Comment copier Warren Buffett (légalement)

Rédigé le 24 février 2014 par | Autres indices, Big caps Imprimer

Par Sylvain Frochaux, directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Pourquoi se casser la tête à vouloir dénicher les meilleures actions lorsqu’il suffit de copier (légalement) les plus grands génies de l’investissement ? Pourquoi réinventer la roue ?

Imiter les légendes de Wall Street, car l’on parle ici du marché américain, est un grand classique de l’investissement. Et Warren Buffett est une cible particulièrement attrayante : ses performances sont extraordinaires, son track record remonte à plus d’un demi-siècle et – cerise sur le gâteau – « l’Oracle d’Omaha » est tenu depuis 1979 de dévoiler chaque trimestre les positions de sa société Berkshire Hathaway (car elle est cotée en bourse).

Puisque les positions sont rendues publiques, pourquoi donc ne pas simplement les répliquer de manière systématique ?

Cette question est précisément le point de départ de cette recherche*, qui analyse les performances des entreprises détenues par Berkshire Hathaway après que ces positions ont été rendues publiques.

Plus de 2200 transactions passées à la loupe

S’appuyant sur plus de 2200 observations entre avril 1980 et décembre 2006, les trois auteurs prouvent clairement (et sans équivoque) que la performance d’un portefeuille qui se calque bêtement, si j’ose dire, sur les positions prises par Berkshire Hathaway dès que celles-ci sont rendues publiques est d’une amplitude remarquablement similaire à celle enregistrée par la société elle-même. Soit un rendement excédentaire, c’est-à-dire en plus de ce que génère le marché (ici l’indice S&P 500), de 6% à 6,6% par an suivant les configurations.

Pour les plus paresseux d’entre nous, les auteurs démontrent qu’il ne sert finalement pas à grand-chose d’être particulièrement pressé. L’admirateur-copieur qui répliquerait systématiquement les positions de Buffett exactement deux mois après chaque publication trimestrielle officielle (ce qui est bien lent, avouons-le), continuerait à surperformer le marché de 5% par an.

Et si deux mois semblent trop rapides à votre goût (à quoi bon se précipiter), la surperformance reste de 4% par an si les positions sont matérialisées une année après chaque publication. Une année, oui, vous avez bien lu.

Une surperformance de 10,8% par an

Pour étoffer cet argumentaire, penchons-nous sur d’autres études similaires, indépendantes l’une de l’autre, qui tentent de répondre à la même question : peut-on bel et bien surperformer le marché en répliquant les choix de Buffett ?

En analysant la période courant de 1976 à 2006, les auteurs de cette deuxième étude* concluent qu’un portefeuille qui copie systématiquement les investissements de Berkshire Hathaway au début du mois suivant la publication officielle a permis de générer un rendement excédentaire de 10,8% par rapport au S&P 500. La différence de performance entre les deux études s’explique simplement par la période sous revue. Cette deuxième recherche inclut les années 1976 à 1979, période durant laquelle Warren Buffett a obtenu une surperformance de 60% par an.

Une autre raison qui rend le grand Warren si attractif est que ses performances ne doivent rien à la chance ou à des cycles favorables. En près de 50 ans de carrière, Buffett a traversé toutes les conditions de marché imaginables, ce qui ne l’a pas empêché de devenir l’homme le plus riche du monde en 2008 (selon Forbes). Mieux encore, ses investissements durant la crise financière de 2008 se sont révélés particulièrement prolifiques.

Cette troisième étude* analyse justement les principaux investissements en actions de Berkshire Hathaway entre 2008 et 2013. Au pic de la crise, entre 2008 et 2009, Buffett a ainsi investi 24 Mds$ dans des sociétés fondamentalement saines, mais affectées par l’assèchement des liquidités et du crédit. L’auteur de cette recherche attribue les fortes performances obtenues à trois facteurs : la sélection de sociétés peu risquées et sous-évaluées ; le recours à un endettement peu coûteux et la capacité unique de négocier des conditions extrêmement favorables.

On peut y ajouter un sens du timing hors du commun. Par exemple lorsque Warren Buffett investit 5 Mds$ dans Goldman Sachs le 27 septembre 2008, quelques jours seulement après la faillite de Lehman Brothers. Le 1er octobre dernier, cette opération lui a rapporté la bagatelle de 2 Mds$…

Un Sommet à la hauteur de vos attentes

Même s’il est octogénaire, Buffett n’est en rien un has-been. La preuve : une remarquable nouvelle étude* vient d’analyser son portefeuille en profondeur – ce qui, curieusement, n’avait encore jamais été réalisé de manière aussi chirurgicale jusqu’ici.

Les auteurs y dévoilent notamment de nouveaux résultats croustillants expliquant, dans les moindres détails, comment Berkshire Hathaway parvient à gagner plus de 19% de plus que le marché par an. Et surtout comment un investisseur (vous ?) peut construire une stratégie qui suit religieusement des critères de sélection proches de ceux utilisés par Buffett en personne.

Voici un graphique qui montre ce qui vous attend. Vous remarquerez que les performances sont mêmes supérieures à celle de sa holding, puisque cette stratégie investit uniquement sur le marché actions, ce qui est loin d’être le cas de Berkshire.

portefeuille répliquant Buffet

Cette recherche sera expliquée en long et en large dans l’édition à venir du mois de mars de notre newsletter Straight from The Lab. En attendant, les études mises à disposition gratuitement sur notre site* devraient vous satisfaire.

Par ailleurs, et pour conclure, je tiens à signaler à toutes les personnes soucieuses d’appliquer une rigueur scientifique à leurs investissements, au détriment de ce que j’appelle le vaudou, que je présenterai le mardi 1er avril, lors du Sommet 2014 de l’investissement des techniques méconnues (à tort !) pour gagner entre 20% et 40% par an, grâce aux dernières avancées scientifiques en finance. Et, ceci, en toute décontraction.

Les places étant limitées, je vous recommande toutefois d’agir rapidement…

Merci de votre confiance !

* Toutes les études mentionnées dans cet article, et bien d’autres encore, peuvent être consultées en vous enregistrant sur notre page spéciale “Agora”.

 

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Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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