Vous, investisseur particulier, désertez les marchés. Avez-vous raison ?

Rédigé le 14 juin 2011 par | Big caps Imprimer

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Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers __________________________________________________________________________________________________

La période de versement des dividendes touche à sa fin parmi les valeurs du CAC 40 : l’écart entre le cash et les contrats à terme mensuels (qui font référence pour cet indice) tend maintenant vers zéro et nous pouvons pratiquer une lecture moins biaisée  – du fait de la soustraction de la valeur des dividendes du contrat FCE, l’autre nom du CAC 40.

Encore une fois, les marchés ne sont pas logiques Ceci nous amène donc, vous vous en doutez, à corriger certaines analyses circulant sur les sites boursiers qui entérinaient la cassure d’importants supports moyen terme comme les 3 850 points. Cela fait 48H que le CAC 40 a enfoncé le pied sous le support oblique long terme.

Nous pourrions donc légitimement penser qu’un scénario de correction moyen terme se met en place en direction de nos principaux objectifs : 3 700 points (plancher de la mi-mars), puis les 3 600 points (plancher du 30 novembre 2010)… Mais rien ne se passe !

Les signaux baissiers sont considérés comme non valides. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un oeil sur les volumes, ridiculement faibles depuis le début de la semaine puisqu’ils ne dépassent pas les 2,5 milliards d’euros en moyenne. Ridicule donc.

Voici donc où nous mène ce constat : si les robots avaient été programmés pour éviter toute exposition à une chute en direction des 3 600 points, ils seraient déjà rentrés en action au lieu de se comporter comme si leurs utilisateurs les avaient débranchés fin mai après une ultime grosse manipulation des cours qui avait propulsé le CAC 40 jusque vers les 4 015 points.

C’est un fait : vous en avez assez de vous faire plumer Ces tripatouillages indiciels – plus ou moins discrets, voire complètement assumés comme le 31 mai dernier – que nous dénonçons régulièrement aboutissent à une désertion des investisseurs particuliers, soit en direct, soit via les OPCVM action ou contrats d’assurance-vie.

La France aurait perdu 2 millions d’actionnaires en trois ans ; vous ne seriez plus que 4,5 millions (soit 11% de la population active) contre 6,5 en 2007 et plus de 8 millions en l’an 2000. Diable. Vous faites donc partie des survivants. Beaucoup d’observateurs pointent du doigt des évolutions de cours de plus en plus incompréhensibles pour les particuliers. Lesquels tentent en vain de rapprocher les mouvements boursiers de l’actualité économique ou géopolitique. Si vous nous lisez depuis quelques temps, vous comprenez pourquoi.

Les détracteurs de la Bourse mentionnent également des entorses aux règles fixées par l’AMF. Citons par exemple, LVMH trouvant une subtile astuce juridique pour éviter que le ramassage des titres Hermès soit assimilé à une opération de concert, ce qu’elle était pourtant ; ou encore des relaxes et des non-lieux dans des affaires opposant le petit actionnaire aux « riches et puissants » – comme certains grands patrons qui ont sciemment trompé les actionnaires dans les années 2000 mais qui sont ressortis blancs comme neige des tribunaux faute de « preuves suffisantes » après dix ans de procédure et des piles de documents prouvant leur mauvaise foi.

Un tout récent sondage confirme que les Français n’aiment guère le risque en général mais qu’ils détestent par-dessus tout avoir le sentiment de se « faire plumer » : l’argument qui revient le plus fréquemment est « on ne m’y prendra plus ».

Les petits porteurs ont la réputation de vendre au plus bas et d’acheter au plus haut. Cette légende doit être corrigée avec la crise de 2007/2008. Ils n’ont pas vendu dans la panique générale parce qu’ils n’avaient pas compris au départ qu’il s’agissait d’une faillite du système… et des élites censées prévenir ce genre de catastrophes.

(Une chose est sûre : si vous nous lisiez à cette époque, vous étiez prévenu ! D’ailleurs, si vous voulez laisser des commentaires pour témoigner de la manière dont vous avez vécu la crise, comment vous vivez les marchés actuellement, si vous avez vendu avant, pendant, après le krach, si vous vous êtes repositionné depuis… laissez-nous un commentaire sur le site à la suite de cet article.)

Ceux qui étaient restés sur les marchés, contre vents et marées ont, en revanche, lâché du lest au printemps 2010 lors du premier épisode de la crise grecque. Ils ne sont pas revenus à l’achat, ni sur le point bas inscrit fin juin 2010 sur les 3 400 points, ni dans l’euphorie du quantitative easing de la Fed quand le CAC 40 est repassé au-dessus des 4 000 points.

Il faut dire que le hiatus entre l’évolution de l’indice et l’actualité macro-économique est trop flagrant, la crise reste trop palpable: salaires bloqués, précarité, taux de chômage réel qui continue de tutoyer des sommets malgré les « bidouilles » visant à élaguer les listes de sans emplois…

Les cours peuvent mentir sur la situation présente et préfigurer un avenir radieux qui n’existe qu’à l’état de fantasme dans le cerveau des « permabulls« … les particuliers ne se fient pas à l’apparente euphorie des professionnels. Le bon sens vous a gagné et, pour exprimer les choses sans ambages, ça ne prend pas, pas cette fois !

Du coup, les professionnels jouent entre eux… C’est donc en vain que les traders de Londres et Wall-Street attendent que les habituels pigeons viennent payer le marché au plus haut. Ils se retrouvent à jouer entre eux, à coup de programmes experts exécutés par des superordinateurs qui fonctionnent à la nanoseconde (la milliseconde appartient déjà au moyen âge de l’informatique).

Les non-résidents font 60 à 70% du volume quotidien, le CAC 40 n’a plus aucune profondeur, les carnets d’ordres sont largement fictifs et chacun s’efforce d’intoxiquer l’autre, ou de lui passer devant.

A ce petit jeu, le simple particulier est toujours le plus mal servi, c’est une sorte d’impôt de Bourse permanent prélevé par les détenteurs des meilleurs logiciels de trading algorithmique. Tout est sous contrôle, presque tout le temps, et il en va de même pour le mouvement de correction qui s’est amorcé le 2 mai dernier sous 4 110 points.

Attention au piège sur le CAC 40 Depuis cinq semaines et dix jours, le CA C40 consolide au sein d’un étroit canal entre les 4 150 points et les 3 860 points.

Graphique: CAC 40Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

La perte totale cumulée s’élève à -7%, ce qui n’est pas bien impressionnant. Aucun trou d’air ne s’est matérialisé. Si les particuliers faisaient encore partie de l’équation, le repli ne serait pas aussi linéaire, ni aussi exempt de rebonds significatifs car la versatilité de leur psychologie s’y manifesterait clairement.

Autrement dit, gare au piège. Après pratiquement six semaines de glissade contrôlée, la tendance peut se retourner brusquement à la hausse en direction du gap des 3 956 points (du 2 juin) dans le cadre d’un retracement de 50% de la baisse de mai/juin.

Mais attention : si les 3 830 points sont enfoncés et que les volumes s’envolent, gardez-vous bien d’attraper au vol le « couteau qui tombe » car il n’y a plus de vendeur à découvert pour racheter des shorts ni aucun petit porteur pour effectuer des rachats à bon compte : le CAC 40 chutera dans le vide et sans filet.

Le risque qui se profile pour le second semestre 2011, c’est clairement le retour à la moyenne des trente-six derniers mois de Bourse écoulés, c’est-à-dire les 3 400 points. Vous êtes prévenu…

Allez, ne désespérez pas : vous nous lisez, vous bénéficiez même parfois de nos services, donc vous saurez éviter les pièges et jouer les marchés.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute. Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute. Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

_______________________________Pour vous aider dans vos trades________________________________

Il y a quelques jours, Total a annoncé une OPA sur Sunpower…

Conséquence immédiate : les investisseurs positionnés sur Sunpower ont gagné +50% !

Vous voulez faire pareil ? Ca tombe bien… nous avons déniché pour vous trois opportunités de fusions-acquisitions qui pourraient se révéler tout aussi profitable…

Pour vous positionner sans attendre, continuez votre lecture !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

6 commentaires pour “Vous, investisseur particulier, désertez les marchés. Avez-vous raison ?”

  1. Bonjour,
    Dès que j’ai appris début 2007 que la banque HSBC avait de sérieux problèmes aux USA, j’ai vendu 80% de mon modeste PEA (quelques dizaines de Keuros). Cette info avait été très peu commentée, même sur l’excellente radio BFM mais j’ai senti que c’était la fin ou plutôt le début de quelque chose d’important. Depuis, je ne m’intéresse qu’aux small et midcaps avec un bonheur variable. Celà me permet au moins de découvrir des métiers très intéressants et des activités de niche. C’est bon pour la culture générale et souvent pour les plus-values. Merci pour vos humeurs contrariantes auxquelles j’adhère volontiers.
    Cordialement,
    PCH

  2. Bonjour
    merci pour votre commentaire ; bonne idée de s’intéresser aux small caps ; elles sont relativement décoréllées des considérations macro.
    Si ce n’est déjà fait, allez voir sur le site http://smallcapsconfidentiel.com/ rédigé par Eric Lewin ; il y publie beaucoup d’analyses small caps !
    cordialement;
    NB

  3. Bonjour
    Je suis tout à fait d’accord avec votre article. Je suis abonné à Money week et à l’essentiel, j’ai aussi acheté le rapport spécial sur les fusions -acquisitions. Je pense qu’il vous appartient, car vous êtes des spécialistes, de me conseiller de manière très pertinente et précise, non pas comme le font beaucoup de journaux de manière commerciale et dilué dans de nombreux articles qui disent tout et son contraire.
    Merci. Bernard quinty.

  4. tout a fait d’accord avec l’article de philippe Bechade !! Actuellement je suis 100% cash , j’ai écouté Simone Wapler, car je fais parti des victimes de septembre 2008 date à laquelle mon gestionnaire de patrimoine pratiquait la fameuse maxime  » pas vendu, pas perdu !! » quelle connerie quand tu perds 50%, il faut regagner 100% pour retrouver la même somme ce qui bien sur est très difficile…donc j’ai viré le gestionnaire et me suis abonné à Money Week .d’accord avec vous ce sont les traders et les ordinateurs qui gagnent aussi bien à la baisse qu’à la hausse et nous les particuliers on est les moutons qui sont tondus dans tous les cas !! actuellement je pense qu’il est urgent d’attendre…

  5. […] avions analysé le profil du CAC 40 la semaine dernière. Nous y avions détecté deux supports cruciaux à 3 830 puis 3 800 points, en faisant bien […]

  6. […] Oubliez la théorie du “laisser courir vos gains” – la stratégie qui a pourtant fait le succès de nombreux investisseurs de long terme. Aujourd’hui, nous sommes dans un marché de traders. Cela fait désormais plusieurs mois – plusieurs années ? – que nous sommes dans un tel type de marché. Philippe vous le répète quasiment à chacun de ses articles. […]

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