La consommation baisse… le CAC40 s’envole donc vers les 5 000 points

Rédigé le 5 novembre 2015 par | Cac 40 Imprimer

J’étais hier matin en plateau sur BFM pour un tour d’horizon économique hebdomadaire, où il fut beaucoup question du rallye de +16% du CAC40 en ligne droite depuis le 28 septembre dernier (l’équivalent du mouvement haussier d’octobre à décembre 2014, mais en 6 semaines au lieu de 9) sur fond de dégradation des fondamentaux.

Il me fut objecté que la consommation se portait pour le mieux : il est vrai qu’en France, la saison estivale s’est avérée très positive mais je n’ai pas eu le temps d’expliquer que beaucoup de français n’étaient pas partis à l’étranger (et notamment en Tunisie, Égypte et Maroc) et avaient donc dépensé leur argent « sur place » contrairement aux années précédentes.

J’ai juste eu le temps d’affirmer que la consommation reste globalement faible s’agissant des biens non-durables (le contenu du caddie de supermarché) et que les chiffres sont dopés par les achats d’automobiles (biens durables) avec des opérations de promotion telles que le crédit gratuit, achat sans aucun apport initial, reprises au-dessus de l’argus, etc.

Il n’aura fallu attendre que 24H de plus pour avoir la preuve irréfutable de la faiblesse sous-jacente de la consommation avec une baisse « inattendue » de -0,1% des ventes au détail en zone euro en septembre… au lieu d’une hausse de 0,2% anticipée.

Mais que les optimistes se rassurent : sur les 12 derniers mois (incluant les ventes de Noël 2014 et les soldes de janvier 2015), la consommation augmente de +2,9%.

Quelle fraction de cette hausse résulte de la baisse des prix du pétrole ? Au moins 0,6% selon les experts… et il s’agit d’une « restitution de pouvoir d’achat » et non d’une hausse des revenus qui enrichit le consommateur.

Autrement dit, la consommation n’était redevenue le moteur de la croissance que fin 2014 début 2015 (avec le fameux -sinon fumeux- « alignement des planètes) mais cet « effet d’aubaine » s’estompe au fil des mois, jusqu’à disparaître complètement depuis le mois d’août.

Mais le « marché » va naturellement continuer à faire semblant de croire qu’une hausse de 15%  du CAC40 depuis fin septembre est pleinement justifié par la robustesse de la consommation.

Plus déroutant encore : le CAC40 vient de doubler ses gains, ce qui le propulse vers 5 000Pts, quelques minutes après la publication de la dite statistique des ventes de détail.

Dans un système de falsification des valorisations, le déni et le mensonge s’intensifient avec d’autant plus de virulence que les faits démentent obstinément les justifications des mouvements boursiers.

 

Mots clé :

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Laissez un commentaire