Crédit Agricole : feu vert

Rédigé le 17 juillet 2009 par | Big caps Imprimer

Le vert est de saison depuis les élections européennes du mois dernier et la prise de conscience écologique. Quoi de plus normal dans ces conditions, en attendant le sommet de Copenhague à la fin de l’année, que d’examiner aujourd’hui la situation de la banque, verte fondamentalement… et techniquement.

Fondamentalement : du bon et du mauvais La Société Générale et le Crédit Agricole annonçaient à la fin de la semaine dernière l’accord définitif de « fusion » de leurs filiales de gestion d’actif, SGAM et CAAM, dont la future entité sera détenue à 75% par le Crédit Agricole, et 25% par la Société Générale. Une fusion qui ressemble donc plus à un rachat par la banque verte et qui devrait s’accompagner de nombreuses suppressions d’emplois à la SGAM.

Sur le plan financier, cette fusion devrait être une bonne opération, et sera rentable dans les années qui viennent. La banque verte en aura bien besoin : pas plus tard que le 25 juin dernier, elle a dû rassurer les marchés alors que le titre subissait un sell-off en séance après des rumeurs d’avertissement sur résultats, de nombreux analystes jugeant désormais trop élevées les prévisions de bénéfices pour 2009 (anticipées à 1.8 milliard d’euros). Beaucoup penchent plutôt sur un chiffre proche du milliard — ce qui ne serait pas si mal dans le contexte actuel.

Mais tout cela, c’est du passé et a déjà été intégré dans les cours ces dernières semaines. Dès lors, pour avoir une idée de la suite des événements sur le titre, tournons-nous vers mes graphiques pour examiner la situation technique du titre.

Crédit Agricole hebdo

Techniquement : du mauvais et du bon J’ai pris un graphe en données hebdomadaires. La tendance à moyen terme sur le titre reste clairement baissière, le verdict est sans appel.

On remarque pour la petite histoire que le Crédit Agricole avait fait ses plus hauts bien avant le marché, dès octobre 2006, avec une jolie figure en tête-épaules. Elle était alors une des premières actions à donner des signes de faiblesse dès début 2007. Je me souviens d’échanges mémorables avec d’autres collègues analystes à ce sujet.

Depuis, le titre reste sous une oblique baissière actuellement aux environs des 14.60 euros qu’il sera difficile de dépasser dans les mois qui viennent.

Les indicateurs mathématiques hebdomadaires confirment cette tendance baissière, notamment le RSI à 14 semaines sur le graphique, qui bute sous une résistance depuis 2007 au niveau des 58, juste au-dessus de la zone de neutralité.

Le titre a été particulièrement touché par la correction de ces trois dernières années. Elle a touché en mars dernier un plus bas historique depuis son introduction en Bourse en 2001, excusez du peu (!), après une perte de plus de 80%. La réaction a été nette sur ces niveaux la semaine du 9 mars, c’est important de le souligner, donnant naissance à un violent rebond de plus de 100% ces derniers mois. Relativisons toutefois car il faudrait, vous l’aurez compris, encore 400% de hausse pour retrouver les niveaux de fin 2006.

Vous pouvez jouer la hausse à court terme Zoomons maintenant sur la situation à court terme avec un graphique en données journalières.

Crédit Agricole hebdo

Malgré la correction de ces dernières semaines qui nous a ramenés jusqu’au 8.65 euros la semaine dernière, la tendance reste positive à court terme, avec comme solide soutien les plus bas de mars.

Mais surtout, à plus court terme encore, ce niveau des 8.65 euros n’est pas anodin, puisqu’il correspond au retracement de 50% de la progression de mars à mai dernier, après une correction en trois temps depuis le top du 7 mai (typique des vagues de correction en Elliot) Cette zone de support correspond en outre à une ancienne zone de résistance de début janvier dernier.

Juste en dessous, le retracement de 61.8% de la progression depuis mars, à 7.90 euros qui se confond, à quelques centimes, avec les points bas des 30 et 31 mars à 7.58 euros, pourrait également soutenir le titre.

Seule une cassure de ces niveaux de support nous amènerait à un test des plus-bas historiques. Mais pour l’heure, tant que nous restons au-dessus de ces niveaux, la zone actuelle me paraît propice à une poursuite du rebond.

Les indicateurs mathématiques, au premier rang desquels le RSI à 14 jours, me confortent dans ce scénario. Celui-ci reste en effet soutenu par une oblique ascendante support à 34.

◊ Quels objectifs pour la poursuite du rebond ? Le premier objectif en cas de réaction dans la zone de supports que je viens de mettre en avant serait le niveau des 10.50 euros, retracement de 61.8% de la baisse depuis mai, puis en cas de dépassement les tops de mai.

Si nous les dépassons d’ici quelques mois, une forte accélération à la hausse aurait lieu avec comme cible naturelle les fameux 14.60 euros dont je parlais tout à l’heure, retracement de 38.2% de toute la baisse depuis 2006, mais surtout niveau de l’oblique baissière à moyen terme et cible elliotiste correspondant à une classique a-b-c en reportant la progression de mars à mai aux bas de la semaine dernière.

Enfin, ce niveau des 14.60 n’est autre qu’une forte zone de résistance horizontale, qui avait servi de support entre janvier et mars 2008, puis était testé à maintes reprises de juillet à octobre 2008. Bref, en cas de poursuite du rebond au-delà des tops de mai, ce serait une zone très pertinente, mais aussi une résistance importante.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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