La pression monte sur le secteur bancaire

Rédigé le 26 novembre 2010 par | Big caps Imprimer

Depuis la fin du mois d’août, les indices boursiers ont connu une importante progression : +13% pour le CAC 40 (France), +15% pour le S&P 500 (Etats-Unis) et +17% à pour le DAX 30 (Allemagne).

Ce mini-rally n’a toutefois nullement profité au secteur bancaire, puisque l’indice sectoriel européen, le DJ STOXX 600 Banques, affiche sur la même période un recul de -4%. Pis, sa situation graphique ne milite guère pour une amélioration de sitôt…

Le retournement à la baisse se précise pour le DJ Stoxx 600 Banques
Un coup d’oeil sur le graphique du DJ Stoxx 600 Banques fait, en effet, état d’une consolidation latérale depuis maintenant plus d’un an. Les cours évoluent autour de la moyenne mobile à trente semaines, dont le retournement à la baisse se précise.

Graphique: DJ Stoxx 600 BanquesCliquez sur l’image pour l’agrandir.

Si on ne peut pas encore parler de dynamique baissière pour le moment, il convient toutefois de rester prudent, car cela pourrait aller très vite dès le franchissement de certains seuils. Et cela d’autant plus que, si le marché sort d’un assez long et pénible feuilleton grec, l’actualité récente a révélé un net regain des tensions autour de l’Irlande.

La situation budgétaire irlandaise inquiète vivement. Le pays a en effet dû débourser cinquante milliards d’euros pour sauver son système bancaire, creusant ainsi son déficit budgétaire à 32% du PIB ! Dernièrement, les taux de rendement des obligations souveraines ont ainsi atteint les 9%.

Les actions bancaires des PIIGS pèsent sur l’indice sectoriel
Si une solution est en passe d’être trouvée pour l’Irlande, il n’en demeure pas moins que de nouveaux membres du fameux PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne) devraient prendre le relais d’ici peu.

Notons que les actions bancaires de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie pèsent sur l’indice sectoriel — à l’image de Bankinter, sixième groupe bancaire espagnol. Comme le montre le graphique (ci-dessous) de cette action sur les quatre dernières années, le mouvement de reprise réalisé en 2009 a été suivi d’une nouvelle vague baissière.

Graphique: BankinterCliquez sur l’image pour l’agrandir.

Aujourd’hui, elle reste toujours en place comme en témoigne la pression de la moyenne mobile. D’ici la fin de l’année, le titre pourrait ainsi rallier son soutien majeur de 2002/2003 situé à 3,55 euros.

Le Crédit Suisse consolide sur ses plus bas annuels
En France, les signaux de faiblesses se multiplient aussi, notamment sur Natixis et Société Générale. Aucun pays du Vieux Continent ne semble être épargné, puisque les deux gros marchés bancaires que sont le Royaume-Uni et la Suisse suivent la même voie.

Crédit Suisse, qui consolide actuellement sur ses plus bas annuels à 40 francs suisses, illustre d’ailleurs la fragilité actuelle. La rupture de ce niveau, qui semble à présent imminente, risque de donner lieu à une baisse relativement brutale vers le prochain support situé à 31 francs suisses.

Graphique: Crédit SuisseCliquez sur l’image pour l’agrandir.

La prudence reste de mise
En dépit des efforts des différents gouvernements et banques centrales ces trois dernières années, la situation des banques demeure fragile, du moins si l’on se fie aux comportements des investisseurs sur les marchés. Si le secteur européen ne suit pas encore une dynamique baissière, les avertissements se multiplient et incitent à la plus grande prudence.

L’analyse graphique nous montre là le vrai comportement des acteurs, qui savent très bien qu’au-delà des incantations rassurantes des pouvoirs publics, le secteur bancaire reste extrêmement fragile. Notamment parce que le portefeuille des créances de plusieurs groupes bancaires reste sujet à caution — entre les restes de subprime toujours pas nettoyés, des produits toxiques pas tous sortis et surtout, plusieurs créances industrielles et commerciales dont la qualité, au sortir de la crise, est plus que douteuse…

Si l’on y ajoute un ralentissement certain des activités de marché les plus lucratives, la stagnation (voire pire) des activités retail traditionnelles et une possible tension (voire retournement plus ou moins violent) sur le marché immobilier — qui pourrait mettre à mal certains emprunteurs parmi les plus fragiles, sans que la banque retrouve pour autant son investissement si le marché chute trop sensiblement –, l’inquiétude des acteurs est bien fondée.

Dans ces conditions, la prudence reste de mise, de même que les spéculateurs les plus aguerris peuvent sélectionner des victimes potentielles les plus vulnérables pour tenter des ventes à découvert.

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Jerome Vinerier
Jerome Vinerier

Jérôme Vinerier est analyste technique CFTe (diplôme délivré par la fédération internationale des analystes techniques IFTA). Il a exercé cette profession avec passion pendant plusieurs années au sein d’un cabinet réputé au niveau européen, délivrant quotidiennement le fruit de sa recherche auprès d’investisseurs institutionnels sur une vaste classe d’actifs financiers (actions, devises, indices, matières premières). Animé par la recherche de la performance, il s’établit comme stratégiste indépendant en 2008. – See more at: http://quotidienne-agora.fr/redacteurs/#sthash.0s0xSg5B.dpuf

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