Et si la bulle chinoise se dégonflait ? | La Bourse au Quotidien


Et si la bulle chinoise se dégonflait ?

Rédigé le 14 mars 2018 par | A la une, Toutes les analyses, yuan Imprimer

La semaine dernière, Jim Rickards vous expliquait que le sauvetage d’Anbang Insurance Group a été la petite manifestation d’un énorme problème : l’insoutenable bulle chinoise du crédit. Anbang est la partie émergée de l’iceberg.

La bulle chinoise gonfle depuis plus d’une décennie. De nouveaux prêts et produits financiers ont été créés pour refinancer les anciens, qui sont arrivés à maturité. Les dépôts bancaires en yuan ont augmenté de façon spectaculaire.

La ligne rouge ci-dessous indique la masse monétaire M2 de la Chine, convertie en dollar US. A environ 26 000 Mds$, la masse monétaire chinoise dépasse maintenant les 14 000 Mds$ de celle des Etats-Unis. Et le M2 de la Chine ne comprend même pas les sources de crédit non bancaires, comme les trusts et les produits de gestion de patrimoine :

China credit

La croissance rapide de la masse monétaire en Chine a alimenté le cycle de bulles et de krachs sur l’immobilier et les actions. Les chefs d’entreprise qui peuvent contourner les contrôles de capitaux (mis en place par les autorités pour éviter la fuite de ceux-ci hors de Chine) ont fait monter les prix de l’immobilier dans des endroits comme Sydney et Vancouver.

Au cours de l’histoire de nos économies modernes, chaque épisode de croissance tirée par le crédit a entraîné une crise bancaire déflationniste ou une dévaluation monétaire. Et en dehors du système bancaire, dans l’économie réelle et tangible, les bulles de crédit créent des surcapacités chroniques et réductrices de profits dans certains secteurs et des bulles dans d’autres. La Chine ne fait pas exception.

« Le secteur financier chinois est pris dans un étau entre les contraintes internes imposées par le président Xi et les contraintes externes imposées par le président Trump « , a écrit Jim dans son analyse. Il en résultera un effondrement financier d’une ampleur sans précédent en Chine, avec une possibilité de contagion internationale et d’effondrement des marchés en Europe et aux Etats-Unis.

Jim vous a expliqué pourquoi Anbang avait besoin d’un sauvetage et pourquoi le sauvetage n’est qu’un symptôme du gigantesque problème de crédit sous-jacent de la Chine.

L’économie chinoise est le facteur le plus puissant du thème de « croissance mondiale synchronisée » qui est devenue si populaire ces derniers mois.

Si la Chine doit dévaluer le yuan par rapport au dollar américain afin de recapitaliser son système financier, alors son PIB, après la dévaluation, ne serait pas aussi important qu’il l’est perçu aujourd’hui. Et après une dévaluation, la capacité de la Chine à se permettre d’importer de tout, des jets Boeing au soja brésilien, diminuera.

Songez à quel point le PIB de la Chine en dollar US serait plus faible si sa masse monétaire M2 avait cru au rythme de 2002-2006. Si vous extrapolez la ligne rouge de façon à ce qu’elle reflète le taux de croissance de M2 aux Etats-Unis entre 2006 et aujourd’hui, le M2 de la Chine serait maintenant à environ 10 000 Mds$. Dans ce scénario hypothétique d’une croissance plus durable et raisonnable de la monnaie et du crédit, le PIB de la Chine en dollar US (en supposant le taux de change courant) serait inférieur à la moitié de son PIB actuel.

Une dévaluation de 60% du yuan réévaluerait instantanément le M2 chinois à l’équivalent de 10 000 Mds$. Bien qu’une telle mesure réduirait la demande d’importation en provenance de la Chine, elle serait également suffisante pour recapitaliser complètement les institutions financières surdimensionnées, allant des banques d’Etat à Anbang, avec les milliers de milliards de yuans nouvellement imprimés.

Ceci est juste un exercice théorique, pas une prédiction. J’en parle pour illustrer à quel point la bulle du crédit en Chine a eu des répercussions importantes sur les économies développées et émergentes – et comment une dévaluation pourrait aussitôt bouleverser les tendances commerciales mondiales établies de longue date.

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Gaël Deballe
Gaël Deballe

Mon nom est Gaël Deballe. Cela fait plus de 10 ans que je suis actif sur les marchés financiers. Je suis initialement ingénieur Supelec, avec une formation complémentaire universitaire en économie générale et gestion de l’entreprise.

Pendant longtemps, j’ai travaillé dans le secteur de l’électricité, en France et en Suisse, notamment dans le trading d’électricité. En parallèle, je me formais sur les marchés financiers avec une prédilection pour les stratégies sur options.

J’ai très tôt été passionné par les marchés financiers, avec une approche scientifique et mathématique.
J’ai acquis l’indépendance financière il y a plusieurs années grâce aux options et à mes connaissances sur les marchés.
Puis je me suis spécialisé dans la recherche de rendement pour dégager des revenus passifs (REITs et primes d’options).

Par la suite, j’ai créé un site dédié aux stratégies de rendement sur options (et autres stratégies) : http://zen-option.com/ et je propose régulièrement des formations sur les options. Passionné de voyages, de nature, de plongée, de découvertes et de finances, j’ai pu changer l’orientation de ma vie et vivre de mes revenus obtenus grâce aux options… où que je sois dans le monde !

Désormais je parcours le monde, et vis dans différentes villes, dont plusieurs mois par an à Lausanne en Suisse. Je suis libre financièrement et géographiquement.
Je me suis beaucoup plus épanoui pendant ces dernières années qu’au cours :
  • de mes précédentes formations : ingénieur Supelec, licence en économie générale et gestion de l’entreprise,
  • ou de mes précédents métiers : chef de projet, puis gestionnaire de portefeuille en énergie, puis trader en énergie (sur options essentiellement) chez Alpiq en Suisse, puis formateur indépendant en formation professionnelle.
Ce que j’entends par là, c’est que j’ai appris davantage de choses qui me faisaient plaisir, qui m’intéressaient et m’épanouissaient : la salsa, la plongée, l’ULM, des connaissances pointues sur la nutrition et la santé, etc
Deux principales raisons :
  • le temps : le temps joue pour moi grâce aux stratégies sur options que j’utilise, ce qui permet de se consacrer à d’autres activités non lucratives.
  • la révolution (toujours en cours) de l’internet, qui permet de se former depuis n’importe où, sur presque tous les sujets, pour un prix modeste (comparé aux circuits pédagogiques traditionnels)
Et j’utilise maintenant ces deux aspects (internet et mon temps disponible) pour partager avec vous mon savoir-faire.
J’ai également mis à profit ce nouveau temps disponible dans ma vie pour suivre différentes formations, car j’aime toujours apprendre de nouvelles compétences.
J’ai ainsi depuis 2013 un diplôme d’Anticipation Economique et Politique que j’ai obtenu auprès du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (qui rédige par ailleurs des bulletins très intéressants, je vous conseille d’aller faire un tour sur leur site si vous ne connaissez pas encore)
Avec les services Agora utilisant les options, vous mettez le premier pas dans l’univers des options tel que je le conçois : rationnel, maîtrisé, optimisé.
Rendement vôtre,
Gaël

Un commentaire pour “Et si la bulle chinoise se dégonflait ?”

  1. bonjour Monsieur Gaël Deballe,

    Quelque part, vous me rassurez Monsieur : il y a quand même des personnes qui retiennent le Facteur déterminant de la Création Monétaire, de son évolution et de sa base de calcul … .
    IL EST TEMPS …!
    Cela me rappelle l’ECOLE … !
    LOL !

    Plus d’infos sur : http://labourseauquotidien.fr/bulle-chinoise-se-degonflait/
    Copyright © Publications Agora

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