Le budget italien, cette possible bombe à retardement qui indispose la Commission européenne

Rédigé le 5 octobre 2018 par | Europe, Indices, sociétés et marchés Imprimer

La semaine qui s’achève aura été dominée, sur le plan macroéconomique, par le flou qui entoure le prochain budget italien. La coalition gouvernementale, aréopage de politiques populistes aux convictions parfois très différentes, mais qui ont l’euroscepticisme pour dénominateur commun, a en effet frappé fort le 27 septembre, se prononçant pour un budget 2019 fondé sur un déficit qui s’élève à 2,4% du PIB.

Un casus belli pour la doxa de Bruxelles, comme en ont témoigné les récents propos menaçants de Jean-Claude Juncker, nouvel ennemi public numéro un de Rome totalement réfractaire aux concessions. A en croire le président de la Commission européenne, pur produit de la technocratie européenne aux yeux de ses (de plus en plus nombreux) contempteurs, aucun pays membre de l’UE ne peut prétendre à déroger aux règles, sous peine de conduire à… la mort de l’euro.

La confusion et les tensions restent de mise, avec deux « camps » qui se jaugent et se cherchent. Le gouvernement italien va-t-il vraiment lâcher du lest, comme cela semble la tendance depuis hier ? Doit-il en passer par une palinodie, sous peine de ne plus pouvoir compter sur la Commission, et au risque de décevoir une partie de ses électeurs ? L’épicentre de la prochaine crise dans l’eurozone se situera-t-il de l’autre côté des Alpes, avec des répercussions potentiellement bien plus dévastatrices que la tragédie grecque du début de la décennie ?

Le risque d’un défaut de paiement est réel

En attendant de répondre à ces interrogations, l’incontournable – quoique très contournée par les médias mainstream – question de la dette, cette vilaine bête qui monte, qui monte, se doit d’être posée.

« L’endettement actuel est insoutenable ; tôt au tard, quelque part une population refusera de payer les dettes. L‘Italie fait partie des premiers pays qui pourraient en venir à cette extrémité », écrivait à ce sujet ma consœur Simone Wapler dans La Chronique Agora hier. Et de poursuivre : « Mon collègue britannique Nick Hubble évalue les chances de défaut de l’Italie en regardant l’évolution des CDS (credit default swaps), le prix des instruments dérivés qui permettent de s’assurer contre cet événement. Selon cette mesure, les chances que l’Italie ne rembourse pas ses dettes souveraines sont de 21% à cinq ans ».

L’hypothèse d’un défaut de paiement de l’Italie ne peut donc être formellement écartée, par-delà l’engagement du président du Conseil Giuseppe Conte de ramener le déficit à 2,1% en 2020 et à 1,8% l’année suivante. Rien ne dit que celui-ci puisse être tenu, et même s’il semble qu’il en faut désormais énormément pour déstabiliser durablement les marchés actions – et bien peu pour qu’ils s’envolent, also sprach les algorithmes -, je doute que la zone euro, à la joue déjà rosie par le Brexit, puisse survivre à un tel cataclysme.

Il y a dix ans, Jim Rickards fut l’un des rares à prédire la crise et il en est convaincu : la crise financière n’est en réalité pas terminée.

Il a des révélations importantes à vous faire et je vous recommande vivement d’en prendre connaissance sans tarder. Pour ne pas être pris au dépourvu d’une part, et d’autre part pour savoir comment transformer l’effondrement à venir des marchés en opportunité de gains. Car oui, il y en a…

Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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