Casse-tête chinois pour l’économie mondiale

Rédigé le 1 juillet 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Par Vanessa Popineau, pour la Rédaction

-4,01% pour le CAC40, -3,10% à Londres, -3,33% pour le DAX… mardi dernier, les Bourses européennes ont dévissé en choeur. Même musique sur les places américaines. A Wall Street, le Nasdaq et le Dow Jones ont également clôturé en forte baisse — enregistrant respectivement une chute de -3,85% et de -2,65%. Les Bourses asiatiques avaient préalablement donné le ton… et, vous l’aurez compris, il était plutôt à la complainte qu’à la pop music.

Le chef d’orchestre de ce raffut financier ? La Chine. Comme le notait Mathieu Lebrun, notre spécialiste des CFD, « La révision à la baisse des prévisions de croissance en Chine en avril a littéralement fait replonger les marchés ce mardi. Pour ne rien arranger, les tensions sur le secteur bancaire — fin d’un programme de refinancement auprès de la BCE jeudi — n’ont fait qu’empirer les choses. » En effet, la situation de l’économie mondiale reste inquiétante.

La croissance chinoise revue à la baisse pour le mois d’avril par le Conference Board — de 1,7% à 0,3% suite à une erreur comptable — a fortement exacerbé la nervosité ambiante. Sachant que nombreux sont ceux qui considèrent la Chine comme le moteur mondiale de la reprise, il n’en fallait pas plus pour déclencher l’élan de panique observé mardi sur l’ensemble des places boursières mondiales.

Comme le confirme Jérôme Revillier, spécialiste du Forex, « les craintes d’une reprise mondiale plus lente que prévue et d’une croissance moindre en Chine a suffi à effrayer les investisseurs. » Dans les colonnes de La Quotidienne de MoneyWeek, Cécile Chevré nous tient un discours similaire : « Nous nous inquiétons de la surchauffe de son économie — en particulier du crédit. La chute de la Bourse de Shanghai (-25% depuis le début de l’année !!), est mauvais signe. »

Tous les regards — tourmentés remplis d’espoirs — convergent donc vers l’empire du Milieu.Pour Simone Wapler, les actes de la Chine peuvent lourdement peser sur l’avenir de notre économie mondiale. Ainsi, vendredi dernier, dans les colonnes de L’Investisseur Or et Matières, elle proposait à ses lecteurs deux scénarios :

« Tout va — comme d’habitude — dépendre de la Chine. Si elle réussit à crever sans douleur ses débuts de bulle immobilière et à maintenir un niveau de croissance solide tout s’envolera. Déjà, les salaires augmentent et le gouvernement chinois a décidé de laisser (très modestement) s’apprécier le yuan. L’inflation se réveillera. Les matières premières, l’or noir et l’or jaune en profiteront.

Si la croissance chinoise ralentit violemment, la déflation des actifs se poursuivra. Il n’y aura plus de souscripteurs pour les futures émissions d’obligations souveraines nécessaires aux rééchelonnements des dettes… sauf les banques centrales. Ce sera la faillite des monnaies fiduciaires, dollar en tête. Ce sera la grande heure de l’or.« 

Lequel se réalisera ? Pour le moment l’énigme reste entière et dépendra des choix pris par le gouvernement chinois. A mon sens, une chose reste certaine, ne comptons pas trop sur la Chine pour relancer nos économies occidentales. Le rythme de sa croissance a été surévalué, son économie est en proie à des déséquilibres manifestes et la bulle immobilière menace… La voie du milieu ne nous mènera peut-être pas vers la prospérité…

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Un commentaire pour “Casse-tête chinois pour l’économie mondiale”

  1. […] chinoise, américaine… rien ne va plus. Nos deux moteurs économiques prennent l'eau et les marchés […]

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