’arrache-pied et, en 1993, notre résultat d’exploitation est passé en territoire positif. En 2000, nous sommes devenus leader mondial dans l’édition de logiciels de CAO et de machines de découpe.

EL: La décennie suivante n’a pas été de tout repos. Pouvez-vous revenir dessus ? DH: Nous avons végété 10 ans en termes de CA. Lectra est en effet très sensible à l’environnement macro-économique. Ainsi, par exemple, entre le 11 et le 30 septembre 2001, nous n’avons enregistré aucune commande. De même en 2009, après la crise des subprime, notre activité systèmes a reculé de 66%. L’an dernier encore, malgré une situation financière extrêmement saine avec 13 millions d’euros de trésorerie nette et 60 millions d’euros de capitaux propres, nous avons subi de plein fouet la récession européenne en affichant toutefois 10% de marge opérationnelle.

EL: Justement comment voyez-vous l’avenir ? DH: Nous avons un plan ambitieux d’ici à 2015 : remonter notre rentabilité d’exploitation à 15% tout en faisant progresser notre CA de 10% par an. Dans cette perspective, notre objectif consiste à poursuivre notre montée en gamme afin de rester positionné sur les logiciels à très forte valeur ajoutée. Cela nous paraît largement jouable et finira par se refléter dans le cours de Bourse qui nous semble assez déprécié actuellement. N’oubliez pas qu’en 2007, nous avions procédé à une OPRA sur 20% de notre capital, à 6,75 euros par action. Nous en sommes encore loin en dépit de très bons fondamentaux et de belles perspectives. Pourtant, j’ai le sentiment que les investisseurs redécouvrent à nouveau la valeur, comme en témoigne le rattrapage et les nombreux blocs échangés sur Lectra depuis un an.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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