Si le marché veut jouer no limit, nous serons deux

Rédigé le 16 mai 2011 par | Autres indices Imprimer

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Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers. _________________________________________________________________________________________

 Les scénarios graphiques que nous vous avons décrits ces dernières semaines nous racontaient tous un peu la même histoire : celle d’un marché allègrement manipulé…

Nous vous avons parlé de titres alignant 90% de séances de hausse en l’espace de six semaines, d’un VIX plongeant vers les abysses, d’un S&P soulevant de quelques points une résistance majeure remontant au printemps 2008, du Nasdaq débordant de 1% son zénith historique de fin octobre 2007…

Un marché qui joue no limit… mais tout seul La volonté de pousser les actions et les indices au-delà des limites de « sur-achat » connues depuis fin mars engendre des situations vertigineuses.

Vu le grand écart entre les marchés et la réalité des données économiques, l’obnubilation haussière semble ne plus connaître de limites et la perte des repères finit par rendre admissibles les hypothèses les plus improbables. A partir de là, deux attitudes sont possibles : soit vous avez l’âme d’un joueur et vous dites « si le marché veut jouer no limit, nous serons deux », soit « cela me paraît dément, on nous a déjà fait le coup en 2007, je me retire du jeu. »

Nous qui étudions de près les vrais volumes d’échanges – pas ceux affichés en clôture car tous les trucages sont possibles au moment du fixing – nous pouvons vous assurer qu’une majorité d’opérateurs ont décidé de laisser les robots de trading jouer entre eux à leur petite guéguerre algorithmique. Ce marché est un désert et plus il monte, moins il y a de participants. C’est exactement cela, la négation d’un marché… et c’est ce qui le rend si dangereux.

Une fois retranchés des carnets d’ordres les 90% de lignes générées par le « trading haute fréquence », nous constatons que la liquidité réelle n’est plus qu’un ruisseau asséché au lieu d’être gonflée par l’afflux d’investisseurs convaincus de l’attrait des actions. Ce n’est pas une affirmation gratuite destinée à servir une belle figure de style : nos contacts, dans les divisions Asset Management des principaux acteurs institutionnels, voient bien les cours monter… mais pas la couleur de l’argent des clients finaux.

Si les banques d’affaires américaines – celles-là mêmes qui mènent le jeu haussier depuis un an – passaient soudain vendeuses, elles vendraient en face de… personne ! Nous ne croyons plus à cette image du bras de fer homérique en bear et bull : il n’y a plus qu’une Fed – seule contre le reste du monde – qui gonfle des bulles.

Mini inversions incessantes de mini tendances Donc si vous voulez jouer sans rentrer dans le jeu des stratégies de trading sur des intervalles de temps de 2 à 20 minutes (où les oscillateurs donnent encore d’assez bons résultats), il faut vous fier un peu à votre feeling.

Graphique : CAC40 en "10 minutes" Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

________________________________Pour vous aider dans vos trades_______________________________

Vous  pourriez vous aussi profiter de ces mini-tendance... 

en multipliant les  variations pas 7 !
Sur  des tendances plus longues, vous pourriez engranger, comme nos lecteurs,
des  gains 105,56%, 95,77%, 84,62%, 77,43%, 109,38%. 

Comment  faisons-nous ? Tout est  expliqué ici...

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Alors que le CAC 40 matérialisait jeudi dernier une 5e inversion de tendance en six séances, nous avons prêté une oreille attentive aux commentaires des professionnels. Même les « permabulls » les plus radicaux (toujours haussiers, quelles que soient les circonstances tant que l’argent de la Fed coule à flot) admettent que les indices boursiers affrontent des vents contraires.

Début mai, le mot d’ordre était « achetez tous les creux » (buy all the dips). Depuis le mini krach du pétrole puis, surtout, de l’argent métal, le ton a un peu changé. La bulle des matières premières a éclaté et rien ne permet d’affirmer que le même péril ne menacera pas tôt ou tard le CAC 40 ou les indices phares américains.

Donc, que faire ? Le CAC 40 multiplie les tests de la zone de soutien des 4 000 points (dont la solidité apparente est renforcée par la MM100 qui gravite vers 3 995 points). Mais cette fois-ci, le retour s’est effectué de manière plus brutale, avec l’ouverture d’un gap sous les 4 047 points. Les volumes s’étoffent légèrement (ce n’est pas encore une vague de fond), l’euro est à la peine (cassure des 1,43 puis des 1,42 dollar en l’espace de 24H), les matières premières ont connu un nouveau trou d’air mercredi dernier. Il semblerait qu’une « aversion au risque » se dessine.

Réduire la voilure, ce n’est pas la même chose que de passer vendeur mais, la frontière entre les deux attitudes est ténue ! Surveillez le comportement du CAC 40 chaque matin après 10H d’ici le 18 mai et vous commencerez à percevoir quelle tendance se dégage au milieu de mouvements qui restent pour l’instant contradictoires : ces dernières 48H, c’est la baisse qui l’a emporté.

Graphique : CAC 40Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

La cassure des 3 990 points pourrait ainsi constituer un signal des plus fiables car une séquence très comparable à celle que nous observons depuis le 5 mai s’était déroulée de façon quasi identique (constitution d’un canal de consolidation très resserré) du 1er au 11 avril dernier et s’était terminée par une chute de 200 points du CAC 40.

Dans l’immédiat, nous verrions le CAC 40 combler le gap des 3 929 points du 19 avril avant de tester ce qui reste, le niveau crucial et pivot à moyen terme : les 3 880 points. Il correspond au plancher du 18 avril dernier mais aussi (et surtout) à un support ascendant long terme réunissant les planchers de mars 2009, juillet 2010 puis mars 2011 (Fukushima).

Sous les 3 880 points s’ouvrirait un gigantesque boulevard à la baisse en direction des 3 600 points.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute. Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute. Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

 

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

3 commentaires pour “Si le marché veut jouer no limit, nous serons deux”

  1. […] boursiers : c’est la liquidité qui fait le marché. Le reste n’est que littérature. La semaine dernière, je vous écrivais […]

  2. […] à toutes les manipulations. Les épargnants l’ont bien compris et désertent ce genre de table de poker robotisée où l’adversaire lit dans votre jeu et connaît par coeur l’ordre des cartes qui vont […]

  3. […] le dit mon collègue Philippe Béchade, le marché se contre-fiche des fondamentaux. Les gros institutionnels font leurs jeux, et […]

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