Si même l’Allemagne n’y arrive plus…

Rédigé le 29 novembre 2011 par | Apprendre la Bourse, Autres indices Imprimer

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Analyste et rédacteur du service de trading Agora CFD
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Depuis le début de la crise de la dette souveraine en Europe, l’Allemagne se pose en « bon élève de la classe » face à ses camarades à la dérive tels que l’Espagne, l’Italie ou même la France.

Toutefois, depuis la semaine dernière, le Bund (contrat à 10 ans), traditionnel refuge par excellence, commence à perdre de sa superbe… Et cela n’augure rien de bon pour la zone euro dans son ensemble.

Les faits
L’élément révélateur est intervenu mercredi dernier lors de la dernière adjudication du pays. En effet, depuis 10 ans que je suis sur les marchés, cette émission a tout simplement été la plus mauvaise qu’il m’ait été donné de constater.

Sur les 6 milliards d’euros que le pays souhaitait vendre sur l’échéance à 10 ans, seuls 3,6 milliards ont trouvé preneurs. Le solde a, du coup, été directement acquis par la Bundesbank (banque centrale allemande).

Conséquence : le ratio de couverture n’a été que de 1,1… contre une moyenne historique autour des 1,6 !

La première explication que l’on peut donner est la suivante. Dans le contexte actuel, la plupart des investisseurs institutionnels détiennent déjà beaucoup de papier allemand (rôle de refuge) : le rendement offert (sous les 2%) est désormais trop faible pour motiver de nouveaux achats.

Une seconde implication, plus pessimiste, est d’y voir la défiance des investisseurs vis-à-vis de la zone euro franchir un nouveau cap. Le fait que le pays le plus solide de la zone ne parvienne plus à susciter l’intérêt du marché traduit son exposition à la crise. Il n’est plus à l’abri.

Comme Philippe Béchade le disait dans son article (l’Allemagne mérite-t-elle encore son AAA ?), le « bon » côté des choses est que cela pourrait pousser Madame Merkel à se montrer plus flexible, notamment sur la question du rôle de la BCE et de la création d’Eurobonds.

Le Bund se cale désormais sur les indices actions
En termes d’analyse de marché, la forte corrélation inverse du Bund avec les indices s’est arrêtée la semaine dernière. Comprenez : le contrat a baissé simultanément avec les indices boursiers.

S’agit-il d’un tournant majeur ? Il est encore trop tôt pour le dire ; il faudra observer si nous assistons à une « recorrélation » inverse du Bund aux indices.

Observer l’évolution de ces deux actifs lors du prochain rebond technique des indices actions nous apportera ainsi de précieuses informations. D’ailleurs, à ce titre, graphiquement, le Dax allemand s’approche désormais de l’objectif de baisse de sa figure de continuation baissière en tête-épaules que j’évoquais auprès de mes abonnés le dimanche 20 novembre.

Graphique: DAX
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Nous en saurons donc plus début décembre sur cette évolution.

Le T-Note américain, indicateur d’aversion au risque
Mais – car il existe bien un risque – si le papier américain finissait par avoir le même genre de défiance que la France récemment ou encore que l’Espagne ou l’Italie (même si je pense que nous en sommes encore loin), les semaines qui viennent pourraient alors de nouveau s’avérer difficiles… Car si même les actifs les plus sûrs ne trouvent plus preneurs, où iront ceux, déjà boudés, plus risqués ?

En attendant, dans mon service, je me focalise sur le T-Note américain. La corrélation inverse du papier américain à 10 ans (autre valeur refuge par excellence) avec les mouvements du future S&P 500 reste, elle, conforme aux normes historiques.

Elle continue à nous permettre de « sentir » le retour de l’aversion au risque en intraday (fort utile pour intervenir sur les CFD à court terme). Mais pour tout vous dire là aussi à terme, il y a également un risque inhérent sur la dette américaine : l’échec dans les négociations du « supercomité » entre Républicains et Démocrates était là pour nous le rappeler en début de semaine dernière…

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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