Chine, pétrole et Banques centrales à l’épicentre de la panique

Rédigé le 18 février 2016 par | Analyses indices, Autres indices, Cac 40, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses, VIX Imprimer

Le moins que l’on puisse dire est que la volatilité est de retour en 2016. L’illustration la plus simple est de regarder le VIX, l’indice de la peur… Il est passé de 15.90 fin novembre aux alentours de 27 points la semaine dernière. Cela représente une progression de près de 70%. 160218_VIX

En fin de semaine dernière, les indices sont passés du mode « fin du monde » à « y’a d’la joie » en quelques heures. Après un plus-bas de 16 mois, le SP500 a finalement terminé la semaine sur un net rebond. Nous avons à faire à « des marchés très émotifs » ! Tels un maniaco-dépressif, le passage d’un état à l’autre se fait subitement pour des raisons parfois évidentes et parfois… beaucoup moins.

Je sais que Mathieu vous en parle régulièrement dans ses points de marchés, mais aujourd’hui, je voudrais faire un point sur les trois grands facteurs qui émeuvent tant les marchés…

La Chine

Face à la panne de consommation des pays développés et à l’incapacité des pays émergents à prendre le relais convenablement, la Chine était un peu vue comme la solution unique. A la fois terre d’avenir pour les exportateurs avec ces 1,4 milliards d’habitants, elle est également leur plus gros concurrent en tant que véritable usine du monde.

Sauf que… les derniers chiffres ne trompent pas. Les exportations ont chuté de plus de 11% en janvier (annuel) et les importations de plus de 18.8% !

L’autre catalyseur est la maîtrise par la Chine de sa monnaie : le yuan a rebondi de plus de 1% lorsque la BPoC a démenti tout contrôle de capitaux… Toutefois, la devise reste sous haute surveillance car la guerre des devises est déclarée avec le dollar. La Chine garde donc le contrôle tout en ménageant l’opinion étrangère pour préserver la récente entrée de Renminbi dans les DTS, le panier international du FMI…

La Chine reste ainsi le catalyseur majeur pour les marchés tant le ralentissement inquiète et pourrait être violent étant donné la démesure du pays.

Le pétrole

La nervosité est de plus en plus forte sur l’or noir. Hier, les responsables saoudiens, vénézuéliens et russes se sont rencontrés à Doha pour essayer d’enrayer la baisse du baril. Même le Qatar est monté au créneau

Mais l’Iran joue le trublion de la fête : la fin des sanctions américaines libère ses stocks et le pays n’a aucune envie de limiter sa production « tant qu’elle ne sera pas revenue au niveau d’avant les sanctions ». (Ndlr : Sur le sujet, je vous conseille vivement de vous connecter lundi soir et de regarder l’analyse de Jim Rickards : il vous expliquera que le problème du pétrole risque de déboucher sur un énorme Choc monétaire, qui pourrait remettre en cause l’ordre mondial. Inscrivez-vous maintenant ici, l’intervention de Jim Rickards est gratuite).

Du coup, malgré des soubresauts rapides et parfois violents, le pétrole reste dans un cycle baissier proche de ses récents plus bas. Le WTI repassait d’ailleurs hier matin sous 29$.

Mais l’important n’est pas là.

Si le pétrole était un catalyseur important de la baisse (craintes chinoises, baisse de consommation, et surproduction), il n’en va pas de même pour la hausse. Car les rebonds du pétrole ne se réalisent que sur des rumeurs, des accords un « gel » de la production, mais en aucun cas sur des facteurs tangibles tels que reprise économique et rebond de la consommation.

A ce titre, je vous invite à la plus grande prudence sur la hausse du baril et surtout à sa décorrélation probable dans les semaines qui viennent des marchés actions.

Les banques centrales

L’époque où les banques centrales provoquaient une hausse des actions avec seulement quelques phrases rassurantes est révolue.

LA BCE est engluée dans ses mesures d’assouplissement qui ne règlent pas les problèmes structurels de la Zone euro. Weidmann a d’ailleurs déclaré mardi que le Quantitative Easing de la BCE n’était pas utile…

La FED est dans un épais brouillard, prise au piège par le signal donné en décembre de relèvement des taux… mais face une économie fragile. Janet Yellen est désormais incapable de donner la moindre perspective sur le chemin de la politique monétaire.

Son confrère de la Fed, Mr Bullard, ne l’a d’ailleurs pas épargnée mardi dernier en déclarant que le dernier communiqué était « flou » et que le FOMC devrait donner plus de « guidances ».

Après avoir fait le « job », les banques centrales semblent bien avoir atteint le bout du chemin et ne pourront désormais plus supporter à bout de bras comme ces trois dernières années une tendance boursière artificielle.

Le DAX peut reprendre 10% sans remettre en cause la baisse !

Après ce constat vient la question évidente : que faire ?

La baisse des indices semble se calmer et, même si la tendance baissière reste d’actualité, un répit peut se mettre en place. Comme vous le verrez sur le graphique ci-dessous, les retracements de Fibonacci sont très utiles pour mesurer le potentiel d’un rebond.

Je vais me pencher sur l’indice allemand, le DAX (très lié à l’activité chinoise par les exportations), car il pourrait rebondir de 10% sans remettre le moins du monde en cause la tendance baissière.

160218 Dax

Ainsi à court-terme, il pourrait y avoir de belles opportunités à travailler dans les deux sens.

Concernant le Dax, un passage au-dessus de 9 350 serait le déclenchement probable d’une nouvelle vague de rebonds vers 9 700/740 avec une extension possible à 10 000 points, une zone hautement importante pour la suite.

Ce scénario reste valable tant que le plus bas à 8 690, mais surtout la zone à 8 500 tiendra en support. Sous ces zones, le support à 7 680 sera le prochain objectif.

Bons Trades.

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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