CAC 40 : les 3 400 sont dans la seringue…

Rédigé le 6 février 2012 par | Autres indices Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

Le junky sent soudain ses muscles se détendre, sa nausée s’estomper, son visage se décrispe et il se met à arborer un sourire béat : il vient d’apercevoir un bout de seringue qui dépasse de la poche de Ben Bernanke !

Le bon docteur Bernanke ne se promène certainement pas dans les couloirs du « rehab » pour son plaisir : il a certainement diagnostiqué que les marchés étaient en manque malgré la mise en place d’un traitement baptisé « twist de maturité ». Pris de remords pour toute la peine infligée à Wall Street depuis juin dernier (fin du QE 2), il reviendrait lui administrer un shoot libérateur : enfin un QE 3 !

L’Etat-Providence a signé son propre arrêt de mort !

A présent, c’est chacun pour soi.

Mais dans cette nouvelle donne, une poignée de Français pourrait être jusqu’à quatre fois plus riche d’ici deux ans.

Comment en faire partie ? Il suffit de suivre le guide…

Fort de cet espoir, le marché semble digérer comme par enchantement les « mauvaises nouvelles » qui s’enchaînent sur le front macro-économique… Et tout ce qui peut contribuer à précipiter la mise en oeuvre d’un QE 3 aux Etats-Unis, – à commencer par de mauvais chiffres économiques : s’ils sont pires, c’est tant mieux –, est considéré comme un élément favorable.

Officiellement, les investisseurs saluent l’accord imminent sur le refinancement de la dette grecque. Mais cela fait quinze jours que cet accord est salué chaque soir comme « imminent »… Là, le marché ne sanctionne jamais le fait que la promesse soit démentie chaque matin depuis la mi-janvier. Au-delà des prétextes « politiquement corrects », il est de plus en plus clair que les opérateurs jouent le scénario d’un assouplissement monétaire massif en zone euro et aux Etats-Unis, avec une BCE dont le bilan (les encours obligataires) vient en quelques semaines de pulvériser celui de la Fed, à plus de 3 500Mds$ (2 730Mds€) contre 2 350Mds$ aux Etats-Unis.

Eh oui, le bilan de la BCE vient d’exploser depuis la prise de fonction de Mario Draghi, un « ex » de Goldman Sachs dont l’ADN d’Européen a été modifié pour ressembler à celui d’un membre de la Fed ayant fait ses classes dans la même banque d’affaires. Super Mario possède désormais le gène de la planche à billets et le pire est à craindre s’il parvient à échapper au contrôle du Bundestag !

Le marché parie qu’il finira bientôt par s’emparer de la manette qui contrôle les rotatives de la BCE et Wall Street se comporte déjà comme si le bon docteur Bernanke venait de charger sa seringue.

Désormais, le marché manifeste un appétit sans limite pour le risque. Aux Etats-Unis, le VIX – l’indice du stress dont Romain vous a parlé vendredi – retombe au contact des 18 points. Les investisseurs sont sereins, ce qui contraste avec la teneur des toutes dernières statistiques publiées aux Etat-Unis et en Europe… sans oublier le dernier communiqué de la BCE du 2 février qui évoque clairement un ralentissement de la croissance en Europe car la consommation recule partout, sauf en Allemagne.

Les marchés replongent la tête la première dans le grand bain du « si c’est tout mauvais, c’est tout bon pour les actions ». Le CAC 40 n’est pas en reste. Il vient re-tester les 3 400 points, trois séances seulement après la matérialisation d’un signal baissier sous les 3 290 points : un bear trap.

Graphique: CAC 40
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Le CAC 40 s’était envolé de +2,2% à l’occasion de la première séance du mois de février mais dans un volume inférieur à 3,3Mds€. Le CAC 40 réintègre son canal ascendant court terme, ce qui invalide le scénario d’une rechute sur 3 250 points, qui serait logique pour combler le gap des 3 231 points du 16 janvier. La correction des 26 et 27 janvier serait donc un faux signal baissier… Sauf que nous n’en sommes pas si sûrs.

Dès jeudi matin, le CAC 40 a retracé les 3 400 points, égalant son zénith du 28 octobre dernier avec à la clé une vertigineuse accélération des oscillateurs hebdos qui pulvérisaient des records de surachat.

Le CAC 40 a désormais deux options :

  • une « fuite en avant » éperdue vers les 3 500 points, sans aucun soutien du côté de l’économie réelle…
  • … ou une rechute de type février/mars 2010 (juillet /août 2011), autrement dit du 10 à 15% de baisse en ligne droite.

Ce qui ne serait guère étonnant lorsque l’on découvre que 75% des pessimistes de la fin décembre 2011 sont devenus des permabulls invétérés un mois plus tard, alors même qu’ils reconnaissent que les statistiques économiques du moment sont effectivement pires que ce qu’ils redoutaient début janvier.

C’est bien cela, l’effet « stupéfiant » de la seringue miracle du bon docteur B.B.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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