Comment jouer Carmat ?

Rédigé le 26 septembre 2013 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Si vous avez raté mon intervention sur CARMAT (FR0010907956) mardi après-midi sur BFM Business, voici un petit cours de rattrapage.

• Les premières implantations sont autorisées

Rappelez-vous, CARMAT nous propose de révolutionner la prise en charge d’un fléau mondial, l’insuffisance cardiaque en phase terminale, au moyen d’un coeur artificiel implantable. En mai dernier, le cours du titre a littéralement explosé en Bourse – s’appréciant de 60% en l’espace d’une séance. Pourquoi une telle euphorie ? La raison est simple. Le groupe venait tout juste d’annoncer avoir reçu l’autorisation de réaliser des implantations de sa bioprothèse cardiaque dans quatre pays (Belgique, Pologne, Slovénie et Arabie saoudite).

Ce mardi 24 septembre, c’est au tour de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) de délivrer son autorisation pour la France. Cela va dans le bon sens avec quatre patients recrutés dans les trois centres hospitaliers retenus sur notre territoire, prêts à participer à la première phase. Cette nouvelle, largement attendue, complète les autorisations obtenues en mai dernier. Les essais vont sans doute démarrer assez rapidement aussi bien à l’étranger qu’en France.

Comme vous le savez, je ne suis pas médecin. Je ne peux donc pas me prononcer sur les prouesses médicales qu’apporteront ou non ce coeur artificiel. D’ailleurs, bien peu de gérants ou de journalistes sont aujourd’hui capables d’analyser cela avec précision ou de le rapporter à l’actuelle valorisation de CARMAT. On sait néanmoins que le marché global est évalué à 16 milliards d’euros et que le prix d’un coeur coûterait autour de 0,16 million d’euros.

• Un coup de poker sur une promesse

En ce qui me concerne, ce que je peux vous dire c’est que le parcours boursier de la société réalise un sans faute depuis son IPO. Introduite à 18,75 euros en juillet 2010, l’action a grimpé au-dessus des 200 euros avant de se stabiliser dans une fourchette comprise entre 115 et 130 euros. La valorisation actuelle avoisine les 500 millions d’euros, ce qui n’est pas donné, vous en conviendrez.

Les gérants, eux font un tout autre calcul. Ils font fi des méthodes classiques d’analyses et préfèrent partir du principe que la valorisation de CARMAT se justifie par une belle promesse : endiguer un fléau mondial. En effet, s’il marche, le coeur artificiel deviendra très certainement l’une des plus grandes inventions du XXIe siècle – de celles dont on se souviendra encore d’ici plusieurs générations.

Le calcul des gérants est donc simple : il ne faut pas passer à côté d’une telle société, quitte à saupoudrer légèrement ses portefeuilles de CARMAT. Si c’est un échec, le gérant aura eu tort avec tout le monde et il sera vite pardonné. Si c’est un succès, et qu’il n’est pas investi dans cette société, il sera voué aux gémonies, critiqué par ses clients et raillé par ses supérieurs pour être passé à côté d’une si grosse pépite. Ils font donc ce que mon collègue Elias Roth appelle un coup de poker philanthropique.

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• Alors que faut-il faire ?

Voilà sans doute pourquoi, cher lecteur, le titre est tant travaillé par les investisseurs. Je vous conseille toutefois de rester prudent aux cours actuels – et je me place encore une fois d’un point de vue boursier et non d’un point de vue médical.

CARMAT dispose actuellement de 12 millions d’euros de cash, elle peut également disposer d’une equity line signée avec Kepler Cheuvreux selon la bonne vieille méthode du financement en fonds propres contre des actions. Le nombre d’actions émises à la fin de la période de 2 ans ne dépassera pas les 200 000, soit environ 30 millions d’euros supplémentaires. Mais, outre que cette ligne optionnelle est quelque peu dilutive, elle ne semble pas suffisante pour permettre au groupe de se développer.

Avec un cash burn de l’ordre de 1 million d’euros par mois, et partant du principe que nous sommes qu’au début du processus, je pense que le groupe ne pourra pas faire l’économie d’une augmentation de capital dans les prochaines années. Je vous réitère donc mon conseil de prudence.

 En tant qu’investisseur particulier, n’hésitez pas à sortir assez vite dès qu’une plus-value de 10% est constatée. Elle peut être faite rapidement, parfois en quelques heures de cotations. Avis aux spéculateurs…

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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Un commentaire pour “Comment jouer Carmat ?”

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