Ne passez surtout pas à côté du cuivre : c’est l’une des matières au plus fort potentiel

Rédigé le 19 novembre 2010 par | Matières Premières Imprimer

Par Isabelle Mouilleseaux, rédactrice de l’Edito Matières Premières & Devises

210% de hausse : Insolent ! Depuis 2002, le cours du cuivre a été multiplié par cinq. Il a gagné 210% depuis Noël 2008… en deux ans. +43%, rien que depuis fin mai. Le cuivre a même battu son précédent record historique du printemps 2008.

En juillet dernier, je vous disais…
…que le cuivre, s’il n’y avait pas rechute économique, pourrait revenir vers son record de 2008. Mais pas un seul instant je n’ai anticipé que cela se produirait AUSSI VITE.

Qu’est-ce qui fait flamber le cuivre ? La hausse peut-elle se poursuivre ?

Graphique: CuivreCliquez sur l’image pour l’agrandir.

C’est très simple, tous les fondamentaux du marché du cuivre sont ultra-porteurs.

A ces facteurs favorables liés au marché du cuivre, s’ajoutent des facteurs extérieurs qui exacerbent le mouvement haussier. Ce qui explique la rapidité de la hausse.

Je vous dresse un rapide panorama de la situation. Rapide, car il nous faudrait un dossier entier pour traiter ce sujet ! Vous allez tout de suite comprendre l’intérêt de suivre ce métal de très près.

Une demande rouge vif
La Chine, premier consommateur et importateur de cuivre, ingurgite du cuivre comme jamais.

Elle est insatiable avec son économie qui carbure au rythme de +9% l’an, sa production industrielle ultra-vigoureuse qui croît au rythme de +13% l’an (en octobre) et ses investissements en capital fixe dans les villes qui s’envolent de +24% depuis le début de l’année.

L’Inde et les autres émergents eux aussi sont de gros consommateurs de cuivre, métal indispensable à la mise en oeuvre de leurs « Trente Glorieuses » respectives.

Ainsi, la demande mondiale de cuivre croît à un rythme moyen de 8%/9%. Elle est attendue en hausse de 15% en Inde, et 14% en Chine cette année. Et cette tendance est durable, sur les années à venir.

Offre en berne !
Côté offre, vous avez de vrais problèmes de fond. Je veux parler de problèmes qui ne se résolvent pas d’un simple claquement de doigts.

L’offre est insuffisante. Au mieux, elle devrait être de 3% l’an (contre 8%/9% pour la demande !). La production de cuivre stagne depuis le début de l’année. Et la capacité de production, insuffisante, ne pourra pas rapidement augmenter. Il faut mettre en route de nouvelles mines, et cela prendra du temps. A titre d’exemple : la production de la plus grosse mine du monde (Escondida au Chili – BHP Billiton) va diminuer de 10% en 2011. Et la tendance est irréversible.

Autre souci : en 2000, les deux tiers de la production venaient de zones non dangereuses. D’ici à 2020, plus de 50% de la production viendra de zones dangereuse, donc aléatoires. En outre, les teneurs en cuivre extraites de la roche sont en constante baisse. Les nouveaux gisements découverts le sont sous une croûte de terre de plus en plus profonde, ce qui renchérira d’autant le coût du cuivre à terme une fois qu’on y aura accès.

Les investissements sont reportés et insuffisants selon Stephen Briggs de BNP Paribas Londres, qui nous apprend qu’il n’y aura sans doute aucun grand gisement qui sera mis en oeuvre dans les prochains cinq ans. Que des petites mines… pas de quoi nourrir l’ogre chinois !

Dollar et QE2 enfoncent le clou !
L’injection de 600 milliards de dollars de plus par la Fed, dans cet océan de liquidités que sont les marchés financiers, pousse davantage encore les matières premières à la hausse, cuivre en tête. Encore plus de spéculation en perspective…

Ainsi, le dollar a perdu 10% en quelques semaines, le VIX est au plus bas, l’aversion au risque pour ainsi dire inexistante. Le cuivre, comme le brut et l’or, fait office de « valeur refuge » pour les investisseurs et de « pari gagnant » pour les spéculateurs.

Cerise sur le gâteau
La troisième plus grosse mine de cuivre du monde pourrait faire défaut de production pour cause de grève. La mine chilienne de Collahuasi inquiète. Une rupture des approvisionnements serait fatidique au marché.

En conclusion :
– une offre en berne à court terme, comme à long terme. Avec pour ainsi dire aucune solution de hausse rapide de la production de cuivre ;

– une demande de cuivre en hausse, tendance lourde et forte qui s’inscrit dans les années à venir ;

– des stocks en chute libre ;

– des événements extérieurs comme la chute du dollar, la grève ou l’injection de capitaux qui renforcent la tendance…

Pas étonnant de voir à ce point grimper les cours.

Mon avis ?
Goulot d’étranglement en perspective…
Les cours sont à mon avis partis pour grimper encore dans les deux prochaines années. Nous avons à faire à une tendance haussière de fond, qui pourrait porter le cuivre jusqu’à 10 000$ la tonne.

Alors évidemment, il y aura des rebonds et des reculs violents qui viendront s’inscrire dans cette tendance de fond. A l’image de ce qui s’est passé la semaine dernière : après l’annonce d’un taux d’inflation de 4,4%, la Chine a remonté fortement le taux de réserves obligatoires de certaines banques, pour décélérer le crédit à l’économie. Elle avait déjà remonté ses taux d’intérêt il y a un mois et devrait à nouveau les relever d’ici la fin de l’année. Il s’agit pour le Gargantua Chinois de freiner son économie en surchauffe.

Sachant que le cours du cuivre était jeudi « suracheté » (RSI à près de 70%), le cours du cuivre a perdu près de 5% en un éclair suite à cette annonce. C’est dire la volatilité qui règne sur ces marchés.

Au-delà de ces aléas qui peuvent freiner quelques semaines, voire quelques mois, la hausse tendancielle des cours, soyez certain d’une chose : personne ne pourra JAMAIS empêcher les émergents de faire leurs « Glorieuses ». Et ces « Glorieuses » tireront le cuivre vers le haut. L’offre n’étant pas à la hauteur. C’est tout simplement mathématique.

Et l’arrivée d’ETF cuivre adossés à du métal physique ne va faire qu’exacerber les tensions… Alors si vous aviez l’intention de vous positionner sur le cuivre, profitez de tout repli sur les 8 200$, et renforcez à 7 650$.

Mais il y a beaucoup mieux : intéressez-vous aux petites minières cuivre. Le vrai potentiel de gain est là.

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