Comment calculer le montant maximum à investir sur une petite / moyenne valeur

Rédigé le 1 décembre 2014 par | Apprendre la Bourse, Mid et Small Caps, Toutes les analyses Imprimer

Quand je m’apprête à passer un ordre sur une action qui ne fait pas partie du CAC40, je jette toujours au préalable un oeil sur son carnet d’ordres. 

La première chose à faire est de regarder la composition du carnet d’ordres afin d’évaluer la liquidité du titre. Pourquoi ? Vous allez voir.

Prenons un exemple parmi les valeurs connues et en « en vue » du compartiment B : Nexity (FR0010112524). Imaginez que vous vous apprêtiez à placer ne serait-ce que de 10 000 euros sur le titre.

L’action cote ce matin 30,93 €. C’est la dernière transaction (le « prix du marché ») tel que vous le voyez affiché sur la plateforme de passage d’ordre (au moment où j’écris, un nouvel ordre vient d’apparaître à 30.935 € mais il n’a pas été exécuté.

exemple d'un carnet d'ordres

Vous appuyez sur le bouton « achetez » de votre compte titres… l’ordre d’achat part et…. vous êtes exécuté non pas à 30.93 €, mais à un prix moyen pondéré qui tourne aux environs de 30.99 €

Pourquoi ? 

À cause du phénomène de « slippage » ! La traduction littérale de « slippage » est tout simplement « dérapage ». 

Le risque de slippage quand le carnet d’ordres n’est pas assez profond

Le slippage, c’est la différence de cours entre le cours souhaité par l’investisseur au moment du trade, et le cours auquel le trade est réellement exécuté. Il est souvent lié au spread (écart entre la meilleure offre de vente et le meilleur ordre d’achat), mais est aussi généré par l’investissement lui-même lorsqu’il passe un ordre trop important, hors de proportion avec ce que la liquidité du carnet d’ordres peut absorber. 

Ici, pour absorber un achat de 10 000 €, les transactions d’achat vont venir taper instantanément les ordres de vente (encadrés en rouge) et les absorber.

Faites le calcul : (30.97 € x 81 actions = 2 508 €) + (30.985 € x 32 = 990 €) + (30.99 € x 64 = 1 983 €) + (31.00 € * 102 = 3162 €) + (31.05 € x 51 = 1 581 €) = 10 225 €.

Pour que votre ordre de 10 000 € soit exécuté, il a donc fallu ratisser tous ces ordres avant et absorber pratiquement l’intégralité de la dernière ligne de vente qui se situe à 31.005 €

Votre prix moyen pondéré se trouve être 30.99 €, soit environ 0.2% de différence en votre défaveur entre le prix du marché et votre cours d’exécution (hors frais de transaction). Bon, vous me direz, 0.2%, ce n’est pas dramatique, surtout si vous achetez pour du moyen terme.

Certes. Mais ce qui peut devenir dramatique, sur ce genre de valeurs (et encore pire si elles sont plus petites !), c’est le risque de liquidité.

Imaginez un instant que vous soyez en position à l’achat et qu’une mauvaise nouvelle vienne percuter le marché – un profit warning par exemple ou une mauvaise publication de résultat. 

Vous décidez alors de « sortir » du titre ; vous vous précipitez sur votre ordinateur, ouvrez la plateforme de votre broker et appuyez sur « Vendre ».

Que se passe-t-il dans le marché ? 

Non seulement les acheteurs potentiels qui avaient des ordres en attente les annulent immédiatement. Le côté « acheteur » du carnet d’ordre se trouve déserté. Mais en plus, vous ne serez certainement pas le seul à vouloir solder votre position… et ne rêvez pas : vous ne serez sûrement pas le premier. Une vague d’ordres de vente en provenance de ceux qui sont déjà à l’achat sur le titre et qui veulent se désengager va donc venir frapper le carnet d’ordres.

Et là, imaginez ce qu’il advient si ne serait-ce que 20 investisseurs, comme vous, voulaient vendre en même temps leur position de 10 000 € ! Et là, je ne parle même pas d’un gestionnaire de fonds (SICAV / FCP) qui se mettrait à liquider ses positions !

Le carnet d’ordres est donc incapable d’absorber cet afflux de vente. Et là, les cours vont vraiment plonger. Alors oui, vous allez sortir votre position… mais avec une perte bien supérieure au modeste slippage que nous venons d’identifier. C’est cela, le risque de liquidité. Et c’est beaucoup plus sérieux que le risque de slippage !

Vous pouvez facilement perdre 10% simplement à cause d’un carnet d’ordres démuni.

Alors, que faire pour éviter ces risques liés aux mid et small caps ?

Pour tout vous dire, j’ai Nexity en portefeuille. J’ai donc calculé ma position maximale avant ‘appuyer sur « Acheter » de la façon suivante. J’ai étudié le carnet d’ordres et ai évalué, au jugé, la taille moyenne des ordres d’achat et de vente qui le composent. 

Sur Nexity, à vue de nez, la transaction moyenne qui vous éviter le risque de slippage doit être d’environ 100 actions. 

100 actions à environ 31 € = un montant maximum absorbable par le carnet d’ordres nous donne un montant 3.100 €. Disons même 3.000 € pour être raisonnable. Pas plus !

Quel que soit le potentiel théorique d’une action ou quelle que soit mon opinion à son sujet, je veux pouvoir vendre en sachant que ma position sera absorbée facilement par le carnet d’ordres. 

Dans cet exemple, dépasser cette limite, c’est prendre un risque supplémentaire dont franchement vous devriez vous passer. 

A faire : Vérifiez bien le carnet d’ordres avant d’acheter : vous allez avoir des surprises même sur des valeurs jugées « liquides » du compartiment A d’Euronext – les soit disant « larges Caps ». Et n’oubliez pas : moins une action est liquide, plus elle sera volatile.

Ndlr : Gilles vit de son trading depuis plus de 20 ans. Autant dire que sa stratégie et ses conseils sont ultra-précieux. Eh bien il a mis en place une série de 6 Webinaires de trading, ultra-pédagogiques, dans lesquels il vous dit exactement quelle est sa méthode ! Au programme :

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Gilles Leclerc
Gilles Leclerc
Trader

Gilles a tout d’abord commencé dans la grande finance. Avec un MBA de la prestigieuse université américaine de Hartford, il a ensuite intégré la direction Financière IBM Europe et ensuite d’IBM Corporation (headquarters mondial). Puis, peu à peu, la passion boursière le gagnant, il s’est tourné vers les activités de trading.

Cela fait maintenant 20 ans que Gilles trade sur les marchés et il se consacre exclusivement à cette activité depuis une dizaine d’années.

Dès 2008, il fut l’un des premiers à pressentir les modifications profondes qu’allaient occasionner l’utilisation intensive des algorithmes sur les marchés financiers ; il a su s’adapter en mettant en place de nouvelles stratégies de trading répondant à ce nouvel environnement. Il créa donc son propre système de trading tout à fait spécifique et basé sur des concepts innovants.

De façon à prouver la validité de son approche, il reste l’un des rares traders/analystes à poster régulièrement ses prises de position en « Live » sur un site d’Analyse Technique de renommée ( Univers Bourse ) où il partage l’intégralité sa méthodologie.

Il intervient désormais dans La Bourse au Quotidien afin de partager son expérience et de proposer ses analyses et sa méthode au plus grand nombre.

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