CREDIT AGRICOLE : le non-sens près de chez vous ?

Rédigé le 23 décembre 2011 par | Apprendre la Bourse Imprimer

 

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Les résultats de la stratégie de « l’onde de choc » de Mathieu Lebrun sont spectaculaires — voyez plutôt les gains qui ont été réalisés récemment :

Mathieu vous explique sa stratégie en détail ici… Découvrez-la sans attendre cela pourrait être la solution pour faire fructifier votre portefeuille malgré ce qui se passe en ce moment sur la planète finance !

 

 

CREDIT AGRICOLE : le non-sens près de chez vous ?
Vous cherchez le maillon faible, à long terme, du système bancaire ? Jetez donc un oeil du côté du Libor, où se refinancent les grandes banques. Quand l’une d’elles paie des taux d’intérêt plus élevés que ses consoeurs, c’est que le marché n’a plus confiance en elle.

Mory Doré vous en avait déjà un peu parlé dans son article. La situation s’est produite depuis début septembre pour une banque française pleine de « bon sens près de chez vous », pour reprendre une vieille publicité : le CREDIT AGRICOLE (FR0000045072 – ACA).

Le CREDIT AGRICOLE sous pression
On savait que les financements interbancaires en dollar étaient sous forte pression : les coûts de refinancement pratiqués par les banques entre elles n’ont cessé d’augmenter depuis juillet. À chaque fois qu’un cadavre sort du placard, les taux remontent. Et la Grèce a travaillé en flux tendus depuis cet été pour fournir de quoi inquiéter les marchés.

Fin novembre, une légère détente s’est faite remarquer sur le Libor à trois mois en dollar, qui a reculé pour la première fois depuis le 25 juillet. Oh, à 0,1 point de base, la baisse n’a pas été exactement spectaculaire, mais c’est le geste qui compte, diront les sempiternels optimistes de Wall Street. Mais le plus intéressant là-dedans est que l’on tombe sur des éléments inquiétants lorsque l’on examine la situation de chaque membre du Libor.

Jusqu’à fin août, le CREDIT AGRICOLE empruntait à des conditions plus ou moins similaires à celles consenties aux autres banques. Peut-être un peu plus cher, mais cela restait dans la bande de fluctuation de l’ensemble des établissements.

Mais depuis septembre, l’écart s’est creusé et le CREDIT AGRICOLE (symbolisé par la courbe rouge sur le graphique ci-dessous) est sorti du troupeau.

Les banques ont perdu confiance dans le Crédit Agricole

Début novembre, la banque française payait jusqu’à 13 points de base de plus que ses concurrentes pour obtenir des dollars à trois mois ! Le spread s’est ensuite resserré, mais il atteignait encore sept points de base début décembre, soit une prime de 15% !

Pourquoi le marché demande-t-il une telle prime de risque à CREDIT AGRICOLE ?
Peut-être parce que le CREDIT AGRICOLE affiche le deuxième plus mauvais ratio des capitaux propres tangibles attribuables aux actionnaires ordinaires (derrière la Landesbank Berlin, ce qui n’est guère glorieux), selon un classement effectué par Bloomberg.

Ce ratio au nom interminable détermine combien de pertes une banque peut essuyer avant que ses actionnaires soient lessivés, en gros. On prend les fonds propres, auxquels on retire les intangibles, le goodwill et les actions privilégiées, puis on divise le tout par les actifs tangibles (qui sont le total des actifs moins le goodwill et les intangibles). C’est un moyen d’évaluer le pire scénario pour un investisseur.

Pour le CREDIT AGRICOLE, on obtient un ratio de 1,5%. Douzième du classement, la SOCIETE GENERALE affiche 2,96%. Autre française, NATIXIS est 21e avec 3,55%. Pour dire les choses clairement, CREDIT AGRICOLE utilise un levier de 66 fois. De quoi justifier la méfiance de ses consoeurs, effectivement.

Pour dire les choses encore autrement : en cas de faillite, une personne ayant investi 100 euros dans le CA récupèrerait 1,50 euro ; une personne ayant investi 100 euros dans la SG récupèrerait 2,96 euros et une personne ayant investi 100 euros dans le Natixis récupèrerait 3,55 euros.

À ses grandes heures, Bear Stearns utilisait un levier de 32 fois dans les opérations de titrisation qui ont causé sa faillite — euh, pardon, je bafouille, « son rachat par J.-P. Morgan pour deux dollars l’action », en mars 2008, alors que le titre en valait encore 80 un mois auparavant.

Son ratio de fonds propres était donc de 3,13% et son rachat a eu lieu à deux dollars, soit 3% de 80 dollars environ. Oui, la Bear Stearns, celle qui avait été classée première des entreprises « les plus admirées d’Amérique » en 2007 et dont la Fed a fini par reprendre pour 30 milliards de dollars de créances douteuses.

Je ne dis pas que le CREDIT AGRICOLE suit ce chemin. Mais on commence à voir différents scénarios dans la presse financière. Comme celui de la vente des bijoux de famille pour renflouer le navire. Bien sûr, la direction nie avec véhémence.

Vu sa taille, la banque serait probablement sauvée par l’argent du contribuable français si les choses tournent mal ; espérons au moins que ses dirigeants pourront encore dire merci pour les futurs bonus et autres parachutes (chut !) dorés.

Une chose est sûre : nous ne sommes pas tirés d’affaire.

Je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année, et vous retrouve l’année prochaine.

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Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

Un commentaire pour “CREDIT AGRICOLE : le non-sens près de chez vous ?”

  1. J’avais testé pendant 3 mois le CA, voulmant voir avec quelle banque j’allais travailler, n’étant pas satisfait de ma banque le Crédit du Nord.

    Après 3 mois, voyant que le CA était totalement nulle et très chère, je voulais clôturer mon compte. Plus d’un an cela a duré; il restait tjrs quelques centimes afin de continuer à pouvoir me faire payer mon compte, et m’envoyer des patits journaux de rien du tout, mais qui trimestriellement coûtaient 9€.

    Plusieurs lettres recommandées avec A/R après, ils ont dû accepter la clôture de mon compte.

    De purs voleurs. !!

    Testez et vous verrez que j’ai raison.

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