CGG au bord de la cessation de paiement ? Ne tentez rien

Rédigé le 6 décembre 2016 par | Mid et Small Caps Imprimer

319 millions d’euros… C’est la capitalisation de CGG aujourd’hui, mardi 6 décembre 2016. 319 M€, un cours de 14 €… alors que le titre cotait 400 € à la fin 2012. Je vous laisse faire le calcul – c’est une chute de plus de 96%. Ca, c’est pour la vue de long terme.

Mais à plus court terme, les choses ont encore du mal à s’améliorer, et le groupe n’est pas encore tiré d’affaire.

CGG

Tenez, il y a un mois, le 8 novembre dernier, le titre a perdu la moitié de sa capitalisation boursière à cause de sa publication de (mauvais) résultats. C’est ce que vous voyez dans le petit encadré, sur le graphique ci-dessus : sur un mois, entre le 21 octobre et le 30 novembre, le titre est passé de 28 € à 11 € (il a un peu rebondi depuis).

En cause donc ; une perte opérationnelle de 38,9 M$, une perte nette de 87,9 M$ et un free cash flow négatif, dépassant les 100 M$. Des résultats tout simplement mauvais. Mais ce qui inquiète par-dessus les investisseurs, c’est la situation financière du groupe.

Les dirigeants de CGG, conscients que 2017 pourrait être encore une annus horribilus, n’ont pas exclu une nouvelle augmentation de capital pour renforcer le bilan du groupe. D’où une nouvelle dilution à prévoir pour les actionnaires, qui n’en peuvent plus d’être rincés.

En janvier dernier, le groupe avait déjà lancé une augmentation de capital de 350 M€ — l’équivalent de sa capitalisation boursière actuelle ! A l’époque, l’opération n’avait pas été un franc succès et seuls 97,8% de l’offre avait été souscrits, obligeant les banques qui garantissaient l’opération à acquérir les 2,2% restants. La dilution était déjà de 75%… (et rappelez-vous qu’en 4 ans, le titre a perdu 96% de sa valeur…)

Il n’est pas sûr qu’en l’état actuel des choses CGG puisse respecter ses covenants bancaires. Un covenant bancaire est une clause d’un contrat de prêt qui, en cas de non-respect de certains objectifs ou ratios, exige que le prêt soit remboursé de manière anticipée – ce qui évite au prêteur que la situation se dégrade au point qu’il ne pourra plus être remboursé. Or si vous ne pouvez pas le rembourser… c’est la cessation de paiements. Et CGG n’en est pas loin à mon sens.

Du coup, tout le monde quitte le navire – à part quelques téméraires qui jouent en ce moment des rebond techniques, mais je vous conseillerai plutôt de ne pas vous y risquer — et les brokers dégradent leur avis sur le titre. Gilbert Dupont a abaissé sa recommandation de 34,20 à 19 € ; Nordea est le plus pessimiste de la bande et anticipe 1 € pour CGG. Pour son analyste, une restructuration financière ne peut avoir lieu que par la conversion de dette en capital, d’où une énorme dilution puisque la dette nette avoisine encore les 2,3 Mds€

Un bon conseil donc : ne tentez rien avant d’avoir plus de précisions sur la position de cash du groupe. Nous devrions la connaitre lors de la publication de l’activité de fin d’année à la mi-janvier… mais d’ici là, restez très très loin du titre !

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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