Ceci n’est pas une bulle : Profitez plutôt de l’idiotie ambiante

Rédigé le 26 janvier 2016 par | Biotechs et Medtechs, Indices, sociétés et marchés Imprimer

Cher investisseur,

Le Nasdaq Biotech Index (NBI) a perdu jusqu’à 32% depuis son sommet de juillet 2015. Un coup rude, évidemment pour le secteur biotech. Mais on entend partout les financiers  et experts de marchés parler de « l’explosion de la bulle des biotechs ». Ah bon ?

Déjà : y avait-il une bulle sur les biotechs ? Qu’est-ce qui nous permet de dire qu’une biotech qui est en train de tester une immunothérapie contre le cancer est « survalorisée » ? Comment estimer sa valorisation ? En termes de CA futur et potentiel ?… En termes de nombre de vies sauvées ? Le sujet est bien compliqué et nous ne l’aborderons pas maintenant.

Aujourd’hui, j’ai voulu vous proposer la vision et l’analyse d’un expert du secteur des biotechs, plutôt que celle d’un analyste de marchés « classique », qui arriverait avec ses ratios, ses statistiques, ses graphiques, sans prendre en compte l’essence même de ce secteur. Ray Blanco, notre expert en la matière, gèrent deux services dédiés aux biotechs et aux high techs. Voici ce qu’il pense de cette soi-disant « bulle », et de sa soi-disant « explosion ».

Bonne réflexion,

Nathalie Boneil

Ceci n’est pas une bulle : Profitez plutôt de l’idiotie ambiante

Dernièrement, les investisseurs cultivent pour la Chine une obsession digne de Donald Trump. Les cours du pétrole leur font grincer des dents et ils mouillent littéralement leur pantalon face au ralentissement économique mondial.

Je comprends que débarrasser votre portefeuille des secteurs pénalisés par ces deux facteurs puisse paraître une bonne idée.

Mais pourquoi diable se délester des biotechs ? Imaginer que ces facteurs macro-économiques puissent affecter les biotechs revient à penser que les gens n’achèteront plus de médicaments lorsqu’ils seront malades.

C’est totalement stupide.

« Chéri, la Chine a encore dévalué sa monnaie et l’essence a chuté à 1,50 $ à la pompe. Annulons les vacances et l’achat de la nouvelle voiture et dis au docteur que je ne prendrai plus de médicaments pour soigner ma leucémie chronique… ».

Personne ne dirait jamais ça. Sans parler des vacances et de la Porsche…

Les craintes autour de la croissance mondiale, celle de la Chine ou de l’effondrement du pétrole sont bien réelles, et elles sont légitimes.

Mais quelqu’un peut-il m’expliquer en quoi les cours du pétrole empêcheraient une biotech innovante de passer haut la main une évaluation « pivot » ? Ou en quoi les problèmes de la Chine pourraient provoquer le rejet d’une demande d’autorisation de mise sur le marché déposée auprès de la FDA ?

Voire même en quoi une véritable récession remettrait en question le chiffre d’affaires fulgurant généré par une nouvelle thérapie susceptible de sauver des vies et demandée à cor et à cri ?

Et même si une terrible récession survenait, elle ne pourrait rien contre la démographie. Les « baby-boomers » commencent à vieillir. Coup sur coup, nous venons de perdre deux icones de la musique de cette génération : David Bowie et Glenn Frey, le guitariste des Eagles, il y a une quinzaine de jours.

Ces deux superstars sont nées pendant le baby-boom. Nous sommes à l’avant-garde d’une déferlante de cheveux gris qui va s’abattre sur la totalité du monde développé.

Soyons honnêtes : les dépenses liées aux soins de santé ne vont pas se désintégrer. Les gens vieillissent. Les personnes âgées sont plus souvent malades. Elles sont plus souvent exposées à des maladies potentiellement mortelles. Et elles ont désespérément besoin de médicaments.

Un monde développé a besoin de nouveaux produits pharmaceutiques, biologiques et de nouveaux instruments médicaux permettant de réaliser des économies et d’augmenter la durée de vie – ou du moins de vivre en meilleure santé, plus longtemps.

Cela n’a pas qu’un sens économique abstrait. Il s’agit de vous et de moi. Comme tout le monde, les personnes âgées désirent être en bonne santé le plus longtemps possible. C’est particulièrement le cas de ces baby-boomers amateurs de bien-être. Historiquement, lorsqu’un baby-boomer veut quelque chose, il l’obtient. Les traitements développés actuellement ne vont pas disparaître. Ils seront encore là lorsque j’en aurai besoin, moi qui appartiens à la Génération X (ceux qui sont nées entre 1966 et 1976).

Ce que je veux dire, c’est qu’il faudrait que ce soit la fin du monde tel que nous le connaissons pour que les facteurs économiques affectent véritablement les perspectives à long terme des biotechs.

Alors pendant que les moutons de Panurge prennent la poudre d’escampette, les investisseurs intelligents sont en alerte et achètent des biotechs plus que prometteuses à prix cassé.

En voici un exemple : entre l’été 2015 et vendredi dernier, la société finlandaise Biotie Therapies (BITI-Nasdaq, en ADR) a vu son cours s’effondrer de 45%. Les poules mouillées ont pris la fuite alors même que Biotie venait de faire avancer son portefeuille de développement.

Actuellement, Biotie développe de multiples traitements contre Parkinson et Alzheimer : l’un d’eux se situe même en Phase 3. Ces deux maladies sont fortement liées au vieillissement et toutes deux coûtent extrêmement cher non seulement aux patients mais aux Etats.

Mardi dernier, le 19 janvier, on apprenait qu’Acorda Therapeutics rachetait la société pour 363 M$. Grâce à cela, les actions Biotie ont grimpé de 88% du jour au lendemain. Désormais, Acorda détient les droits sur une précieuse série de médicaments relatifs à Parkinson et à Alzheimer.

OPA Biotie Therapies

Vous devez vous dire : « C’est ça, mais regardez à quel point les biotechs ont grimpé au cours des cinq dernières années. C’est une BULLE ! ».

Ah bon ?

Cette semaine, un article de Jake King, paru dans Forbes, a attiré mon attention. Il se penche sur la tendance à long terme des biotechs en observant un graphique logarithmique de l’indice NYSE Arca Biotech, remontant à 1992, c’est-à-dire aux balbutiements de la biotechnologie.

Voici ce que cela donne :

indice Biotechs

Au cours de ces 24 dernières années, le secteur des biotechs a doublé environ tous les quatre ans. Cela se tient. En tant que tout nouveau secteur, celui des biotechs a connu une incroyable progression au cours de ces 25 dernières années.

Mais en réalité, nous n’avons qu’effleurer le potentiel des biotechs. Ce marché est loin d’avoir atteint sa maturité. Chaque jour, de nouvelles découvertes sont réalisées en s’appuyant sur celles qui précèdent.

L’une de ces dernières découvertes majeures, c’est la technologie CRISPR, une nouvelle façon d’éditer les gènes de n’importe quelle forme de vie dotée d’ADN. Non seulement ceux de bactéries, de vers de terre ou de maïs… mais aussi votre ADN. Avec le CRISPR, nous pouvons éliminer ou réécrire certains gènes défectueux à l’intérieur de notre corps. (Ndlr : si vous voulez avoir plus d’informations sur la technologique CRISPR, nous avons réalisé un dossier spécial sur le sujet) 

Nous pourrons, par exemple, modifier un gène relatif à la mutation des cellules cancéreuses, ou à une maladie rare. Voire même empêcher que vous soyez victime d’un cancer ou d’une crise cardiaque dans 60 ans.

Imaginez encore que l’on parvienne à modifier des gènes pour ralentir ou stopper notre vieillissement : le monde ne serait plus jamais le même.

La technologie CRISPR est passionnante et ceux qui l’ont découverte devraient être, un jour ou l’autre, récompensés par un Prix Nobel.

Un récent article racontant l’histoire de la découverte du CRISP a été publié dans Cell. Il s’intitule « The Heroes of CRISPR » et il a déclenché une sacrée bataille sur la question de savoir qui a participé ou non au processus de découverte.

Un féroce débat sévit également à propos des droits de propriété intellectuelle relatifs au CRISPR, conséquence malheureusement logique du potentiel commercial de cette technologie et qui, selon les estimations, va de l’astronomique à l’inestimable.

Alors non, les biotechs ne sont donc pas mortes et ce n’est donc vraiment pas le moment de paniquer.

Pour nous, l’heure est venue de garder les yeux ouverts afin de dénicher des opportunités d’achat dans des biotechs prometteuses, prêtes à prendre leur envol, et à vous rapporter de jolis profits.

C’est tout l’intérêt de ce massacre de 2016 : nous allons pouvoir acheter de merveilleuses biotechs à des cours extrêmement bas.

Je viens de conseiller à mes abonnés d’attendre mon signal pour se renforcer, et pour savoir quelles biotechs acheter. (Si vous voulez aussi être dans la boucle de mes conseils, c’est par ici)

Profitez plutôt de l’idiotie ambiante au lieu de paniquer ; elle devrait beaucoup vous rapporter.

Ray Blanco

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