Les options et leur utilité dans la « vie réelle » (Cours Options #1)

Rédigé le 16 février 2015 par | Apprendre la Bourse, Toutes les analyses Imprimer

Je vous souhaite la bienvenue dans ce premier article d’une série que je vais consacrer aux options.

Rassurez-vous, les options ne sont pas des produits très compliqués, même s’ils appartiennent à la catégorie des « produits dérivés ».

Tout cela dépend de la façon de les aborder, et surtout de les utiliser. Je vais vous expliquer leur fonctionnement simplement et concrètement, sans formule mathématique afin de montrer comment elles peuvent bénéficier à votre portefeuille, grâce à leur grande flexibilité. Et, par ces temps boursiers complexes, vous allez voir que les options vont vite devenir un outil indispensable à votre stratégie.

Vous pourrez par exemple les utiliser pour :

Mais avant de passer aux stratégies, familiarisons-nous avec les quelques notions (et le vocabulaire) indispensables et voyons comment les options sont utilisées concrètement par les acteurs économiques, et ce depuis fort longtemps…

Une forme d’investissement comme une autre

Avec les options, vous allez pouvoir profiter du marché à la hausse ou à la baisse… même quand il ne « fait rien ».

Une option est un « produit dérivé » car son prix dérive de l’actif sur lequel elle est basée, le sous-jacent (actions, indices, matières premières, etc).

Plus concrètement, une option financière est un contrat entre deux parties pour acheter ou vendre un produit financier spécifique, appelé le sous-jacent : une action, une obligation, une matière première, une devise, un indice boursier, etc.

Ce contrat a deux particularités : il établit un prix potentiel de transaction, appelé prix d’exercice (strike) et a une date d’échéance, la date d’expiration.

En résumé, c’est un contrat signé pour acheter ou vendre un actif dans l’avenir (à la date d’expiration) à un cours fixé à l’avance (le strike).

contrat-entre-deux-parties

Une question de droits et de devoirs

L’acheteur de l’option a le droit :

… une quantité donnée du sous-jacent (usuellement 100 pour les actions) au prix d’exercice durant toute la période jusqu’à la date d’échéance.

Ce droit est une sorte d’avantage, qui se négocie donc à un certain prix, appelé prime (ou premium) que reçoit le vendeur d’option en compensation de son obligation de se conformer à la décision de l’acheteur.

Avant d’aller plus loin je vous propose de voir ensemble quelques exemples concrets de la manière dont les options sont utilisées dans la « vraie vie », dans l’économie réelle.

La Grèce antique utilisait déjà les options !

Le concept de contrat d’option entre acteurs économiques date déjà de plusieurs siècles. Cela ajoutait de la flexibilité au monde des affaires.

Dans la Grèce Antique déjà, Thalès, le célèbre mathématicien et philosophe grec, a utilisé les options pour se garantir un prix connu à l’avance de la location de pressoirs à olives.

pressoir à olivesEn hiver, les pressoirs sont quasi-inutilisés. Une année, pensant que la future récolte serait particulièrement abondante, il profite de cette période creuse pour négocier le droits d’utiliser les pressoirs au printemps suivant, à un très bon prix.

Le sous-jacent (l’objet principal du contrat) est ici le prix de la location des pressoirs à olives. Thalès paie un prix (= la prime de l’option) pour avoir le droit d’utiliser les pressoirs au prix fixé.

Il y a aussi une échéance : le printemps suivant.

Alors que la récolte des olives sera effectivement excellente, Thalès exerce ses options et loue l’utilisation des pressoirs aux autres à un prix plus élevé.

Il exerce ce droit car c’est intéressant économiquement. Si la récolte avait été mauvaise, le prix de location en période de récolte se serait négocié à un prix trop bas sur le « marché » (la place de négociation entre les propriétaires de pressoirs et les producteurs d’olives) et il aurait simplement perdu la prime de l’option (pari perdu).

Et elles servent aussi énormément dans l’agriculture

Un autre exemple de l’utilisation des options, c’est l’agriculture. Imaginez-vous un instant dans la peau d’un agriculteur producteur céréalier.

Nous sommes le 9 février 2015 et le boisseau de blé cote 5,2287 $.

cours du blé fev.2015Comme vous le constatez sur le graphique (en unité de temps hebdomadaire), la tendance est clairement baissière depuis juillet 2012 sur le cours du blé, même s’il y a parfois de forts rebonds.

Nous sommes à peu près au milieu du canal descendant. Si les prix rejoignent la borne basse de ce canal (qui passe vers 4 $), la situation serait très délicate pour vous, agriculteur. En effet, votre coût de production d’un boisseau de blé est d’environ 4,20 $…

Vous savez estimer plus ou moins votre future récolte en quantité (qui va, à la marge, dépendre des conditions météorologiques d’ici là) : entre 180 000 et 220 000 boisseaux.

En juin / juillet, vous allez donc vous retrouver avec environ 200 000 boisseaux à vendre au prix du marché à ce moment-là… prix qui, vu la tendance, pourrait être bien plus bas…

Que pouvez-vous faire pour vous assurer d’un revenu minimum et vendre, en quelque sorte, une partie de votre production en avance, sans pour autant connaître le prix du marché en juillet ?

Vous avez la possibilité d’acheter des puts, c’est-à-dire des options de vente.

Acheter un put vous donne le droit de vendre le sous-jacent (ici le blé) à un prix convenu à l’avance (le prix d’exercice = strike). Le droit de vendre, mais pas l‘obligation.

Par exemple, un put de prix d’exercice 5,20 $, échéance 26 juin, a une prime de 0,31 $ par boisseau.

Vous achetez ces puts pour environ la moitié de votre future production, soit 100 000 boisseaux.

Vous déboursez 100 000 x 0,31 = 31 000 $ maintenant, mais vous êtes sûr de pouvoir vendre 100 000 boisseaux de blé à 5,20 $ jusqu’au 26 juin, même si le prix du boisseau de blé sur le marché ne vaut que 4 $.

Deux scenarii sont possible le 26 juin :

Scenario 1 : Le prix du blé est inférieur à 5,20 $, vous exercez vos options puts.

Résumons la situation financière pour vous dans ce cas :

La différence est donc un revenu assuré minimum de 69 000 $.

Si vous n’aviez pas eu la possibilité de vous protéger grâce aux options, et si par exemple à le cours du boisseau de blé était de 4 $, le 26 juin, vous auriez vendu à perte puisque votre prix de revient est de 4,20 $.

Scenario 2 : Le prix du blé est supérieur à 5,20 $, par exemple 6,20$.

Dans ce cas de figure, vous n’exercez pas votre option. Vous vendez votre production au prix du marché.

Situation financière sur les 100 000 boisseaux :

Revenu de 169 000 $. Vous avez perdu la prime de l’option, car celle-ci ne valait pas la peine d’être exercée. Mais c’était le prix à payer pour l’assurance de vous garantir un certain revenu.

Conclusion :

L‘intérêt pour l’agriculteur de pouvoir utiliser des options est énorme, il protège une partie de son revenu et se prémunit en partie contre les incertitudes de l’évolution des prix.

Je vous laisse méditer sur ces exemples concrets, réels : ils vous montrent que pour une fois peut-être, les outils financiers sont utiles à la « vraie vie », indépendamment de la spéculation et de l’irrationalité des bourses. Je vous donnerai un autre exemple dès demain : nous verrons l’utilisation des options sur le marché de l’énergie.

photo Gael DMon nom est Gaël Deballe. Cela fait 10 ans que je suis actif sur les marchés financiers. Je suis initialement ingénieur Supelec, avec une formation complémentaire universitaire en économie générale et gestion de l’entreprise. J’ai également suivi une formation d’anticipation politique auprès du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique.

J’ai travaillé dans le secteur de l’électricité en France et en Suisse, notamment dans le trading d’électricité. Puis j’ai été formateur indépendant sur les options.

Passionné de voyages, de nature, de plongée, de découvertes, mais également de finances, j’ai changé l’orientation de ma vie : désormais je voyage et vis de mes revenus obtenus grâce aux options.

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Gaël Deballe
Gaël Deballe

Mon nom est Gaël Deballe. Cela fait plus de 10 ans que je suis actif sur les marchés financiers. Je suis initialement ingénieur Supelec, avec une formation complémentaire universitaire en économie générale et gestion de l’entreprise.

Pendant longtemps, j’ai travaillé dans le secteur de l’électricité, en France et en Suisse, notamment dans le trading d’électricité. En parallèle, je me formais sur les marchés financiers avec une prédilection pour les stratégies sur options. Et puis, un jour, je me suis senti près à lâcher mon « boulot confortable » et à me lancer, à vivre de mon trading. Ce que j’ai fait.

Par la suite, j’ai créé un site dédié aux stratégies de rendement sur options (et autres stratégies) : http://zen-option.com/ et je propose régulièrement des formations sur les options. Passionné de voyages, de nature, de plongée, de découvertes et de finances, j’ai pu changer l’orientation de ma vie et vivre de mes revenus obtenus grâce aux options… où que je sois dans le monde !

J’ai également suivi une formation d’anticipation politique auprès du « Laboratoire Européen d’Anticipation Politique », un think tank européen qui base ses travaux sur la « méthode d’anticipation politique ». Ce think tank est, par exemple, à l’origine du concept de « crise systémique » et travaille à analyser la géopolitique et la géostratégie de l’Europe avec le reste du monde. Les participants essayent d’anticiper l’avenir en imaginant toutes sortes de scénarios. Ce fut passionnant et cette formation m’a permis d’apprendre à « voir plus loin », à « imaginer l’avenir », les scénarios possibles.

Voici mon parcours… d’où je viens, comment je me suis formé.

Alors, quand les Publications Agora m’ont contacté, pour vous proposer mon savoir-faire et mon expérience sur les options, j’ai évidemment dit oui. Et quand, après l’avoir rencontré, Jim Rickards m’a proposé d’être son « analyste France » pour ses services… vous pensez bien que j’ai sauté sur l’occasion !

Cela fait un moment à présent que je suis les analyses de Jim. Cet homme est brillant, passionnant. Il a une vision complexe de la manière dont fonctionne le monde, les institutions ; il connaît les interconnexions entre marchés ; il connaît la géopolitique, la géostratégie… C’est un visionnaire, lucide. Et comme moi, il aime les stratégies sur options. Je suis donc ravi de travailler avec lui chaque semaine sur les scénarios qu’il envisage et vous proposer des trades sur options concrets pour jouer ses idées.

Vous pouvez retrouver les analyses de Jim Rickards et mes stratégies dans Alerte Guerre des Devises, Trades Confidentiels  et Intelligence Stratégique.

Je vous souhaite de bons trades,
Gaël Deballe

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