Comment bien jouer le potentiel des small caps

Rédigé le 20 avril 2012 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Peu liquides, trop volatiles et trop risquées… les petites valeurs ne sont pas faites pour vous ? FAUX ! Elles ont tout à fait leur place au sein votre portefeuille et sauront le dynamiser rapidement et efficacement.

 Comme l’explique si bien Eric :

« Les petites capitalisations ont l’avantage d’être parfaitement adaptées à l’investisseur particulier, contrairement aux blue chips qui ne reflètent que trop rarement l’économie réelle. »

Leur atout principal ? C’est indéniablement leur tendance à surperformer les blue chips, ces grosses valeurs réputées « sûres »… encore que… regardez la chute de TOTAL suite à l’annonce d’un problème de fuite dans un puits en mer du Nord : -6% ! Regardez également comment les bancaires peuvent dévisser… Pour le dire autrement, les big caps sont ennuyeuses à jouer dans la hausse des marchés – car péchant par excès de stabilité – et trop corrélées aux événements macro-économiques.

Il n’y a qu’à regarder le différentiel de performance entre le CAC 40 et les indices petites et moyennes valeurs pour s’en rendre compte. En effet, si au cours de ces trois dernières années, le CAC Mid & Small affiche une belle performance de 37,6% et le CAC Small de 37,47%… le CAC 40, lui, fait plutôt pâle figure avec ses timides 7,06%. Cette tendance structurelle se vérifie encore en ce début d’année. Depuis le 1er janvier notre indice petites et moyennes valeurs progresse de 9,05%, le Small de 8,16% alors que, dans l’intervalle, le CAC 40 s’adjuge seulement 0,68%.

Dans une autre mesure, durant les épisodes correctifs, les small et mid caps font preuve d’une certaine résistance. Eric vous le démontrait d’ailleurs lundi dernier :

« La semaine a été éprouvante sur les places financières avec des reculs très marqués, notamment mardi et vendredi. C’est ainsi que le CAC 40 a perdu plus de 4% en l’espace de quatre séances tandis que l’indice CAC Mid & Small a cédé 1,2% et l’indice CAC Small, seulement 1,4%. Ce différentiel de performance est dû bien sûr à la moindre pondération des valeurs bancaires dans le monde des petites et moyennes capitalisations. Car ce sont principalement les banques françaises qui ont eu une semaine catastrophique avec des chutes de l’ordre de 12% pour la Société Générale ou encore de 8% pour BNP Paribas…

L’autre raison qui explique la meilleure résistance de notre compartiment de petites valeurs est qu’elles évoluent sur des niches porteuses, souvent assez déconnectés des cycles économiques. Le poids des cycliques dans nos small caps n’est pas très important… Et il n’y a pas les Lafarge, Saint-Gobain ou autre Arcelor Mittal en équivalent dans notre univers. Du coup, le ralentissement de la croissance chinoise annoncé en fin de semaine dernière n’a pas eu réellement d’impact sur les small. »

Alors ? Plus c’est small, plus c’est beautifull ?

Méfiance, cher investisseur. Il n’y a pas de fumée sans feu et, si les clichés de liquidité, volatilité et risques sont ancrés dans la tête de tout investisseur, c’est tout simplement parce qu’il y a, il faut le reconnaître, une part de vérité. L’hiver dernier, par exemple, les small caps se sont retrouvées complètement décorrelées des grosses valeurs : elles ont pris le rebond avec retard – tout comme elles avaient chuté, cet été, avec retard également. Et les mouvements ont été violents – dans les deux sens. La raison ? Le désengagement ou l’entrée rapide des gérants. Donc, si leur capacité de rebond peut être effectivement vertigineuse, en cas de correction, leur chute peut l’être tout autant.

Pour éviter toutes déconvenues, il existe une règle simple, quand vous investissez sur des small caps : vous fixer le niveau de perte que vous êtes prêt à encaisser. En d’autres termes, il vous faut absolument établir un scénario d’investissement à l’avance. Comme le constate mon collègue américain Greg Guenthner :

« Trop souvent, les débutants se basent sur les prix des actions pour déterminer la taille du portefeuille (combien puis-je en acheter ?). Vous devriez plutôt vous baser sur votre seuil de perte (combien puis-je me permettre de perdre ?) pour savoir combien d’opérations vous pourrez effectuer. C’est comme cela que vous saurez où allouer votre argent, comme un professionnel. »

Ca, c’est une base. Bien évidemment elle ne fait pas tout. A l’image d’un explosif, les small caps sont des produits sensibles et, par conséquent, à manier avec la plus grande précaution. De ce point de vue, n’oubliez pas qu’Eric est là pour vous guider. D’ailleurs, si vous nous lisez régulièrement, vous savez qu’il teste actuellement, avec une poignée d’entre vous (150 investisseurs précisément), son futur service pour jouer des mouvements rapides sur les small caps. Allons voir cela de plus près et infiltrons-nous dans les coulisses du bêta test en cours…

Dans les coulisses du Club Small Caps

Je ne peux rien vous dévoiler quant aux recommandations en cours – période de test oblige ! Mais, sachez que, outre les points réguliers sur les positions en portefeuille, Eric fait, tous les lundis, un point détaillé de marché. Les testeurs qui le suivent, quant à eux, lui demandent régulièrement d’analyser certaines sociétés en plus de celles déjà intégrées au portefeuille du Club – exercice auquel Eric se prête volontiers.

Il répond également aux différentes questions de nos testeurs. Méthode, astuces, tout est passé en revue. Dernièrement d’ailleurs, l’un d’eux posait la question suivante :

« Je comprends bien que, du point de vue ‘pédagogique’ et de conseil qui est le vôtre, prendre une base de 10 000 euros est tout à fait pertinent et commode. Mais l’investisseur, convaincu de l’intérêt des small (et des mid), compte tenu de vos choix de valeurs et de la limitation du nombre de membres du Club à 150, devrait en fonction de ses moyens, pouvoir mettre plus sans trop risquer de perturber le marché.

En effet, si tous les membres du Club se positionnent en même temps pour 1 000 euros sur une valeur que vous recommandez, cela ne fait guère que 150 000 euros.

Il me semble, et je conviens que c’est un peu plus compliqué, que votre recommandation devrait pour chaque cas tenir compte du flottant du titre offert sur le marché, en rappelant que le poids relatif de la ligne fait partie des règles d’ordre général sur le partage des risques dans un portefeuille, à charge donc pour chacun d’en déduire la quantité qu’il peut se permettre d’investir. »

Voici la réponse d’Eric :

« En fait, mes conseils tiennent évidemment compte du flottant. Ils sont en général assez liquides et il n’y a pas de risque de corner (que les titres montent fortement sans contrepartie). De plus, nous évitons les capitalisations inférieures à 20 millions d’euros pour ne pas provoquer des envolées irrationnelles. Mais comme vous le savez, nous sommes en phase de test, donc je préférais voir comment vous réagissiez, et comment se comportaient les titres. Je n’écarte pas de pouvoir vous recommander de mettre 2 000 euros sur une ligne si j’ai une très forte conviction. D’autre part, étant donné que j’ai lancé ce test au moment où les indices approchaient de leurs plus-hauts, j’ai préféré vous proposer de petites lignes.

Alors oui, bien évidemment, vous êtes libre d’investir la somme que vous souhaitez. Mais d’une manière générale, je préfère rester sur ce modèle prudent, sauf cas exceptionnel ! »

A la question « Avez-vous l’intention de mettre des ordres stop à la vente ou à défaut d’indiquer des limites de pertes potentielles ? » Eric explique que :

« Pour ce qui est des ordres stop à la vente, je suis mitigé. Si je mettais un stop, je le placerais autour de -10%. Sauf que pour moi, la chute doit se faire dans de très forts volumes pour justifier toute sortie. Or, si on place un stop, même en cas de faible volume, vous serez exécuté… Sur les small caps, je ne suis pas sûr que les stops soient une bonne chose car justement, les titres sont très volatils et peuvent perdre facilement 10% dans de faibles volumes, cela arrive. Donc à moins que la grande majorité d’entre vous soit des aficionados du stop loss, je préfère ne pas en mettre de manière systématique, sauf pour sécuriser nos gains le cas échéant. »

Voilà pour aujourd’hui. Si vous souhaitez que je continue à vous relayer les interventions pédagogiques d’Eric à ses testeurs, n’hésitez pas à me le faire savoir à l’adresse suivante :
la-redaction@publications-agora.fr

[Ndlr : apprendre à calculer la taille de ses positions en fonction de ce que vous êtes prêt à perdre, c’est le B.A.Ba de toute stratégie. Si vous débutez et que vous êtes un peu perdu, nous avons rédigé un dossier spécial, justement pour vous permettre d’avoir les bases de ce que l’on appelle, le « money management ». Cliquez ici pour le commander.]

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