Chevalgate: les investisseurs boudent-ils le secteur des surgelés?

Rédigé le 20 février 2013 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Par Pierre Havez

Le scandale sanitaire entourant la société agroalimentaire française Spanghero, fournisseur en viande de Findus et d’autres distributeurs de produits surgelés, fait peser le doute sur l’ensemble de la filière. Multiplication des contrôles, retraits de certains lots, l’objectif pour Findus, comme pour ses concurrents, est aujourd’hui de retrouver la confiance des consommateurs… et des investisseurs ! Cependant, comme vous allez le voir, le défi s’annonce relativement difficile à relever…

Rien à attendre de TOUPARGEL

TOUPARGEL GROUPE (FR0000039240), ex-Toupargel Agrigel, est spécialisé dans la livraison à domicile de produits alimentaires surgelés – secteur dans lequel la marque détient environ 36% de parts de marché. Cette activité représente la quasi-totalité (93,9%) des ventes du groupe qui vise une clientèle principalement rurale et cible notamment les communes de moins de 10 000 habitants.

Côté chiffres, TOUPARGEL a publié, au titre du quatrième trimestre 2012, un chiffre d’affaires en repli de 5,9% à 90,7 millions d’euros, dont une baisse de 6,7% à 84,7 millions d’euros sur l’activité « surgelés » en partie compensée par une progression de 7,1% à 6 millions d’euros sur l’activité « épicerie ». Sur l’ensemble de l’exercice 2012, les ventes du groupe sont également en recul de 3,6% à 327,1 millions d’euros… Dans le détail, l’activité « surgelés » régresse de 4,3% à 304,9 millions d’euros. « Le nombre de commandes recule de 5,9% du fait d’une fidélisation des nouveaux clients plus difficile », tente d’expliquer la direction, faisant valoir par ailleurs que le panier moyen progresse de 1,6% à 49,1 euros. Pour autant, la société ne revient pas sur son objectif d’une marge opérationnelle courante (MOC) comprise entre 2 et 2,5% mais elle se garde bien de communiquer ses prévisions pour l’exercice 2013.

Tant par son modèle que ses perspectives, TOUPARGEL ne séduit plus les investisseurs. Au contraire, son cours s’écroule de plus de 73,35% depuis cinq ans à la clôture du mardi 19 février 2013. A 5 euros, il chute à nouveau de 9,58% depuis le début de l’année. Fondamentalement, il existe peu de raisons d’espérer un rebond. En attendant, le groupe a tenté de rassurer sa clientèle en précisant qu’aucune des références de la marque Findus distribuées par TOUPARGEL n’était concernée par le « chevalgate ». Les lots de lasagnes bolognaise suspects d’autres marques ont été retirés de la vente, de même que d’autres produits à base de viande, son fournisseur « ne pouvant garantir l’absence de traces de viande de cheval ».

TIPIAK, le challenger à surveiller

Créé en 1967, TIPIAK (FR0000066482) est organisé autour de quatre pôles d’activité. Les plats cuisinés surgelés représentent près d’un tiers (31%) de son activité. Les produits de la société sont commercialisés sous la marque Tipiak pour la grande distribution et Relais pour la livraison à domicile.

Après un troisième trimestre décevant, les ventes du groupe ont repris des couleurs sur les trois derniers mois de l’exercice 2012. Le chiffre d’affaires a ainsi atteint 69,9 millions d’euros, en hausse de 6,4%. Cette accélération des ventes permet au groupe de terminer l’année avec un chiffre d’affaires de 172 millions d’euros, en hausse de 2,6% par rapport à 2011. La croissance a particulièrement été tirée par le secteur « sec » (produits d’épicerie) qui progresse de 5,1% à 63,6 millions d’euros alors que les ventes de produits frais et surgelés ont augmenté plus modestement de 1,2% à 108,4 millions d’euros. Son résultat opérationnel courant est attendu à 8,81 millions d’euros, en hausse par rapport à l’année précédente (7,36 millions d’euros). Dans le même temps son endettement s’est réduit, devant passer, selon mes estimations, de 35,2 millions d’euros en 2011 à 33,05 millions à la fin 2012.

Sur les marchés, la valeur se relève également. En souffrance depuis cinq ans, elle bondit nettement de 7,66% depuis le début de l’année, à 42 euros à la clôture du mardi 19 février 2013. Le groupe bénéficiera-t-il du désamour naissant entre Findus et ses consommateurs ? Profitera-t-il d’un report sur les plats à base de produits de la mer, la spécialité de TIPIAK ? Le titre mérite en tout cas d’être suivi de près.

BONDUELLE, l’option gagnante

Fondé en 1853, le groupe agroalimentaire BONDUELLE (FR0000063935) est plus connu pour ses légumes en conserve commercialisés sous les marques Cassegrain et Bonduelle. Cependant, la marque se développe de plus en plus sur le segment des surgelés, en proposant notamment des galettes de légumes, des potages en galets et autres poêlées – des produits donc plutôt épargnés par les affaires sanitaires actuelles.

Au premier semestre de son exercice 2012-2013 – le groupe clôture ses comptes en juin de chaque année –, BONDUELLE a réalisé un chiffre d’affaires de 979,3 millions d’euros en hausse de 11,3%. Une croissance soutenue notamment par les ventes de surgelés qui ont progressé de 34,5% à 275,8 millions d’euros (+0,9% en organique). En termes de perspectives, le groupe a confirmé ses objectifs annuels d’une croissance de 8% du chiffre d’affaires et de 5 à 10% de la rentabilité opérationnelle sur l’ensemble de l’exercice.

Les investisseurs adhèrent : le titre s’envole de 12,94% depuis le début de l’année, à 80,75 euros à la clôture du mardi 19 février 2013.

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Un commentaire pour “Chevalgate: les investisseurs boudent-ils le secteur des surgelés?”

  1. C’est surtout du bonus pour Eurofins. Et d’une manière plus générale, ça va encourager les TIC (Bureau Veritas)

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