Gel des crédits en Chine : fin de la récré sur les marchés

Rédigé le 21 janvier 2010 par | Big caps Imprimer

Après la hausse du taux de dépôt et le relèvement des réserves obligatoires des établissements de crédit, la Banque centrale chinoise annonçait mercredi matin (le 20/01/2010) qu’elle avait l’intention de limiter l’expansion du crédit bancaire.

Une petite restriction pourrait avoir de grands effets

Le président de la Commission chinoise de régulation bancaire, Liu Mingkang, indique cependant qu’il n’est pas question de geler le crédit en 2010 mais d’en contrôler le rythme de croisière. Pas question de contraindre les banques à suspendre les prêts, de façon temporaire ou plus prolongée, démentant ainsi une rumeur qui commençait à circuler depuis le début de la semaine.

L’objectif serait de contenir le volume des nouveaux crédits sous la barre des 7 500 milliards de yuans (773 milliards d’euros) cette année contre 9 590 milliards de yuans (966 milliards d’euros) l’an passé. Cela représente une décrue de -20% ; et cela nous semble difficile à orchestrer compte tenu des mauvaises habitudes prises ces derniers mois. Voyez-vous, le taux de croissance avait été vertigineux en 2009. Selon la Banque centrale, il aurait été de +95%, soit un quasi-doublement. Ce sont 4 690 milliards de yuans supplémentaires par rapport à une année 2008 déjà « olympique »… où tous les records avaient été battus !

Nous ne savons pas si une contraction de 20% de la masse des crédits distribués en 2010 est un objectif réalisable mais nous parions que même si Pékin parvenait seulement à contenir le volume des nouveaux crédits sous la barre psychologique des 1 000 milliards de yuans, les agents économiques considèreraient que les conditions sont devenues plus restrictives.

Attention aux répercussions boursières de la fermeture des vannes !

Pour schématiser, la courbe d’accroissement du crédit en 2009 fut pratiquement calquée sur celle de la Bourse : la hausse de Shanghai ou Shenzhen est gouvernée par la liquidité et il s’agit typiquement d’un processus de formation de bulle.

Il faut toujours plus d’argent, à nombre de titres égal en portefeuille, pour pratiquer une rotation sectorielle. En ce qui concerne les « achats pyramidaux » (plus un titre grimpe, plus la théorie quantitative plaide en faveur d’un renforcement graduel des positions), il faut donc emprunter chaque fois d’avantage pour acquérir le même nombre de titres que la fois précédente, sans que les gains globaux progressent dans les mêmes proportions.

Les investisseurs les mieux informés et les plus à même de calculer les conséquences d’un credit crunch (même très partiel) voulu par le gouvernement chinois et la BCC travaillent certainement à Hong Kong. Ce n’est donc pas un hasard si l’indice Hang Seng a décroché de 1,8% sous les 21 300 points mercredi matin, ce qui change carrément la donne du point de vue chartiste.

Les signaux indiquent un retournement de l’indice chinois

La Bourse de Hong Kong vient d’enfoncer le support oblique ascendant moyen terme des 21 600 points et le récent plancher des 21 460 points : elle semble ainsi confirmer le scénario de consolidation induit par l’inflexion baissière des oscillateurs weekly.

Bourse de Hong Kong en weekly

En cas d’enfoncement des 21 000 points, l’indice Hang Seng validerait une tête/épaules sous les 23 000 avec les 20 300 en ligne de mire puis les 19 520 points (planchers du 3 octobre et du 2 septembre) et enfin, la fermeture du gap des 18 855 points du 17 juillet.

Oui, je sais. Les puristes pourraient objecter que l’indice Hang Seng vient de plafonner par deux fois sous les 22 550, le premier pullback a eu lieu le 3 décembre 2009, le second le 7 janvier à l’ouverture. Ceci constitue une entorse au schéma classique de formation d’une E/T/E (épaule/tête/épaule)… mais la figure redeviendrait parfaitement symétrique (aussi bien géométriquement qu’en rythmicité) en considérant le test des 22 000 points du 17 septembre comme la phase initiale de la formation d’une « double épaule/tête/double épaule ».

Un dicton bien connu des boursiers postule qu’il ne faut pas parier contre la Fed… Il serait tout aussi sage de ne pas parier contre la Banque centrale chinoise. Si cette dernière a décidé de siffler la fin de la récré, il faut s’attendre à ce que tout le monde interrompe rapidement sa partie pour regagner les rangs… et sans broncher.

Si les marchés sont, paraît-il, une « démocratie », la Chine, ne l’oublions pas, n’en est pas encore une sur le plan économique… tout du moins pas tant que le yuan demeure arrimé au dollar par décision sans appel des plus hautes autorités du parti communiste.

[NDLR : préparez votre portefeuille à la chute de la Chine !

C’est bien beau que la Bourse chinoise se retourne… mais qu’en sera-t-il de NOS marchés ? De VOS actions et de VOS investissements ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

2 commentaires pour “Gel des crédits en Chine : fin de la récré sur les marchés”

  1. Depuis un an et demi je prends connaissance de vos informations et me suis abonné à M.W., les 7 Valeurs Solaires, Matières Premières, Matières à Profits, et j’en oubli!
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    Ce que je regrette, ce ne sont pas les informations, à condition qu’elles soient courtes et bien cadrées, mais les 3/4 du bla, bla, bla fait avant d’en venir à ce que nous attendons. Bien souvent c’est décourageant et bien des gens ne les lisent plus, donc ne commandent plus.
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    JMS

  2. Tout à fait en accord avec SLAVIK!

    Les personnes qui vous lisent ont les pieds sur terre, sont réalistes et pas si influençables que vous l’imaginé. Moins de répétition amoindrira sans doute vos rentrées (€), mais votre image à long terme ne s’en portera que mieux.

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