Les carences économiques de l’Afrique du Sud

Rédigé le 6 mai 2014 par | Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Demain, le 7 mai donc, auront lieu les élections législatives en Afrique du Sud – pays faisant partie des BRICS au même titre que le Brésil, la Russie, l’Inde ou encore la Chine. Et, selon toute vraisemblance, l’ANC au pouvoir depuis 1994 devrait une nouvelle fois gagner ce scrutin. Ainsi, Jacob Zuma, l’actuel président devrait gouverner cinq années supplémentaires sur ce qui est la deuxième économie d’Afrique derrière le Nigéria.

Mais, en dépit d’un doublement du PIB en 20 ans, tout n’est pas rose dans ce pays. En fait, depuis la crise de 2008-2009, l’Afrique du Sud a bien du mal à afficher une forte croissance. En effet, le taux de croissance sud-africain s’établissait à seulement 1,9% l’an dernier mais il pourrait bien remonter à 2,3% cette année. Cette progression reste toutefois insuffisante pour enrayer un taux de chômage de 25,7%… Oui vous avez bien lu cher lecteur.

Comme vous pouvez le constater, nombreux sont les Sud-africains qui n’ont pas vraiment profité du doublement du PIB du pays durant ces deux dernières décennies. D’ailleurs, pour tout vous avouer, il faudrait une croissance d’au moins 5% par an pour que l’emploi redémarre. Ce qui est difficile tant que la demande intérieure reste aussi faiblarde. Il faut dire que les ménages ont atteint un taux de surendettement dépassant 75% de leur revenu disponible…

Pour ne rien arranger, la récente dépréciation du rand, la devise sud-africaine, a provoqué un regain d’inflation importée si bien que l’inflation avoisine les 6%, provoquant une action de la banque centrale du pays. Les taux d’intérêt restent élevés, à 5,5%, ce qui est difficilement soutenable avec une croissance aussi faible. Comment alors envisager d’investir alors que les banques demandent des taux d’intérêt prohibitifs et que l’économie ne suit pas ?

L’investissement public, lui, ne pèse pas plus de 19% du PIB. Il faut dire que le pays est gangréné par la persistance de tensions sociales graves qui provoquent d’importantes et longues grèves, notamment dans le secteur minier.

Précisons également que la situation des finances publiques reste difficile avec par exemple un déficit budgétaire représentant 4% du PIB. A peine 10% des ménages payent des impôts dans un pays où la corruption et les prébendes règnent en maître. La dette publique, quant à elle, grimpe d’année en année et devrait atteindre les 46% en 2014. Et 40% de la dette publique domestique est détenue par des non résidents, susceptibles à tout moment de réduire leurs investissements.

Bref, vous le voyez, le tableau est plutôt gris. A l’heure actuelle, l’Afrique du Sud doit faire face à un défi de taille : organiser son modèle à l’occidental tout en gardant les spécificités d’un pays émergent. C’est à partir de maintenant que tout se joue…

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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