Commerce international : l’OCDE confirme ce que les PMI laissaient craindre

Rédigé le 1 mars 2016 par | Analyses indices, Autres indices, Indices, sociétés et marchés, Statistiques et données macro, Toutes les analyses Imprimer

Tous les indices des directeurs d’achat (PMI) publiés en ce mardi 1er mars le confirment : le ralentissement de la croissance dans le monde est une réalité. Ce qui n’empêche pas les marchés d’être optimistes.

La chute des PMI met en joie les marchés

Le PMI manufacturier européen chute de 52,3 à 51,1 (au plus bas depuis un an). Dans le détail, le PMI allemand atteint un plus bas de quinze mois à 50,5. En France, il stagne à 50,2 et recule en Espagne, Italie et Grèce.

Ce n’est pas mieux en Asie. Au Japon, il recule de 52,1 à 50,2 et de 48,4 à 48 en Chine (septième mois consécutif de baisse). Bien sûr, les PMI ne sont que des enquêtes qui recueillent les déclarations d’intention des directeurs d’achat. N’y voyons pas une photo de la réalité.

Que dit l’OCDE ?

Problème : la réalité confirme les tendances pressenties par les industriels lors des précédents PMI. L’OCDE constate que le volume total du commerce international de marchandises au sein du G20 (75% de l’économie mondiale) s’est de nouveau contracté au quatrième trimestre 2015.

Les exportations ont reculé de 1,6% au quatrième trimestre 2015 pour le sixième trimestre consécutif, tandis que les importations ont baissé de 1,9%, pour le septième trimestre consécutif.

Sur l’ensemble de l’année, les exportations du G20 ont reculé de 11,3%, tandis que les importations ont diminué de 13%. Si l’essentiel de cette baisse est imputable à la Chine, le Japon et les États-Unis succombent aussi au phénomène baissier.

L’OCDE va plus loin en affirmant que « la baisse des importations et des exportations est visible dans toutes les économies du G20 ».

Au chiffre difficile à ignorer : le Baltic Dry Index (le baromètre du fret maritime) a été divisé par deux (de 600 vers 300) depuis fin novembre 2015, et par quatre depuis août 2015.

Les marchés saluent ces mauvaises nouvelles

Pour résumer l’équation : les PMI du jour + le rapport de l’OCDE = 1% de hausse des indices boursiers.

Le tableau macroéconomique est désormais si dégradé que les marchés sont euphorisés par la perspective d’une intervention de la BCE. Mario Draghi s’apprêterait à dégainer son bazooka et injecter des liquidités en mode no limit le 10 mars prochain. La rumeur évoque un QE porté à 70MdsE/mois et prolongé ad vitam.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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