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Charles Evans contredit Stanley Fischer, conforte les attentes du marché

Rédigé le 31 août 2016 par | Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Charles Evans, le président de la Federal Reserve Chicago, vient de s’exprimer ce mercredi. Il s’est levé de bonheur vu le décalage horaire avec les Etats-Unis !

C’est le seul membre de la Fed qui pourrait faire passer Janet Yellen pour un faucon (nous n’oserions pas féminiser la métaphore en évoquant une buse).

Pour Charles Evans, les taux devraient demeurer éternellement proches de zéro et la normalisation monétaire sans cesse repoussée aux calendes grecques.

Il n’y a donc pas grand chose à attendre de ses prises de positions. On sait d’avance qu’il sera le dernier membre de la Fed à voter contre une poursuite de la normalisation monétaire entamée en décembre 2015.

Ralentissement de la croissance économique américaine

Mais Charles Evans s’appuie également sur des faits – à moins qu’il ne dispose pas des mêmes chiffres que ses collègues – relativement incontestables si on l’écoute. La croissance économique américaine tend à ralentir, malgré tout ce qui a été fait pour soutenir l’activité.

La démographie (vieillissement de la population) explique en partie cette langueur qui est en train de s’installer de façon permanente.

Si rien ne change, cela validera la théorie de la « stagnation séculaire » de l’ex-secrétaire américain au Trésor (du temps de Bill Clinton) Larry Summers (aujourd’hui prof à Harvard).

Les entreprises s’y adaptent : elles ralentissent depuis des années leurs investissement, ce qui affecte négativement la croissance de la productivité.

Les attentes de faible croissance sont tellement intégrées par tous les agents économiques que même en cas de pic d’inflation ponctuel, la Fed pourrait se contenter de relever ses taux un peu plus rapidement qu’elle ne l’anticipe actuellement, mais sans devoir se porter « au devant de la courbe » (c’est-à-dire aligner les taux sur l’inflation).

Le vice-Président de la Fed, Stanley Fischer, qui juge possible deux hausses de taux d’ici fin 2016, peut-il démontrer que le diagnostic économique de son collègue Evans est faux ?

Vers un QE4 hyper-massif ?

Dans la négative… la Fed ne bougera pas, ou alors, pour déclencher un QE4 hyper-massif, de type « le tout pour le tout » et tant pis si le dollar devient une monnaie de singe (ce qu’elle est déjà).

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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