Comparaison du chômage en Europe : quand les statisticiens s’emploient à nous berner

Rédigé le 7 avril 2015 par | Toutes les analyses Imprimer

L’emploi, c’est la grande thématique de ce début avril : les spécialistes sont surpris par les chiffres publiés aux États-Unis vendredi (-60% de créations de jobs en moins à l’issue d’un mois plus long de 3 jours que février, un record absolu) mais également par le grand écart entre l’Allemagne et son taux de chômage plancher de 6,4%, et celui français à 10,4% (en agrégeant la totalité des catégories A, B, C, D et E et les DOM, soit 6 millions d’inscrits).

Pourquoi le marché du travail apparaît-il si contrasté de part et d’autre du Rhin ? 

Voici un utile rappel pour nos lecteurs : le chômage en Allemagne depuis fin 2004 n’est plus indemnisé que durant 6 mois contre 2 ans en France.

L’Allemagne impose aux chômeurs d’accepter un mini job à 3€/heure en secteur privé − avec un complément de revenu versé par l’État Fédéral qui permet le maintien du pouvoir d’achat.

Double bénéfice : le « salarié » (à 3€/H) reste au contact de l’entreprise… mais surtout, il cesse d’être comptabilisé comme chômeur.

Même genre d’artifice mais bien plus hypocrite et antisocial au Royaume Uni − qui se vante également de flirter avec le plein emploi − :  il s’agit de ces contrats « 0 heure » permettant au « salarié » de ne travailler qu’une seule heure par mois (ce qui ne lui paye même pas son transport pour aller bosser) mais se trouve également exclu des statistiques du chômage.

En France, si le gouvernement appliquait un mix du système allemand et de la magouille britannique, le taux chômage pourrait chuter de 4Pts et revenir mécaniquement à 6,4%.

L’Allemagne et l’Angleterre ont supprimé les chômeurs « statistiquement », pas le chômage… et encore moins la précarité.

Voilà, c’est dit… et cela ne vaut pas approbation du système français en l’état.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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