Correction salutaire de dossiers survalorisés

Rédigé le 5 septembre 2014 par | Actions, Indices, sociétés et marchés, Mid et Small Caps Imprimer

Comme je le dis souvent dans ma lettre PEA, j’aurai beaucoup de mal à investir sur une très belle valeur mais qui est survalorisée. Le risque de baisse, d’accident, de retournement est trop important et impossible à maîtriser ou à anticiper et la sanction est trop sévère. Les deux exemples dont je vais vous parler en sont le parfait exemple.

040914_EurofinsOutre Iliad (FR0004035913), titre ultra-survalorisé, qui affichait un PER de 50 et dont Philippe Bechade vous a déjà abondamment parlé, Eurofins Scientific (FR0000038259) affiche une baisse de 12,5% par rapport à ses plus-hauts historiques de 240 euros de la fin août. Remettons en perspective cette chute car le titre enregistre quand même une progression de plus de 650% depuis juillet 2010. Mais justement : qu’est-ce qui a pu engendrer ce repli ?

En fait, le spécialiste des services bio-analytiques a publié des résultats corrects au titre du premier semestre avec notamment une marge d’EBITDA passée de 16,3% à 16,9%. C’est donc très bon. Mais, d’un autre côté, le cash flow opérationnel a baissé de 13,3% et la dette a augmenté de plus 100 millions d’euros : c’est ce qui explique que les investisseurs ont commencé à prendre leurs bénéfices sur la valeur.

C’est dur d’être une valeur cotée : vous devez sans cesse faire mieux ; chaque trimestre doit être meilleur que le précédent ; vous n’avez droit à aucune erreur, jamais vous ne pouvez souffler, aussi bien en termes d’opérationnel que de la situation financière. Et quand vous avez eu un tel engouement de la part des investisseurs depuis 4 ans, quand vous vous retrouvez survalorisé parce que le marché vous valorise à 30 fois vos bénéfices (oui, c’est le PER actuel d’Eurofins…), la moindre déception se paye cash. Et encore… je vous parle ici d’une micro-déception !

040914_hermesMême cas de figure pour Hermès (FR0000052292) qui a perdu jusqu’à 11% en séance mercredi dernier. Il faut dire que la prime spéculative semble s’évaporer avec la fin du litige avec LVMH. En effet, LVMH, Dior et Groupe Arnault se sont engagés pour un délai de 5 ans à ne pas acquérir de nouvelles actions Hermès. Cela veut dire qu’une opération sur le capital n’aura sans doute pas lieu dans les prochaines années – sauf coup de théâtre venant d’un autre géant du secteur.

Du coup, les résultats semestriels du spécialiste du sac Kelly sont passés inaperçus alors qu’ils sont excellents ! La marge opérationnelle affiche 32,6%, ce qui fait d’Hermès l’une des sociétés les plus rentables du secteur du luxe (logique que les autres veulent mettre la main dessus). Sa capacité d’autofinancement a progressé de 5%, la direction se dit relativement confiante sur l’exercice et vise notamment une progression de sa croissance organique d’environ 10% (mais, avec une marge opérationnelle inférieure aux 32,4% de 2013 en raison de l’impact négatif des changes).

Nous avons donc là un excellent élève… Sauf que la valeur est chère (PER de 30 aux cours actuels et VE/ROC de 18, ce qui est environ 30% au-dessus des comparables du secteur), donc là encore, une pseudo-déception et le titre est sanctionné. Le rendement de l’ordre de 1,5% actuellement n’est pas un argument convaincant pour mettre la valeur en portefeuille.

Vous le voyez, deux très belles sociétés dont les valorisations ont atteint de tels sommets qu’elles doivent subir une correction finalement salutaire… Elles repartiront certainement de l’avant si les prochaines publications sont au rendez-vous.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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