Carmat, une valeur à manier avec précaution

Rédigé le 7 mars 2014 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

En début de semaine, lundi plus exactement, nous avons appris le décès du premier patient à avoir bénéficié d’un coeur 100% artificiel. L’homme de 76 ans avait été transplanté 75 jours auparavant. Suite à cette annonce, Carmat (FR0010907956) a demandé que son titre soit suspendu de cotation, mardi, afin que les investisseurs puissent reprendre leurs esprits.

graphique carmat

Franchement, c’est assez bien joué. Ne pas suspendre l’action aurait pu conduire à un véritable bain de sang. En pré-ouverture, mardi matin, la baisse attendue sur l’action était de l’ordre de 25%. Finalement la séance de mercredi a été relativement calme avec une baisse limitée de 5,3% à 90 euros dans un volume de 87 620 titres. J’espère que vous m’avez écouté en suivant mon conseil de méfiance de fin septembre

 

 

 

Echec ou succès pour Carmat ?

Pour autant, doit-on véritablement parler d’échec ? Vous le savez, tout comme les biotechs, les medtechs s’illustrent par des mouvements de très forte amplitude – souvenez-vous le bon qu’a fait Carmat après avoir annoncé être officiellement autorisé à implanter son cœur artificiel. Leurs cours de Bourse sont ultra-sensibles aux bonnes et mauvaises nouvelles provenant de leurs essais cliniques parce que les investisseurs attendent de leur part… un rêve, certes, mais aussi des résultats.

Evidemment qu’un décès n’a jamais valeur de réussite. Néanmoins, dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, et toutes proportions gardées bien sûr, celui-ci mérite toutefois quelques nuances. Il faut savoir que le patient choisi était en insuffisance cardiaque terminale – son pronostic vital était sévèrement engagé puisque, du fait de son âge, aucune transplantation classique n’était possible. Rappelons également que ce patient a vécu 75 jours avec ce cœur artificiel dans sa poitrine alors que l’équipe médicale s’était fixé un objectif de 30 jours. C’est donc un premier succès.

Le programme d’essais établi par le groupe n’est donc pas remis en cause. La première phase de l’essai clinique est toujours en cours et trois autres patients devraient être prochainement implantés. Nous en connaîtrons probablement les résultats d’ici à la fin du premier semestre. Si celle-ci réussit, une deuxième phase, sur un échantillon plus large de patients, devrait lui succéder.

Mon avis sur Carmat

Je vous avoue que je reste extrêmement prudent sur ce dossier, dont la valorisation pour le moment est en inadéquation avec le business. Le décès du patient n’est pas une réelle surprise vu son état de santé avant l’implantation. Mais payer encore actuellement 381 millions d’euros en Bourse une société qui ne fait pour le moment pas de chiffre d’affaires et qui devra sans doute lever de nouveaux fonds me paraît excessif.

De plus, je me pose des questions sur la commercialisation effective de ce coeur. Certains spécialistes parlaient de 2016, d’autres d’une réelle montée en puissance d’ici à 2020 avec un objectif de 2 000 ventes. Ce délai sera-t-il tenu ? D’autres questions se posent également. Quel en sera le prix ? Quelles seront les conditions de remboursement ? Bref, encore beaucoup de questions restent à être résolues. Alors évidemment, comme le disait Elias Roth, notre spécialiste de l’investissement en biotechs et medtech, il y a deux ans : Carmat est et reste « un coup de poker philanthropique ».

Mais d’un point de vue non-spécialiste du secteur et purement financier, j’ai du mal à vous recommander d’acheter la valeur au cours actuel. Préparez-vous au cours des prochains mois à des séances volatiles au gré des avancées (ou des échecs) de ce fameux coeur artificiel, qui reste bien sûr une avancée considérable, sans doute l’une des plus belles de ce siècle à condition que les essais en cours la valident…

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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