Comment bien appréhender le SRD

Rédigé le 8 juin 2018 par | Apprendre la Bourse, Trading, Bourse Imprimer

LevierAprès mon article de mardi concernant les bases en matière d’ordres de Bourse, je vais vous parler de ce qu’est « l’effet de levier ». Pour l’utiliser, l’un des outils est le SRD (Service de règlement différé).

Contrairement à un ordre « comptant » (vous investissez le nominal de votre position, par exemple vous dépensez 5 000€ afin d’acheter 100 actions Total à 50€ / pièce), un ordre au SRD requiert moins de capitaux engagés. Comme son nom l’indique, le SRD vous permet en effet d’acquérir (ou de vendre, on le verra ensuite) des titres pour un montant supérieur à vos liquidités puisque le règlement est « différé ».

Concrètement, si vous ne disposez « que » de 2 000€ de liquidités, vous pouvez par exemple être exposé sur des actions Total à un instant « T » sur le marché à hauteur de 10 000€. Vous êtes alors en levier de 5 (si vous voulez investir du cash sur des actions, on vous autorise en général un levier de 2 à 5).

Comment le broker peut-il accepter qu’avec 2 000€ vous soyez engagés sur 10 000€ ?

Eh bien le broker va prendre une garantie : il va vous demander un « dépôt de garantie » ou une « marge » à immobiliser, en fonction de la volatilité et de la liquidité du sous-jacent. Cette marge sera par exemple plus importante sur un titre volatil comme Soitec que sur une big cap comme Sanofi.

Pour faire simple, disons que si vous voulez être exposés à 10 000€ sur le marché, votre courtier vous obligera à avoir au minimum de 20 à 30% de la valeur nominale de la position en cash disponible (je rappelle cependant que toutes les valeurs ne sont pas éligibles au SRD : il existe des critères d’éligibilité en fonction des volumes ou encore de la capitalisation boursière de l’action).

Quand ça tourne mal ? Attention à « l’appel de marge » !

Imaginez : vous avez 2 000€ de cash et vous avez une autorisation pour être en levier 5 sur Total : vous êtes donc exposé à hauteur de 10 000€. Le risque, c’est que si Total chute de 20%… vous perdez alors 2 000€ sur votre exposition de 10 000€ et là, votre courtier vous appelle (au mieux) pour couper automatiquement votre position (ce qu’il fera de toute façon) : vous avez alors perdu l’intégralité de votre mise !

Avoir un levier sur le SRD est donc bien plus risqué qu’être investi « normalement », puisque sans levier, dans notre exemple, vous ne perdiez « que » 20% de votre investissement de 2 000€.

Attention au calendrier

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Une notion importante à connaître est également le jour de liquidation. La liquidation intervient cinq jours avant la fin du mois calendaire (le prochain jour de liquidation étant le mardi 26 juin). A cette date, vous aurez deux options : proroger votre position sur le mois suivant (ce qui entraînera un coût) ou la clôturer (en gain ou en perte selon le marché).

A noter également que quand vous passez par le SRD, votre courtier vous facture une commission de règlement différé (CDR) qui peut être comparée aux intérêts payés à votre banque dans le cas d’un prêt immobilier.

A titre d’exemple, voici une grille tarifaire qui met en lumière les écarts de coût (report de position d’un mois sur l’autre, commissions etc.) sur un panel de courtiers (les coûts ayant potentiellement changé depuis).

Enfin, et pour en terminer avec cet aspect, vous pouvez évidemment déboucler votre position à tout moment. Il n’est en effet pas nécessaire d’attendre le jour de liquidation du mois boursier pour sortir d’une position.

Avec le SRD, vous pouvez aussi gagner de l’argent quand les marchés baissent

En pratique, l’intérêt du SRD est donc d’une part l’effet de levier, mais aussi le fait de pouvoir jouer la baisse.

Le SRD consistant en une activité de prêt/emprunt de titres (votre courtier empruntant les titres pour vous), vous pouvez ainsi vendre à découvert une action pour parier sur sa baisse et dans l’idée de la racheter plus bas : vous empochez ainsi la différence…

Par exemple, vous anticipez une baisse de Total de 20% : vous pouvez vendre à découvert Total à 100€ aujourd’hui : si vous avez raison, vous rachèterez Total à 80€, et empocherez la différence.

Les turbos présentent de nombreux avantages

Cependant, pour être tout à fait honnête avec vous, je ne suis pas un grand fan du SRD : soit j’achète mes actions directement en cash dans mon PEA (pour des raisons d’avantages fiscaux évidents) ; soit j’utilise des produits dérivés directement sur mon compte-titres.

Si vous voulez de l’effet de levier, vous disposez d’une alternative, les turbos. Ici, pas d’histoire de marge, de coût journalier de tenue de position ou de question calendaire : avec les turbos, le levier est intégré au produit. Vous achetez le produit « cash », comme une action, tout simplement.

Il existe deux types de turbos : les calls, pour jouer la hausse d’un actif, et les puts, pour jouer la baisse d’un actif : dans les deux cas, vous, vous n’avez qu’à acheter le turbo et l’effet de levier fait le reste (c’est d’ailleurs comme ça que nous faisons des gains de 20% à 75% en une seule séance ! Je vous laisse voir ici comment gagner 800 € en quelques heures) !

Les turbos ont également le mérite d’offrir un risque connu d’avance et modéré (la perte de la prime dans le pire des cas, alors que le SRD peuvent davantage vous faire perdre en cas de « cygne noir ») et d’offrir une certaine diversification en matière de sous-jacents. En effet, les turbos ne se cantonnent pas forcément aux seules actions et permettent d’aller sur les indices, les taux ou encore les matières premières.

Nous en avons eu une preuve éclatante avec nos derniers puts sur le Brent qui, pris dans la continuité de mon article de la fin de semaine dernière, viennent d’être soldés à +31% ! Sympathique, cette baisse des cours du pétrole depuis deux semaines… ! Profitez dès lundi de mon conseil par SMS en vous inscrivant ici.

Ordres de bourse : les trois bases à retenir

Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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