Pourquoi le CAC40 a pris 2,60% mardi dernier ?

Rédigé le 3 décembre 2009 par | Autres indices Imprimer

Nous avons beau savoir que plus rien ne se produit par hasard sur les marchés depuis qu’une poignée de banques « beaucoup trop grosses et trop influentes pour faire faillite » détiennent le contrôle quasi absolu des évolutions boursières… nous avons toujours beaucoup de mal à nous y faire.

Nous l’avons déjà écrit à maintes reprises mais il n’est jamais inutile de le rappeler dans de telles circonstances. Pour la première fois dans l’histoire de Wall Street, il arrive régulièrement qu’un seul opérateur réalise 70% du volume quotidien d’ordres exécutés sur le Nasdaq et jusqu’à 50% de ceux exécutés sur les contrats à terme sur le CAC40.

Sachant que peser seulement 10% du chiffre d’affaires quotidien assure à n’importe quel institutionnel assez malin pour en profiter la quasi-maîtrise d’un marché quel qu’il soit (or, pétrole, actions), imaginez le pouvoir absolu dont dispose une banque d’affaires qui fonctionne en parfaite symbiose avec la Fed et qui réalise chaque jour au minimum 30% des transactions sur les marchés dérivés. Oui, oui, je parle bien encore et toujours de Goldman Sachs.

 Il ne faut évidemment pas confondre « transactions » et « encours des positions » à la fin de la journée… L’idéal étant d’avoir fait décaler les cours dans le sens souhaité durant quelques heures pour prendre ses bénéfices et n’avoir au final aucune position over the night.

 Compte tenu de la relative banalité de l’actualité économique et financière mardi, la hausse de +2,5% en moyenne des indices européens semble avoir été parfaitement orchestrée. Un ultime coup de reins de dernière minute a permis au CAC40 de repasser in extremis au-dessus du seuil technique des 3 770 points (et donc au-dessus de sa MM50) comme nous le montre le graphique ci-dessous.

Les 5 dernières minutes de cotation sur le CAC

Ce qui est rageant, c’est que cette hausse de +2,6% est à contre-courant des oscillateurs daily ou weekly (en nette divergence baissière) et survient comme par MIRACLE au lendemain de l’enfoncement des 3 690 points — le support ascendant oblique moyen terme en place depuis début novembre. Si les 3 670 points n’avaient pas été dépassés, nous aurions eu un scénario parfait qui nous aurait menés au retracement jusqu’à la zone des 3 630/3 610 points testés le 26 novembre, et dont Nathalie Boneil vous parlait mardi dernier.

Faux signal bear à la dernière minute le 30 novembre, faux signal bull en clôture le 1er décembre avec un CAC40 qui fait un grand écart de plus de 100 points (3%) en 24 heures sans autre événement déterminant que la rechute du dollar sous les 1,51 euro… Tout démontre que les fondamentaux n’ont aucune importance et que tout se joue au niveau du carry trade euro/dollar.

Et qui mieux que la Fed (par de petites phrases habilement distillées) et Goldman Sachs (par sa force de frappe financière associée à la puissance de ses ordinateurs et de ses systèmes de trading opérant à la milliseconde) possèdent le pouvoir de faire chuter ou remonter le billet vert à leur guise sur des intervalles de temps stratégiques ? Ah ! Nous y revenons encore et toujours !

Résultat, nous sommes pantois et n’avons aujourd’hui aucune stratégie à vous recommander. Le refranchissement des 3 775 points à Paris invite à s’abstenir de toute prise de position offensive à la baisse. Mais d’un autre côté, tant que le CAC40 plafonne sous les 3 790 points (en clôture), le marché parisien reste en phase de construction de la seconde épaule d’une configuration en « épaule/tête/épaule » amorcée sous les 3 913 points le 20 octobre dernier, avec un objectif de 3 250/3 200 points en cas d’enfoncement de la ligne de cou située vers 3 550 points.

Mais nous déprimons. Compte tenu de la façon dont la tendance haussière est systématiquement préservée dès qu’un risque de correction apparaît depuis la mi-août, la cassure des 3 670 points signifierait que le CAC40 est désormais autorisé à baisser jusqu’à ce que la tension générée par les manipulations intensives de ces quatre derniers mois se soient relâchées.

Ce qui n’est guère plus rassurant…

[NDLR : Et pour approfondir l’analyse de Philippe sur le non-impact de Dubaï, la hausse de l’or, des marchés, les niveaux à surveiller ou les stratégies à mettre en place pour profiter du marché… téléphonez à partir de 15h30 au 0899 88 20 36*.]

*1,35 euro + 0,34 euro / minute.

Pour la Belgique : composez le 902 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Pour la Suisse : composez le 901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “Pourquoi le CAC40 a pris 2,60% mardi dernier ?”

  1. Bonjour; et merci de ce billet !
    mais est-il possible de connaître la ,ou les sources qui officient cette réalité ou possibilité?
    vraiment plaisir de vous lire ! Amicalement Graal84

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