Risque d’indigestion de l’alimentation

Rédigé le 11 janvier 2010 par | Autres indices Imprimer

L’offre de l’américain Kraft Foods sur Cadbury pour 11,7 milliards de dollars a fait couler beaucoup d’encre la semaine dernière. Souvenons-nous que Kraft Foods avait racheté la marque de biscuits Lu de Danone en juillet 2008. Il est d’ores et déjà le numéro un mondial du biscuit et lorgne maintenant sur d’autres douceurs : les confiseries.

Quoi qu’il en soit, cette OPA a remis, en l’espace de quelques jours, le secteur de l’alimentation sur le devant de la scène… mais en s’y penchant de plus près, le rebond touche vraiment à sa fin.

Un rebond à couper le souffle

Avec une progression de plus de 60% depuis mars dernier, le secteur européen de l’alimentation — que l’on dit pourtant défensif –, est non seulement un de ceux qui a le mieux résisté à la crise, mais il a profité pleinement de la reprise de ces derniers mois. L’amateur de biscuits ou autres produits d’alimentation est en effet peu sensible à la conjoncture.

Pourtant, il est difficile de continuer à trouver de la croissance sur ce marché déjà saturé, et l’offre de Kraft Foods, bien que refusée par son actionnaire principal, un certain Warren Buffett, pourrait être le signe d’un début de concentration dans le secteur. En d’autres termes, cela signifie que le potentiel de croissance du secteur est limité pour les prochains mois, les fusions-acquisitions étant l’un des derniers remparts permettant de gagner en productivité.

Tout cela me pousse donc à m’intéresser aujourd’hui à la configuration graphique du secteur européen de l’alimentation pour vous indiquer quels sont les points importants à surveiller dans les prochaines semaines.

Des signes d’asphyxie

Avouons-le, le graphique du secteur, ici en données journalières, est impressionnant.

Avec un rebond de plus de 60% depuis mars 2009, le secteur a déjà retracé plus de 61,8% de sa correction entre 2007 et 2009, et il est revenu proche de ses plus hauts de 2008 à 313 points.

Graphique Dow jones Food

Le potentiel apparaît donc désormais très limité sous cette résistance.

Qui plus est, il a nettement sous-performé les indices européens la semaine dernière, et a dessiné une bougie en avalement baissier (une figure de bien mauvais augure), et les indicateurs mathématiques montrent de plus en plus de signes d’essoufflement, à l’image du RSI à 14 semaines, qui après avoir atteint le niveau des 75, rebrousse chemin récemment. Sur le RSI, le potentiel de consolidation dans les prochaines semaines apparaît important, sachant qu’il n’existe pas de support avant celui de la zone de neutralité des 50.

Une consolidation en route

Sur le plan graphique, les cours restent toutefois au-dessus d’une oblique ascendante depuis mars, qui coïncide quasiment avec le support horizontal des 287 points. La pente de cette oblique ascendante, maintes fois testée, est d’ailleurs encore plus impressionnante que le rebond lui-même, et paraît insoutenable pour les prochains mois.

Sous la résistance majeure des 313 points, le risque de consolidation sur le secteur de l’alimentation semble donc très important à court/moyen terme.

En cas de cassure nette des 287, nous aurions une accélération baissière vers les 275, proche du retracement de 23,6% de la progression depuis mars 2009 à 271. Ce niveau sera la clé à surveiller…

S’il tenait, la consolidation serait faible, et un test des 313 pourrait être alors envisagé pour le courant de l’année.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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