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Coup de colère du vendredi sur nos parlementaires

Par Philippe Béchade21 Oct 2016

Coup de colère du vendredi… il est temps que quelque chose change chez nos parlementaires « accros » à la fiscalité !

On ne sait plus si l’on doit pleurer de dépit ou de rage… la fin du quinquennat Hollande s’achève dans une débâcle politique et stratégique totale, avec une « majorité » votant en catimini, à 23h47, des lois qui démentent les engagements présidentiels, qui contreviennent aux intérêts des salariés, qui torpillent les tentatives d’attirer les capitaux et des acteurs majeurs de la City et qui enfin se révèlent d’une hypocrisie consternante et d’une contre-productivité atterrante.

Le « Parlement », réduit à quelques représentants dans l’Hémicycle, qui ne comprennent rien aux amendements qu’ils défendent, mais qui connaissent par cœur leur « précis du dogmatisme politique » ont donc voté l’alourdissement de la TTF (taxe sur les transactions financières) de 0,2 à 0,3%. Ce n’est pas grand chose… certes.

Mais…

La France était déjà la seule avec l’Italie (qui ne pèse quasiment rien du point de vue des acteurs majeurs de la finance) à appliquer une TTF en Europe. Sur le principe, difficile de ne pas adhérer à l’esprit « taxe Tobin » de la TTF, destinée à prélever un peu de revenus sur des transactions « haute fréquence » ne présentant aucune utilité sociale et dont l’enchaînement garantit l’accumulation de « gains certains » (puisqu’il s’agit de capter de minuscules anomalies de prix entre différentes plateformes de trading: ce n’est pas de l’investissement et « ça gagne à tous les coups »… souvent sur le dos d’opérateurs moins « ultra-rapides », voir pas rapides du tout comme vous et moi).

Mais… la TTF ne frappe en réalité que vous et moi, au travers de prises de positions risquées et lourdement fiscalisées en cas de plus-values, car les spécialistes du trading haute fréquence opèrent au travers de structures « offshore » qui échappent – c’est ballot – à cette taxe qui se voulait symbolique.

Donc les « petits » qui pensaient que les « gros » allaient payer le gros de la facture fiscale sont en réalité les seuls à la payer : un comble !

En ce qui concerne l’ambition d’attirer des intermédiaires financiers tentés de quitter la City en cas de « Brexit dur », notre parlement vient de nous tirer une balle dans le pied.

En ce qui concerne la promesse de neutralité fiscale, de plafonnement des prélèvements, de coup d’arrêt à la manie addictive de taxer tout ce qui est source de richesse… c’est un enterrement de 1re classe.

Et un reniement de plus… en forme de bras d’honneur aux épargnants qui ne sont rien de plus que de vils contribuables dont il est légitime de pénaliser l’avidité et le penchant pour le casino boursier.

En revanche, ceux qui ne sont mus QUE par l’avidité et qui prennent la bourse pour un casino… ceux là se sont mis depuis longtemps à l’abri du Fisc français.

J’enrage !

Et pour couronner le tout, le Parlement -toujours inspiré du même dogmatisme anticapitaliste- invite Bercy à taxer l’attribution d’actions gratuites aux salariés -au prétexte que des top managers -jouant très gros sur des marchés dont ils contrôlent l’évolution- se gavent avec ces substituts de revenus qui échappent en partie à l’IR.

Résultat, les salariés aux revenus modeste et que l’on souhaite motiver et fidéliser -faute de disposer de quoi leur verser bonus et parachutes dorés- vont se voir prélever un impôt sur un gain le plus souvent incertain, différé dans le temps, et qui dans le pire des cas pourrait ne jamais se matérialiser en cas de faillite de l’entreprise.

Comme cela survient trop souvent dans le cadre d’un harcèlement fiscal des PME, les seules sur lesquels les fonctionnaires de Bercy peuvent exercer l’intégralité de leurs moyens d’investigation (les multinationales constituant des gibiers trop retors et trop pugnaces).

J’ai envie de renvoyer au néant tous ces parlementaires incompétents, nuisibles et dogmatiques… mais c’est inutile, les électeurs vont s’en charger sous peu !

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Philippe Béchade

Rédacteur en Chef de la lettre Pitbull

Philippe Béchade rédige depuis dix ans des chroniques macroéconomiques quotidiennes ainsi que de nombreux essais financiers. Intervenant quotidien sur BFM depuis mai 1995, il est aussi la ‘voix’ de l’actualité boursière internationale sur RFI depuis juin 2002. Analyste technique et arbitragiste de formation, il fut en France l’un des tout premiers ‘traders’ mais également formateur de spécialistes des marchés à terme. Rédacteur aux Publications Agora, vous trouvez chaque jour ses analyses impertinentes des marchés dans La Chronique Agora.

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