Secteur informatique : la manne de l’infogérance

Rédigé le 9 avril 2014 par | Indices, sociétés et marchés, Mid et Small Caps Imprimer

Les télécoms ne sont pas les seuls à opérer des fusions en France. Le secteur informatique est lui-aussi le théâtre de rapprochements.

Trois jours après que Vivendi a choisi de céder SFR à Altice (la maison-mère de Numericable) et non à Bouygues, Sopra (FR0000050809) a annoncé le 8 avril 2014 lancer une offre publique d’échange (OPE) sur la totalité des actions de Steria (FR0000072910).

Avec un chiffre d’affaires de plus de 3 milliards d’euros en 2013, cette opération « amicale » va donner naissance au numéro quatre français des sociétés de services en ingénierie informatique (SSII ou ESN comme on les appelle dorénavant), derrière IBM, Capgemini et Atos.

Une fusion en réalité plus défensive qu’offensive

En nouant leurs forces, les deux plus anciennes ESN hexagonales atteindront une taille critique à l’international et s’affranchiront ainsi d’un marché domestique peu dynamique.

Les perspectives ne sont, il est vrai, guère réjouissantes. Après une baisse de 0,2% en 2013, le chiffre d’affaires des services informatiques devrait connaître en France une croissance limitée de 1,1% cette année, selon les prévisions du syndicat professionnel Syntec Numérique, publié le 2 avril 2014. Et encore : les performances auraient pu être pires sans les activités d’édition de logiciels et d’infogérance. Cette dernière, qui consiste à gérer à distance les systèmes d’information (SI) des entreprises et des administrations, pourrait progresser de 1,4% en 2014, toujours d’après le Syntec Numérique.

En cette période de reprise économique molle et de chute des marges, les entreprises veulent rationnaliser leurs coûts au maximum. Sous-traiter la maintenance de leur SI au lieu de la gérer en interne leur permet de dégager des économies. A fortiori, si la prestation est délocalisée dans un centre « off shore » pour bénéficier d’une main-d’oeuvre meilleur marché.

Les petits prix des petites valeurs

Cette appétence pour l’infogérance profite aux PME du secteur. Avec des coûts de fonctionnement plus réduits que les grandes ESN, les petites et moyennes sociétés peuvent proposer des prix plus bas.

La branche « Infrastructures et services » dont fait partie l’infogérance, génère à elle seule 30% des revenus de Groupe Open (FR0004050300). Cotée sur l’Eurolist C, l’entreprise parisienne, qui compte près de 2 800 salariés, s’emploie à développer cette activité qui présente l’avantage de s’effectuer via des contrats pluriannuels qui lui apporte une visibilité et du chiffre d’affaires récurrent. Une stratégie adoubée par les investisseurs puisque le cours de l’action a gagné plus de 35% depuis le début de l’année et près de 56% sur 1 an.

Initialement positionnée sur des offres d’expertises et d’accompagnement de projets, Aubay (FR0000063737) a également opéré sa mue dès 2004. Aujourd’hui, les contrats d’infogérance représentent près de la moitié de ses ventes. La valeur, présente sur le compartiment C, a progressé de presque 47% depuis le 1er janvier et de plus de 98% en 12 mois.

ITS Group (FR0000073843) a carrément choisi d’absorber en 2005 Seevia-Integra, un spécialiste de l’infogérance « insourcée » et « outsourcée ». Egalement proposé sur l’Eurolist C, le titre a pris plus de 81% depuis le début de l’année.

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