Les CFD vous coûtent moins cher que d’autres produits dérivés

Rédigé le 9 mars 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Vous l’avez peut-être compris si vous lisez mes derniers articles, ça y est : j’ai ENFIN lancé mon tout nouveau service sur les CFD. Mes collègues ont déjà commencé à vous parler un peu de ce produit dans divers billets.

Je vais donc poursuivre, durant tout le mois de mars, afin de vous présenter les grandes caractéristiques de ces produits… pour que vous compreniez mieux les raisons qui m’ont poussé à me tourner vers les CFD. Aujourd’hui, donc, vous aller voir que trader avec des CFD vous revient moins cher qu’un trade avec d’autres types de produits dérivés tels turbos et warrants (produits que j’ai aussi, longtemps et beaucoup traités !).

Qu’est-ce qu’un CFD…

Les CFD, ou Contracts For Difference, sont des produits dérivés qui vous permettent de profiter des variations des cours d’un sous-jacent sans avoir à le détenir. Vous traitez sur marge. Qu’est ce que cela signifie ? C’est tout simple.

Vous n’investissez pas la totalité du montant de la transaction, mais vous en immobilisez seulement une partie : la marge. Celle-ci varie en fonction du courtier choisi mais aussi et surtout en fonction de la liquidité et de la volatilité du sous-jacent.

Par exemple, cette marge est de 10% pour les actions du CAC40, soit un effet de levier de 10.

Avec un exemple, ce sera plus clair. Vous avez un compte-titres classique. Vous ne souhaitez (ou ne pouvez) investir que 1 000 euros sur  le titre Air France-KLM ; vous pensez qu’il va monter de 5%. Admettons, pour l’exemple, qu’Air France-KLM cote 10 euros : vous ne pourrez acheter que 100 actions. Dans ce cas, si vous avez raison vous ne gagnerez que 50 euros.

Avec les CFD, si vous avez 1 000 euros à investir, ce n’est pas 100 actions mais 1 000 CFD que vous pouvez acheter Votre exposition sera alors de 10 000 euros, pour un investissement de 1 000 euros. Et si le cours d’Air France-KLM progresse de 5%, vous gagnez 5% de 10 000 euros soit cette fois, 500 euros. Cela représente 50% de votre investissement de départ.

Bien. Le décor est planté. Rentrons maintenant dans le vif du sujet.

Mesure du coût réel d’une prise de position

Vous investissez sur les marchés pour une seule et unique raison : gagner de l’argent. Pour aborder la question de l’investissement, la notion de point mort est un élément crucial à déterminer. Il s’agit en effet du niveau à partir duquel vous ne perdez plus d’argent, une fois pris en compte les spreads de cotation et commissions de transactions inhérentes à toute prise de position.

Quoi de mieux qu’une comparaison entre une position prise sur une valeur française, d’un côté en warrants, et de l’autre en CFD pour nous faire une petite idée de la situation. – Prenons le cas d’un warrant call sur Accor pour lequel la fourchette bid-ask est de 0,49 euro/ 0,50 euro. Cette fourchette signifie que vous pouvez acheter ce warrant au cours de 0,50 euro et le revendre instantanément à 0,49 euro. Cela vous coûte donc 1 centime, soit un écart de fourchette de 2% (0,01 euro/0,50 euro). Et, je ne vous parle pas des cas censés être, en théorie, exceptionnels mais qui sont malheureusement très fréquents dans la pratique. Je pense ici aux cotations où l’écart bid-ask ne se limite pas à 1 centime (il y a souvent des spreads de 2 ou 3 centimes chez certains émetteurs) ou encore aux écartements de spreads intempestifs qui peuvent conduire à des exécutions très éloignées du prix théorique dès que la volatilité pointe le bout de son nez.

De manière générale, disons que le coût inhérent à une prise de position sur un produit dérivé de type warrant tourne en autour des 1,5% pour un produit assez réactif.

En d’autres termes cela veut dire que cela vous coûte instantanément environ 1,5% de votre capital investi — élément que l’on a d’ailleurs trop souvent tendance à oublier.

A ces 1,5% viennent s’ajouter les frais de transactions pris par votre courtier. En ce qui me concerne, mon expérience personnelle m’a conduit à constater que, pour une position de 500 euros, les frais de courtiers tournent en général autour de 10 euros sur les warrants. Dans ces conditions, faisons alors le point sur ce que cela coûte un aller-retour sur un warrant :

=> Avec mes 500 euros, je peux acheter un lot de 1 000 warrants (500 euros/0,50 euro). Dès lors, le coût de ma position peut se calculer ainsi : 1 000 (quantité) x 0,01 (spread « perdu ») + 2 x 10 euros (commissions des ordres aller et retour) = 40 euros. Le coût de la prise de position sur ce warrant sur Accor est au final de 30 euros, soit 6% de la somme investie.

– Comparons maintenant à ce que cela me coûte dans l’hypothèse d’une prise de position CFD sur Accor, toujours (avec un levier très légèrement inférieur ici). La fourchette bid-ask sur le CFD Accor chez Saxo Banque, par exemple, est en ce moment de 38,44 euros/38,46 euros (la même que celle de l’action elle-même d’ailleurs). Je peux donc acheter à 38,46 euros et revendre instantanément à 38,44 euros.

Cela veut dire que cela vous coûte instantanément environ 0,05% de votre capital investi. Aussi, en investissant toujours la même somme de 500 euros (soit 130 CFD achetés en levier 10), je perds instantanément 130 x 0,02 euro = 2,60 euros. Chez Saxo Banque, les frais de transaction pour une position prise sur une valeur française étant de 5 euros au minimum, toujours dans l’hypothèse d’un aller-retour instantané, cela me coûte au total : 2 x 5 euros (ordres aller et retour) + 2,6 euros (spread « perdu ») = 12,60 euros.

Dans ce cas, c’est seulement 12,6 euros de frais laissés au broker, soit 2,5% de ma somme investie.

La conclusion de ce premier focus CFD est ici sans appel : la position en CFD est tout simplement moins onéreuse. Rendez-vous dès la semaine prochaine pour voir que les avantages ne se limitent pas seulement à l’aspect économique, qu’il s’agisse de produits dérivés ou de SRD…

[NDLR : comme Mathieu vous le signalais en introduction, son service entièrement dédié aux CFD est enfin prêt ! Nous vous avons envoyé un message à ce sujet, hier soir. Si vous n’avez pas encore eu le temps de le lire, vous pouvez vous rattraper ici. Tenez-vous prêt à passer à la vitesse supérieure !]

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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