29 juin 2010 : événement boursier non identifié !

Rédigé le 1 juillet 2010 par | Autres indices Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

L’analyse technique est un joyeux mélange de règles et d’exceptions à la règle… il est donc rare qu’avec plus d’un siècle d’antériorité et d’études systématiques, il apparaisse un cas de figure « non répertorié ». Il y a toujours un croisement de moyennes mobiles, une pirouette des oscillateurs, une congestion des bandes de Bollinger pour expliquer que ce qui devait théoriquement se produire ne s’est pas réalisé.

Bien entendu, lorsque quelque chose de prévisible intervient effectivement — malgré quelques anomalies au niveau des moyennes mobiles, des oscillateurs ou des bandes de Bollinger –, ceux qui n’ont pas suivi le mouvement deviennent des idiots !

Il y a toujours un petit signe d’avertissement, même très ténu, qui indique qu’un imprévu va se présenter… et c’est précisément ce que savent détecter les analystes chevronnés.

Une chute improbable et un rebond indiciel latent

Au soir du 28 juin, tous les oscillateurs du CAC40 — sur toutes les unités de temps inférieures à 24 heures — étaient haussiers. Ils profitaient d’une inversion de polarité consécutive à une situation de survente après une chute linéaire de -250 points.

Dans ces conditions, une remontée de +50 points était certainement le scénario le plus probable qui puisse se matérialiser. On peut toujours argumenter que les problèmes de croissance, de dettes souveraines, de solvabilité des banques restent entiers — ce qui n’incite pas à se porter massivement acheteur –, le marché finit par considérer que ces handicaps sont ponctuellement « intégrés dans les cours ».

D’autres aspects moins techniques sont également à prendre en compte. Par exemple, à trois mois des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, l’argent du plan de relance de 750 milliards de dollars devrait soutenir opportunément cet été la croissance américaine.

Jusqu’à présent, Washington n’a pas obtenu beaucoup de résultats — notamment au niveau de l’emploi — mais ces derniers mois le fonds de relance n’a été utilisé qu’avec parcimonie… en prévision de la très stratégique période pré-électorale dans laquelle nous rentrons de plain-pied. Il est donc difficile d’écarter toute possibilité de rebond indiciel à Wall Street, d’autant que les supports graphiques annuels sont désormais très proches.

Difficile également d’oublier de quelle manière volontariste les indices ont été soutenus lors de la séance des « Quatre sorcières » du 18 juin, afin de limiter — voire d’effacer totalement — la perte trimestrielle et semestrielle des indices américains.

La même stratégie (visant à doper les cours de Bourse) avait été observée fin 2009. Les opérateurs n’avaient pas « lâché l’affaire » entre Noël et le Jour de l’an. Le risque d’une forte rechute à 48 heures de la fin du 1er semestre 2010 semblait donc très faible.

Un scénario sans précédent

S’agissant du scénario survenu le 29 juin, il n’existe aucun précédent historique. De mémoire d’analyste, jamais le CAC40 n’avait rebondi de +1,6% sur un support court terme bien identifié — stoppant un cycle de repli de -6% — pour rechuter dès le lendemain de -2,5%… et, jamais, au grand jamais, de -4% !

Plus insolite encore, le CAC40 a rouvert pratiquement sous les planchers de la veille. Dans 90% des cas — lorsqu’une consolidation survient après rebond –, elle intervient seulement en seconde partie de séance, dans le sillage des chiffres américains par exemple.

Le seul cas de figure « approchant » remonte au 18 et 19 mai derniers. Mais ce n’est pas une comparaison pertinente puisque le CAC40 n’avait pas clôturé au plus haut la veille et ne reculait alors que depuis 72 heures.

En fait, le scénario initial des 25/28 juin ressemble très exactement à l’inversion de tendance à la hausse des 25 et 26 février. Le CAC40 venait d’aligner quatre séances de repli, le rebond de +1,9% de l’indice avait permis de refranchir la MM25 peu avant la clôture — tout comme hier.

A l’époque – et c’est le même scénario qui a eu lieu ce 28 juin — cette MM25 gravitait autour des 3 700 points et amorçait une remontée dopant le CAC40 durant les huit séances suivantes — dont six se sont achevées sur de fortes progressions comme en témoigne un cumul de 300 points gagnés en moins d’une semaine et demie.

Des perspectives pessimistes

La cassure d’un support oblique court terme qui gravitait vers 3 540 points aurait pu donner l’alerte… mais le marché a été pris de court puisque le CAC40 a rouvert sous les 3 520 points. Ce seuil technique majeur correspond à la clôture du 25 juin mais également à un ratio de 61% de retracement des gains accumulés lors de la série de neuf hausses consécutives amorcée mi-juin. Loin de bénéficier d’une mobilisation des acheteurs, l’indice s’est enfoncé sans rencontrer de résistance sous les 3 500 points après moins d’une heure de cotations.

Le marché a littéralement capitulé en milieu d’après-midi avec la cassure des 3 465 points et la chute s’est poursuivie jusqu’au contact des 3 430 points — clôture des 20, 21 puis 24 mai derniers. Cela n’arrive évidemment jamais dans un marché haussier !

En dehors des 3 380/3 390 points, il est difficile d’identifier un support susceptible d’enrayer une telle débâcle — vélocité baissière explosive, aucune amorce de rebond intraday, niveau de stress des opérateurs au paroxysme.

Si les indices US enfoncent leurs planchers du 29 juin, le CAC40 se retrouvera littéralement aspiré à la baisse vers les 3 250 points — 50% de retracement de la hausse entre 2 450 et 4 050 points.

En ligne de mire ensuite le palier des 3 000 ou des 2 980 points — dès le début du mois de juillet –, avant même de découvrir la teneur des résultats trimestriels de la période s’étendant de fin mars à fin juin.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

2 commentaires pour “29 juin 2010 : événement boursier non identifié !”

  1. c’est exactement ce qui m’est arrivé, j’ai joué techniqument le rebond mais mardi gap baissier et séance terrible….en fait, prendre une position inverse à la tendance longue devient très sportif…par contre, en 4 heures, j’avoue que l’indicateur qui aurait du m’empêcher de faire l’erreur est le Parabolique SAR…à suivre 🙂 depuis j’ai pris une position en couverture PUT avec un effet de levier supérieur pour rattraper la perte et voir si après vendredi les marchés suivent de nouveau la tendance bear…il semble quand même que les contrariens soient dans le vrai en ce moment 🙂

  2. […] l'optimisme — débouchant régulièrement sur des phénomènes aussi étranges que déroutants. Evénements boursiers hors norme totalement imprévisibles, progression de l'or en situation de détente, désaffection du dollar… […]

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