Sur quelles valeurs du CAC 40 investir en 2011 ?

Rédigé le 4 janvier 2011 par | Autres indices, Matières Premières Imprimer

Responsable d’un service de trading sur CFD

Après une année 2010 sans réelle tendance — où l’on a pu observer notre indice hexagonal osciller entre 3 300 points et 4 000 points –, je pense que l’année 2011 offrira au CAC 40 une sortie haussière de cette zone. Et, avec un potentiel d’appréciation d’au moins 15% par rapport aux niveaux de fin 2010, la hausse devrait même être non négligeable.

Pour autant, alors que le segment financier devrait continuer à freiner, il conviendra d’être rigoureux dans vos prises de position. Je vous détaille dans ce billet mes convictions personnelles.

Remontée des taux longs : l’argent sort de l’obligataire
Vous en avez forcément entendu parler en fin d’année : les taux longs remontent. Contrairement à ce que souhaitait M. Bernanke, le rendement du TNote à 10 ans est repassé au-dessus des 3% le mois dernier — tout comme logiquement celui des Bunds allemands de même maturité.

A ce stade « précoce » de la pentification, cela traduit un changement de psychologie des investisseurs. Leurs craintes se portent moins sur le ralentissement économique — « double dip » aux Etats-Unis que l’on craignait cet été — que sur l’inflation. N’oublions pas que la seconde étape dans les sorties de crise s’illustre par une remontée des taux des Banques centrales.

Si la Chine s’y attèle déjà depuis l’année dernière, la croissance est toutefois loin d’être identique dans l’ensemble des économies occidentales. Mais, dans les deux cas, si outre-Atlantique ce mouvement est conditionné par un redressement de l’emploi, en Europe c’est la question des dettes périphériques qu’il faudra régler avant d’envisager toute remontée des taux de la BCE.

Pour ma part, je m’attends donc d’abord à un mouvement initial provenant de la Fed (troisième trimestre 2011) avant l’intervention de la BCE (fin 2011 voire 2012). Aussi, nous devrions être au moins tranquille de ce côté-là jusqu’à la fin du premier semestre 2011.

Scénario graphique haussier sur le CAC 40
L’année dernière, le CAC 40 a évolué dans une bande horizontale comprise entre 3 300 et 4 085 points. Il est tout d’abord intéressant de constater que la borne basse de cette zone correspond à une ancienne résistance horizontale qui avait maintenu l’indice sous pression au cours du premier semestre 2009. Elle est donc devenue support depuis. Par ailleurs, ce niveau correspond au retracement de 50% de Fibonacci de la hausse réalisée entre mars 2009 et janvier 2010.

Depuis, l’indice s’inscrit dans un canal ascendant de court terme. L’oscillateur RSI, pris sur une base hebdomadaire présente ainsi le même type de configuration.

Graphique: CAC 40 (en données hebdomadaires)Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Dans ces conditions, tant que les 3 530 points ne sont pas enfoncés, je privilégie l’hypothèse haussière. Sans exclure pour autant un nouveau test de la borne inférieure du canal à court terme. Je m’attends ensuite à une nouvelle impulsion haussière vers les points hauts de 2010. Le franchissement de ce niveau ouvrira ensuite la voie aux 4 315 points dans un premier temps — retracement de 50% de Fibonacci de la baisse réalisée entre 2007 et 2009.

Ensuite, l’objectif suivant sera alors situé sur les 4 500 points — important niveau horizontal testé à de nombreuses reprises en 2008. A l’inverse, une sortie à la baisse du canal ascendant invaliderait mon scénario. Dans ce cas, un nouveau test des 3 285/ 3 300 points serait à envisager.

Sur quels secteurs/valeurs se positionner ?
Tout d’abord, un premier constat s’impose. 2010 a été très hétérogène pour les valeurs composant le CAC 40. On repère ainsi deux catégories : les titres fortement exposés aux pays émergents qui ont contribué à tirer le marché vers le haut et les autres. Dans cette première catégorie, on retrouve des valeurs comme PPR, LVMH ou encore Schneider Electric.

Si PPR revient tutoyer ses niveaux de 2007, les deux autres titres se sont déjà affranchis de ce cap et se traitent sur des plus hauts historiques. Je ne pense donc pas que, pour faire de la performance cette année, ces segments soient les plus attractifs en termes de potentiel et de risk/reward.

Si je reste assez prudent sur le segment financier (au moins au cours du premier semestre), mon choix va donc, au final, plutôt se porter sur certaines cycliques que j’estime en retard.

Secteur de la construction
Dans la construction par exemple, des titres comme Lafarge ou encore Bouygues présentent à mon sens un très bon profil risk/reward. Ce ne sont pas des financières et les groupes sont malgré tout assez présents sur les émergents.

Bouygues me semble ainsi particulièrement en retard. En effet, d’un point de vue historique, lors de la faillite de Lehman Brothers, Lafarge s’échangeait autour des 65 euros tandis que Bouygues cotait aux environ des 38 euros. Fin 2010, nous sommes autour des 47 euros pour la première et 32 euros pour la seconde.

Graphique: Lafarge (en données hebdomadaires)Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Graphique: Bouygues (en données hebdomadaires)Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Avec une participation de plus de 30% dans Alstom, Bouygues pourrait également profiter d’un redressement boursier du groupe industriel (fortement décoté par rapport à ses pairs, Alstom gravite actuellement autour des 35 euros).

Je profite donc de tout repli sous 45 euros pour acheter le cimentier tandis que je suis acheteur sur Bouygues tant que les points bas de l’année dernière ne sont pas cassés.

Secteur des matières premières
Parmi les segments également sensibles, je retiendrai également Vallourec et Arcelor-Mittal. J’achète la première en franchissement des 82 euros pour viser 100 euros. Sur la seconde, je mets à profit tout repli vers les 26 euros pour me positionner acheteur.

Graphique: Vallourec (en données hebdomadaires)Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Graphique: Arcellor-Mittal (en données hebdomadaires)Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Je terminerai ici en vous rappelant que ce n’est pas parce que certains segments sont en retard qu’ils vont forcément surperformer et combler leur décalage immédiatement. Je pense ainsi à certains segments défensifs qui devraient continuer à sous-performer durant le premier semestre. Le secteur des services aux collectivités en fait notamment partie — avec des titres comme Veolia Environnement par exemple.

En effet, en période de remontée des taux longs, les utilities sont souvent à la traîne ; le fort endettement de ces sociétés les rend très sensibles aux mouvements de taux.

Bons investissements et bonne année à tous !

Mots clé : -

Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

En savoir plus sur Agora Trading.

Laissez un commentaire