Crédit Agricole, Bâle 4 et cuisine à la française

Rédigé le 14 juin 2017 par | Actions, Algos Imprimer

Le comportement du secteur bancaire va être intéressant à suivre en cette fin de semaine. En effet, les banques françaises vont peut-être se trouver contraintes de lever de nouveaux capitaux propres afin d’assurer leurs ratios de solvabilité… et se mettre en accord avec les « règles prudentielles » qui régissent le secteur.

Le fond de l’histoire, c’est qu’il faut savoir que les banques françaises (exception culturelle sans doute…) s’autorisent leur petite cuisine interne pour calculer et déclarer la valeur de certains de leurs actifs. Notamment immobiliers. On appelle ce genre de méthodologie « modèles internes ». Et c’est bien pratique pour pouvoir présenter des bilans tout beaux tous propres.

Or c’est là que se pose un (léger) problème.

En cette fin de semaine, les participants au comité de Bâle 4 se réuniront en Suède, avec pour objectif d’imposer une méthode standard pour la valorisation de ces actifs. En clair et en décodé « rentrez dans le rang et faites votre compta comme tout le monde ».

CAC

Très embêtant tout ça… car si elles y sont contraintes, le montant minimum nécessaire de capitaux immobilisés va bondir… et obliger à une vague de recapitalisation.

Bon, tout le monde est sur le pont pour préserver nos petites recettes de cuisine interne et éviter que cela n’arrive. Vous pouvez compter sur les lobbies pour pousser au maximum ; même le gouverneur de la Banque de France s’en est mêlé en déclarant qu’il « s’opposerait à un accord qui ne prendrait pas assez en compte les méthodes de calcul de risque utilisées par les banques ».

Ben voyons… faut pas se gêner non plus !

Suivant ce principe, je vais d’ailleurs de ce pas expliquer à l’administration fiscale que je déclare mes revenus de trading selon mes calculs de « modèle interne » et que tout alignement sur une « méthodologie standard » sera refusé car pouvant mettre en danger l’équilibre précaire de mes revenus. Et s’ils ne sont pas d’accord, je leur envoie ma mère pour leur mettre la pression (je n’ai pas de relation à la Banque de France, je fais avec mes moyens).

Bon, trêve de plaisanteries, vous avez compris l’idée. Bâle 4 = danger pour le secteur bancaire français.

J’ai donc ciblé une des pires banques du secteur en France pour vous montrer ce que cela pouvait donner en termes boursiers : le Crédit Agricole (FR0000045072 – ACA).

Si les accords de Bâle apportent un risque à moyen terme, quatre autres facteurs militent pour la plus grande prudence.

  1. Le premier, c’est que le consensus valorise l’entreprise à 15€. Niveau qui vient d’être atteint.
  2. Le deuxième étant que ce niveau de 15€ est loin d’être anodin. Graphiquement, il correspond à une zone de résistance de très long terme sur laquelle la valeur a violemment buté à quatre reprises depuis 2009 (pastilles jaunes).
  3. Le troisième montre que depuis le dernier « top » marqué par ACA en 2015, le flux acheteur est en train de se raréfier. A tel point que nous avons carrément affaire à une rotation baissière : les grosses mains soldent progressivement leurs positions. C’est ce qu’indique l’indicateur permettant de mesurer les flux (l’OBVD). Il est baissier sur la période (flèches orange sur prix et OBVD), alors que les prix eux sont revenus au même niveau. La tendance actuelle (petit canal bleu haussier) s’en retrouve donc extrêmement fragilisée alors que les prix abordent la zone de résistance graphique de très long terme.
  4. Quatrième et dernier point : les vagues d’impulsion que nous montre l’indicateur de tendance MACD. Et bien les impulsions haussières n’ont jamais réussi à dépasser le niveau actuel. Et ce depuis début 2014 (rectangle rouge horizontal).

Conclusion : 1 + 2 + 3 + 4 = risque baissier imminent !

Crédit Agricole hebdo Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Comment confirmer ce risque baissier ?

Ceux qui me lisent régulièrement auront l’habitude de ma méthode : si le risque baissier que nous venons d’identifier sur le graphe hebdomadaire doit se concrétiser, alors nous devons au préalable avoir un signal négatif sur la vue journalière.

Pour faire court, simple et rapide, j’attends un retournement baissier de l’indicateur de momentum (SMI ; prenez votre indicateur préféré du moment que ce n’est pas un oscillateur de surachat/survente).

Le potentiel de baisse sera dans un premier temps un comblement du gap vers 12,5€ mais surtout un retour sur la zone de support « S1 », soit 15% plus bas.

Crédit Agricole daily Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Et pour mémoire, j’aime assez cette zone « S1 ». Elle a servi à nos deux derniers trades sur ACA et a bien fonctionné. Le premier pour vendre à découvert la valeur ; le deuxième en sens inverse, à l’achat. Si les dieux du trading sont toujours avec nous, nous aurons l’occasion d’un troisième trade.

Allez, bonne séance et pas d’imprudence : les marchés commencent à donner des signes de fébrilité. Je vous donne donc rendez-vous vendredi pour le point hebdomadaire sur le CAC40 dans lequel je développerai tout ça,

En attendant, bonne journée,

Gilles,

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Gilles Leclerc
Gilles Leclerc
Trader

Gilles a tout d’abord commencé dans la grande finance. Avec un MBA de la prestigieuse université américaine de Hartford, il a ensuite intégré la direction Financière IBM Europe et ensuite d’IBM Corporation (headquarters mondial). Puis, peu à peu, la passion boursière le gagnant, il s’est tourné vers les activités de trading.

Cela fait maintenant 20 ans que Gilles trade sur les marchés et il se consacre exclusivement à cette activité depuis une dizaine d’années.

Dès 2008, il fut l’un des premiers à pressentir les modifications profondes qu’allaient occasionner l’utilisation intensive des algorithmes sur les marchés financiers ; il a su s’adapter en mettant en place de nouvelles stratégies de trading répondant à ce nouvel environnement. Il créa donc son propre système de trading tout à fait spécifique et basé sur des concepts innovants.

De façon à prouver la validité de son approche, il reste l’un des rares traders/analystes à poster régulièrement ses prises de position en « Live » sur un site d’Analyse Technique de renommée ( Univers Bourse ) où il partage l’intégralité sa méthodologie.

Il intervient désormais dans La Bourse au Quotidien afin de partager son expérience et de proposer ses analyses et sa méthode au plus grand nombre.

3 commentaires pour “Crédit Agricole, Bâle 4 et cuisine à la française”

  1. « une des pires banques en France »… Cela mériterait un développement. Ne réglez-vous pas un problème personnel avec cette banque avec ce genre d’affirmation tout à fiat infondée si l’on prend en compte les actifs gigantesques que ce groupe recele? A minima, un comparatif avec les autres banques françaises permettrait d’étayer ces propos.

  2. Petite précision : quand vous dites que les modèles internes (notamment sur les prêts immobiliers) sont une tambouille qui permet de présenter des bilans plus jolis, je mets juste un (gros) bémol : sur l’immobilier corporate français, les LTV ne sont pas du tout les mêmes – ils sont beaucoup plus faibles – que dans d’autres pays, notamment chez les anglo-saxons. Le calcule les RWA en méthode standard dans ce cas est ultra pénalisant pour les banques françaises puisque les crédits sont contractés avec des niveaux de risque beaucoup plus faibles qu’outre Atlantique. D’où la volonté pour elles de ne pas tomber dans le tout standard et d’avoir consacré beaucoup de temps et d’argent à développer des modèles revus (très) régulièrement par les superviseurs.

  3. quel turbo put recommandez-vous sur ACA??

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